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Aléoutiennes

De
173 pages
Le long voyage po�tique, p�riple de toute une vie sur un radeau de fortune, se poursuit pr�s des mers du nord aux souffles inconnus. La nuit c�de le ciel � l'aube, le d�but d'un jour nouveau rempli d'espoir et d'aventures intr�pides, de sourires singuliers et sinc�res.Ces po�mes sont l'�uvre d'exp�riences h�t�roclites, une po�sie libre, sans autre fronti�re que celle de l'imagination, un long archipel d'�les qui semblent toutes diff�rentes mais pourtant reli�es souterrainement par les m�mes caract�res d'encre caustique.
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2 Titre
Aléoutiennes

3Titre
Antoine G. Marquet
Aléoutiennes

Poésie
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-00994-1 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304009941 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00995-8 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304009958 (livre numérique)

6 . 8






Des heures passent à la lumière ridicule du
ciel troué. Encore égaré dans les mêmes
pensées, les mêmes thématiques. Récurrence.
Une œuvre inqualifiable ou sans qualité
s’esquisse par à-coups, nuit après nuit. Brume,
fumée, mélancolie, fécondité. Extravagance des
guerres essentielles. Feu et divinité. Religion,
spirituelle. Ma proclamation temporaire.
Révélation aux profondeurs de la fatigue.
Résistance. Clarté du mot simple. J’écris les cris
que je n’ose éructer. L’amoureux. S’animent au
bas du vallon les trains et les locomotives
méditatives. Importuné par un pathétique
patibulaire, je patauge pauvrement sur ce papier
plat mais parfait. Prière de ne pas perturber les
poètes. Ne pas leur papouiller les poux.
Harceler les hommes honnêtes est le hobby de
l’horrible hurleur. Tais-toi, tas de tourbe trop
tassée ! Traître, terroriste ! Torchon taché. Je
gratte de grasses idées. Dans le sens où elles
sont foisonnantes, pas autre chose. Ça se
bouscule, se met en boule. En ce moment
précis. Ces beautés manifestes crachent du stylo
au bout de bois raffiné. Je laisse faire. J’admire
9 Aléoutiennes
les facultés de l’homme. Cet animal superbe et
stupide. Laissez venir à vous les valeureux
voleurs de temps. Ce sont de charmants
chahuteurs. Les mots.
10 Aléoutiennes
D’ASSAUT
Tandis qu’un sénéchal léchait des sentiers
sacrilèges
Nous masturbions du bois sec pour
réchauffer l’atmosphère
Cachant un carrousel morbide dans une
pièce calfeutrée
Ostracismes infâmes que je rejette en blocs
bétonneux
J’ai ignoré trop longtemps les outils des
malfaisants
Pourquoi corner sa peau dans des pèlerinages
montagnards
Propose une quatrième voie toi le capitaine
malin
Ô téméraire chauffage d’une lutte de classe
émancipée
Boursoufler les nerfs à vif
Tomber d’un tramway peureux
Par la pastille poivrée du pauvre cinéma
détruit


11 Aléoutiennes
Sous une bouche d’égout puant le parfum
des mimosas

J’arrache la moitié de la pomme multicolore
Énumérer les bactéries n’a rien de reposant
12 Aléoutiennes
PASSIONS ET INVENTIONS
Ils ont inventé
C’était avant-hier
Pour le déjeuner
Une cafetière

Ils ont inventé
Avec quelques bières
Dans les trous de nez
L’arme nucléaire

Ils ont inventé
Sur l’île Angleterre
D’abord la gelée
Puis une théière

J’aime trébucher
Mon rose derrière
Quelle stupidité
Dans les tas de pierres



13 Aléoutiennes
Un beau soir d’été
Contre un mur en lierre
Une fille embrassait
Un garçon bien fier

J’avais une fée
Teintée tout en vert
Je suis hébété
J’ai fini mon verre
14 Aléoutiennes
IMAGE DE LA PARESSE
De la fatigue tout autour des yeux
Le vieux caleçon pourri répugnant
Farfouille dans le frigo de l’avarié
Du lait caillé à même la bouteille
Gratter des poils dans une honte rose
Danser et chanter de sa voix de fausset
Dormir larvement sur le divan
La vodka a collé au tapis
Une limace s’est perdue quelque part
15 Aléoutiennes
JULIETTE NOISETTE
À Vladimir Nabokov

Une fillette
Que je grignote que je grignote
Ses ongles lisses et ses cheveux rouillés
Je te dévore
Tes lèvres gémissantes
Qui fondent qui fondent
Je te dévore
Jolie fillette
Tes genoux craquent et croquent
Je te dévore
Ma mignonnette
Je t’en implore
Encore encore
Cette nymphette
Qui s’endort
Monsieur Humbert
Quel porc quel porc



16 Aléoutiennes
Dévore son corps
Les pléthores de ses jambes
Mi amor
Je t’adore
17