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Altercultures

De
137 pages

Généreux, le recueil d'As Malick Ndiaye l'est par le flot soutenu et concerté de sons, de mots et d'images qui le parcourt. Cette générosité se manifeste encore dans l'intention du propos poétique, décidément placé sous le signe de l'analogique. As Malick Ndiaye célèbre en effet ses « petites patries » - la Casamance, la Bretagne ou Harlem - et si ce pluriel ne nous était avertissement suffisant, sachons qu'ici seront passées au laminoir idées reçues, frontières et catégories, par quoi les gens du monde apprennent à se tenir à distance les uns des autres. En ce trouble début de millénaire, Altercultures nous rappelle à l'utopie d'« un monde alternatif » en une langue tour à tour mélodieuse et saccadée, osée et tendre.

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Préface
Par Souleymane Bachir Diagne

As Malick Ndiaye est un amoureux de la poésie. Des poètes. De tous les poètes. Voilà pourquoi Altercultures s’ouvre sur une reconnaissance de dette, celle infinie envers les poètes dont il a tété les mots, les sonorités et les rythmes, et qui vont - allez ! adoptons l’ordre alphabétique !- de Bashô à Whitman. Mais que l’on ne s’y trompe pas : cela aurait pu aller d’Aragon de France (As Malick Ndiaye, inévitablement, est aussi fou du fou d’Elsa : et comment ne pas penser au poème d’Aragon « le conscrit des cent villages » à la lecture des vers qui composent ici Mayibuyé ?) à Zephaniah de Jamaïque car notre auteur, répétons-le, aime tous les poètes et tous les rythmes sur lesquels, éclectique, il fait danser ses mots : depuis le classique et exigeant sonnet jusqu’aux pulsations vitales de la dub music. Ceux qui sont ici cités, de Bashô à Whitman, le sont donc au titre de représentants de l’illimitée confraternité des poètes à la porte de qui Altercultures vient aujourd’hui toquer.

La dette, écrit A.M. Ndiaye, est d’abord envers Senghor et Césaire. Il y a là, bien sûr, piété filiale sincère. Celle-ci n’interdit cependant pas de mesurer la distance qui sépare aujourd’hui l’Afrique mère qu’a célébrée la Négritude des Pères et une Afrique plutôt « amère » aujourd’hui. « Mon pays », dit ainsi As Malick Ndiaye, retournant, mais gentiment, l’éloge césairienne de ceux qui n’ont rien inventé

« se dit sans science et refuse de tracer des routes
Qu’a-t-il besoin d’inventer la roue
Quand rien ne tourne, en dehors du temps qui passe ?
L’Ancêtre, affirme-t-il, ne connaissait ni pont ni chaussée

L’Antique tradition décharge des contraintes du progrès. »

Amère, l’Afrique ne peut que l’être quand pour sa jeunesse « il n’y aura pas école demain » puisque « l’enfant buissonnier » qui bientôt se fera soldat, « repose au bruit des armes ». Elle l’est lorsque ses enfants disent, en wolof, que l’alternative est Barça, Barcelone, porte de l’Europe, walla Barsax, ou alors l’autre monde, où les précipitera le naufrage des frêles pirogues parties à l’assaut de l’océan, radeaux de la Méduse dont aucun peintre ne gardera la mémoire. Elle se désole lorsqu’en la verte Casamance Atika le guerrier a perdu la raison.
Mais parce qu’il a foi en la poésie As Malick Ndiaye croit en l’avenir, en la possibilité de réunir aujourd’hui à demain « pour créer le monde alternatif » celui où parlent à égalité toutes les langues mais que la poésie traduit en la sienne, universelle, et qui fait que Bretagne et Cabrousse seront régions d’un seul et même pays pour « le voyageur qui vient ». De tout et de rien As Malick Ndiaye tire poésie. De la polygamie même, celle il est vrai des pères et qui ne peut plus qui ne doit plus être, il dit de quel amour, quelles tendresses démultipliées, elle était tissée… Du Modou- Modou, l’immigré, entrevu un bref instant, ou de la souris de l’ordinateur, As Malick Ndiaye tire toujours de quoi faire un poème.
Nul doute que la confraternité des poètes invoquée tout d’abord en prière propitiatoire l’entendra toquer doucement et lui ouvrira.
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