Amer est le miel des tombes

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De son premier recueil de poèmes en 1976, la poésie est restée l'arène de ses tourments et des combats poétiques de Petraq Risto, le "moment de vérité", du noir face au rouge, du cri romain, où le public exigeant demande toujours la victoire au torero. Cela arrive parce qu'en lui brûle et s'enflamme la poésie. C'est précisémment cela qui a réveillé sa révolte, faisant sa poésie plus sociale, plus humaine, plus engagée, c'est la révolte contre les guerres et la tuerie humaine, révolte contre l'hypocrisie, la trahison et l'âme corrompue.
Publié le : dimanche 1 février 2009
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EAN13 : 9782296216945
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AMER EST LE MIEL DES TOMBES

Poètes des Cinq Continents En hommage à Geneviève Clancy qui l'a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan
La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d'ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an.

Déjà parus 472 - Marie-agnès CERISIER, A l'intérieur la rive, 2008. 471 - Marie-Danielle AKA, Poèmes érotiques de guerre, 2008. 470 - Hoai Huong NGUYEN, Déserts, 2008. 469 - William SOUNY, Les Somalies imaginaires, 2008. 468 - Franck OGAN-BADA, Tassigâ,2008. 467 - Nicola MUSCHlTIELLO, L'Escabeau, 2008. 466 - Geneviève CLANCY, Notre Dame des présences, 2008. 465 - Wafaa ABED AL RAZZAQ, Mémoires de l'enfant de la guerre, 2008. 464 - Son Ya SANDOZ, La mer exilée du Silence, 2008. 463 - Edouard MABANZA, Visage des palmiers, 2008. 462 - Patrick NA V AÏ, Shams le musicien, 2008. 461 - Lise GABOURY-DIALLO, L'endroit et l'envers, 2008. 460 - Hafid GAF AÏTI, la tentation du désert - the temptation of the desert (bilingue français-anglais), 2008. 459- David ESCOBAR GALINDO, Les clés du sous-sol, 2008. 458 - Emmanuel DAMON, Les armes neuves. Lafaim, 2008. 457- Serge VENTURINI, Fulguriances et autres figures, 2008. 456 - Barnabé LAYE, Requiem pour un pays assassiné (bilingue français/anglais), 2008. 455 - Soisik LIBERT, Nordista, d'abyme en lumières, 2008. 454 - Philippe TANCELIN, Poétique de l'étonnement, 2008. 453 - Màrius TORRES, La dernière rose, 2008. 452 - Anthologie de Kiki Dimoula, introduction, choix des poèmes et traduction du grec d'Eurydice Tricon-Milsani, 2007.

Petraq RISTO

AMER EST LE MIEL DES TOMBES
Poèmes choisis

Traduit de l'albanais par Solange d'ANGEL Yet Luan RAMA

L' Harmattan

<DL'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005

Paris

http://www.librairieharmattan.com harmattan I @wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-07514-6 EAN: 9782296075146

Avant-propos
Depuis sa jeunesse Petraq Risto avait les yeux tournés vers la« galaxje poétique Rimbaud ». Alors il a fait un rêve: devenir poète, saisir ensemble avec ses vers le ciel et la mer, réveiller les âmes, trembler dans les larmes et le lit de l'homme, s'enivrer, crier et se noyer dans la douleur du solitaire, abandonné dans le miel amer des tombes. Et il est devenu poète. Il a façonné des poèmes de terre et d'œillets, à l'arôme de grenade et de pomme, avec les robes des jeunes filles soulevées par le vent, avec des tonnerres lointains et des funérailles, essayant comme Rimbaud, de «voler le Feu». Un rite des poètes depuis l'Antiquité. Les poètes ne peuvent rien sans le feu. Tout est magma incandescent, une saison chaude sans sommeil, comme cela a été pour le grand Rimbaud, dans Um Saison en enftr. Depuis lors, Risto ne s'est jamais séparé de la poésie: il dort et se réveille avec elle, voyageant dans les temps et les pays, sur les ailes des avions, rendant jalouses ses bien-aimées. Maintenant sa poésie chante non sClùemcnt en albanais, car elle est traduite et publiée aussi en anglais, en espagnol, etc. Morceaux de l'Albanie sur les miroirs du Monde. Je me rappelle ses matinées où à la hâte dans les années 70, chaque matin il prenait le train à DurrëS pour venir à la capitale, sur les bancs de l'Université. Chaque jour le même itinéraire: Durrës- Tiranë et Tiranë-Durrës, auprès de sa famille très modeste. D'une vme à l'autre, avec son casse-croûte enveloppé et les livres de ses chers poètes sous le bras. Nous lisions alors Wittmann, Lorca, Ritsos, Neruda, Eluard.. .c'était l'époque des poètes de la liberté. On s'enivrait avec leurs chants d'amour. On portait le deuil des poètes emprisonnés et tués. De son premier recueil de poèmes,rêux: qui grandissent, (1976), bien du temps a passé. Ces dernières années, il a accompagné ses poèmes de romans et de nouvelles, mais toujours, la poésie est restée l'arène de ses tourments et de ses combats poétiques, le «moment de la vérité», du noir face au rouge, du cri romain, où le public exigeant demande toujours la victoire au torero. Cela arrive parce qu'en lui brûle et s'enflamme la poésie. C'est précisément cela qui a

réveillé sa révolte, faisant sa poésie plus sociale, plus humaine, plus engagée,
c'est la révolte contre les guerres et la tuerie humaine, révolte contre l'hypocrisie

la trahison et l'âme corrompue, envers ceu." qui piétinent, écrasent et tuent la Paix humaine. Il veille le monde plein de fracas, les cris homophobes et les explosions lointaines des guerres, il écoute les nouvelles des amours et des enterrements, il voyage dans les mûts, dans un délire, cherchant l'aube du lendemain comme il le rêve: en paix, sacré, avec un regard humain. La poésie pour lui c'est aussi le rouge de la grenade béante, de la grenade mÙrie pour faire l'amour. C'est une grenade scintillante qui imprègne tes lèvres de son nectar poétique. C'est la Saint-Valentin, loin, dans Bagdad en flammes, noyé dans un brouillard de mort oÙ le soldat tué demande pardon
à son amour et veut Itû offrir «son cœurcOt/llert e sang-laI/pe d~4ladil1 avecle djinn d
abatfll». C'est mat:,97, oÙ «/e.r oÙeallx affolés par les Plombs entrent et se Ct1chelltdans

mes veine,,»; ce sont les «miÎres-briÎm8greffée at'ec des étoiles / prête à noum'r les Saints.» La poésie pour lui est ce tourbillon humain oÙ des êtres et des anges dansent dans le vertige. Ce tourbillon nous a tous engloutis. Souvent il est en colère comme à la Porte de l'Enfer. «1\;[a pattie est mmsongejmqu'à la demière lz,ollttede .>anl,.» sa douleur il semble qu'il vetùlle frapper les cieux. Par Parmi les poètes albanais contemporains, ce poète nous vient avec une nouvelle mission, comme jadis Rimbaud venait avec ses Lettres du T/iJ)taflt, pour faire une poésie moderne, toute nouvelle, pour d'autres temps, Et pour faire cela, pour suivre l'exemple des Lettre.>du VV'ant, Petraq Risto, avec ses vers, remue les océans, descend et se lêve des tombes, en clamant avec force et à haute voix ce que cherchait Rimbaud: «Etre moderne». Cela, parce que nous vivons dans une épo~lue moderne dans la~]Uellesont pétris les soucis terrestres, les jubilations et les tragédies, oÙ, comme le dit ce poète dans son néologisme «Halle1ulja» il exprime sa vraie tendance. Ce néologisme qu'il forme à partir de deux mots, «halle» (soucis de la vie quotidienne) et «Iulja», (fleur, qui symbolise la fragilité de la vie, le bonheur, l'amitié ou notre vie amoureuse) et qui revient constamment dans sa poésie comme le leitmotiv de la liturgie chrétienne Alléluia! Petraq Risto a ses saisons. Il chante selon ses cycles: «le couloir des glaces», Shéhérazade, le cycle des mirages, des poètes, des papyrus, des oratorios, etc. Nos vies mêmes ne sont-elles pas, elles aussi des cycles? Nous venons dans ce monde, nous saluons et nous le quittons peu de temps après, quelquefois sans dire adieu, étonnés de la fin si inattendue du cycle humain. Ses vers sont vrais et bouleversants en même temps: «j'ai ftmlé les
yeux Risto d'un ,nort et la lumière 1Jtouillée par le.>larmes m'a fait alchimiste», En lisant la pensée vous emmêne n'écrit-il ses vers immédiatement à l'/-llchirJlie dit Verbe de Rimbaud.

pas <j'ai ramassé tONte.> a1JtOtlf'Sde.>morts etj'et! ai fait title jlantJfle les

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en Ol»? Le poète préfère l'alchimie et le paradoxe, où souvent la douleur dépasse ses propres frontières. La vie albanaise aujourd'hui vit de grands paradoxes. Non seulement dans la politique et J'ivresse de l'homme par le
pouvoir, mais aussi dans la vie quotidienne
où «les prostituée..r posent

où dans la <<patrie goût de boue I au
C0111me fJ/odèles de toierges); oil (des

les fous ont augmenté»,

ftmmes imagitl8nt leurs maris tJ/orts»;dans le même temps qu'un <<pianoroupit sous c lapluie»... Dans Ulle Saisoll e1I8I~(erdeRimbaud, le poète maudit des tableaux colorés des V'?Jelles,a chanté aussi un piano «que Madame aplacé dans lesAlpes». Mon ami Petraq Risto, qui n'oublie pas de revenir sur les pas du rite socratique, sait bien que marcher sur les sentiers ouverts par Rimbaud vers le Nouveau et la Modernité, n'est pas facile. Mais maintenant le poète a «volé le Feu». Avec ce feu il va engendrer des mots pour réchauffer les êtres et les âmes. Il accepte même d'être aussi habitant du Purgatoire s'il arrive à vaincre le crime, le mensonge, la privation de la liberté.
«Elle a cOflrltlla viei/le tradition pas des tombes est amer.)) des abei/les:

el/es tI8 butillerft les jleur.r parce

nahlrelle...

que /e miel des tombes

(Shéhérazade:

1001 nuit... après Ie Il septefJ/bre 2001)

Oui, ce poète connaît la vieille tradition des abeilles. Il sait comment chercher le pollen et faire le miel de la poésie...

Luau RAMA

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