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ANTHOLOGIE DE LA POÉSIE MAURICIENNE CONTEMPORAINE DEXPRESSION FRANÇAISE
Textes réunis par Yusuf Kadel Préface d’Eileen Lohka Introduction de Robert Furlong
A C O R I AÉ D I T I O N S
Anthologie de la poésie mauricienne contemporaine d’expression française
Tous droits de traduction, de reproduction, d’adaptation et de représentation réservés pour tous pays.
© Acoria 2014 ISBN :978-2-35572-121-2 Email : contact@acoria.fr Site web : www.acoria.fr
Anthologie de la poésie mauricienne contemporaine d’expression française
Préface Eileen Lohka Introduction Robert Furlong Textes réunis par Yusuf Kadel
ACORIA ÉDITIONS
SOMMAIRE
Eileen Lohka,Préface……………………………. Robert Furlong,Introduction…………………….. Thierry Chateau………………………………….. Ananda Devi…………………………………….. Anil Rajendra Gopal…………………………….. Stefan Hart de Keating…………………………… Alex Jacquin-Ng…………………………………. Yusuf Kadel……………………………………… Sylvestre Le Bon………………………………… Édouard J. Maunick……………………………… Vinod Rughoonundun……………………………. Umar Timol………………………………………. Khal Torabully…………………………………… Lisa Ducasse……………………………………… Aqiil Gopee…………………………………….....
9 17 31 41 47 53 67 75 91 105 119 129 139 155 168
PRÉFACE
Pour l’exilée que je suis, perdue dans les vagues de blé de la prairie canadienne, aussi loin que faire se peut des « vraies » vagues frangées d’écume de nos lagons turquoise, la poésie mauricienne reste une constante : une manière particulièrement parlante de faire vibrer l’île, de la garder vivante au fond de l’âme. Le rythme des mots, les images qui éclatent sur la page, la mélodie des voix qui se profile derrière chaque rime, le ressac du souvenir, tout me happe, me cajole, m’ensorcelle, «ex-île recherchée […] dans la foire des mémoires».
«Du fond du cœur / à 30 ans», à 40 ans,à 50 ans et plus, je m’empreigne de l’histoire d’amour de mes compatriotes pour leur île ; une histoire d’amour, «d’émerveillement en dégoût», une histoire de l’imagination aussi, comme l’inscrivent, la brodent «trois gouttes de sang». Au fil des ans comme au fil des poèmes, le tempo change, la hargne remplace ici le velouté des sonorités, là le romantisme fait place au rap, les ellipses font suite aux apories ; et pourtant chaque mot, chaque note pourrait-on dire, enfle de la profonde symbiose qui unit les poètes à leur pays, à sa façon d’appréhender la vie. Que l’on parle des habitants de Port-Louis ou que l’on s’ouvre à des considérations plus universelles, des hommes qui «se divisent / se séparent / se déciment / non à cause de leurs / différences / mais parce qu’ils se ressemblent trop», «il pleut de rire en ce pays bougainvillées». Il pleut de rire certes, mais les murs eux, «immolés dans le silence de [leurs] pierres», tristes des échos de l’oubli, meurent doucement. Et l’homme d’offrir la caresse d’un effleurement pour que soit rompu le charme qui les condamne à la décrépitude.
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