Anthologie de poèmes choisis

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Ce recueil présente, pour la première fois, en traduction française, une anthologie des poèmes de Tino Villanueva, poète Nord-américain de renom. Les poèmes évocateurs d'un Mexique souvent valorisé, et des États-Unis généralement décriés.
Publié le : vendredi 4 décembre 2015
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EAN13 : 9782336397467
Nombre de pages : 134
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Tîo Villanueva
Athoogîé dé poèmés choîsîs
Tràdûîts pàr Odîé BOUTRY, réûs pàr Ogà CARO
ANTHOLOGIE DE POÈMES CHOISIS
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© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08011-6 EAN : 9782343080116
Tino VILLANUEVAANTHOLOGIE DE POÈMES CHOISIS Traduits par Odile BOUTRY, relus par Olga CARO
REMERCIEMENTS
L’auteur et sa traductrice tiennent à remercier Olga Caro et Bernard Sesé pour leur relecture du manuscrit et James Cohen et Serge Ricard pour leur soutien indispensable à la publication de ce livre.
INTRODUCTIONLes deux langues (devenues trois) de Tino Villanueva
Par Elyette Benjamin-Labarthe
Plus de quarante ans ont passé depuis que les premiers poètes chicanos ont commencé à publier, aux Etats-Unis, soit en espagnol, soit en anglais, sinon dans une langue métissée qui allie espagnol et anglais, non sans qu’y apparaissent des mots savamment incrustés dunáhuatl,des Aztèques. Les langue poèmes évocateurs d’un Mexique souvent valorisé, et des Etats-Unis généralement décriés font apparaître une forte ambivalence à l’égard des États-Unis, terre d’accueil née de l’immigration, qui semble, dans les années 1950, avoir renié ses engagements à l’égard des minorités, notamment à l’égard des fils d’immigrés d’origine mexicaine. C’est le souvenir d’un ostracisme vécu dans son enfance au fin fond du Texas, celui d’un déchirement culturel douloureux pour l’enfant reçu comme un étranger dans l’école « anglo », qui anime les poèmes de Tino Villanueva, lesquels racontent l’in-culturation forcée à travers l’inculcation de la langue anglaise ainsi que le racisme ambiant de la société étasunienne. Cette belle poésie du souvenir, lyrique et raffinée, écrite en anglais ou en espagnol selon les codes de la poésie chicano, emprunte souvent à la langue espagnole, souvenir de e l’Espagne dont la poésie mexicaine du 18 siècle, marquée par le bilinguisme sinon l’interlinguisme trouve ici quelques échos vivaces comme dans le beau poème à la métrique classique «Dejar de recordar no puedo »(p. 82).
Tino Villanueva fait partie des poètes chicanos des années 1970 qui, avec Abelardo Delgado, Ricardo Sánchez, Bernice Zamora, José Antonio Burciaga, Alurista, Lorna Dee Cervantes et tant d’autres, figurent aujourd’hui dans de nombreuses anthologies, aux États-Unis comme dans divers pays du monde. Ils appartiennent à la mouvance poétique chicano/a, nouvelle vague de poètes et écrivains d’origine mexicaine confortablement installés aux États-Unis, participant d’une jeune intelligentsia, soucieux de défendre l’héritage mexicain tout en acceptant de s’intégrer à la haute culture étasunienne par leurs écrits. L’ethnicité attachée au phénomène chicano est complexe, dans la mesure où elle est marquée par l’hispanicité, l’indianité, la négritude parfois, ainsi, bien entendu, que par les diverses influences dont est porteuse la culture des anglophones. Car en quarante ans, la poésie plus encore que le roman ou les arts chicano a été intégrée au canon littéraire étasunien, dans la mesure où elle est aujourd’hui incluse dans la version la plus récente d’une anthologie de littérature entièrement dévolue à la spécificité « latino », laquelle regroupe les auteurs représentatifs d’une écriture issue du Mexique, de Porto Rico, de Cuba, ou d’Amérique latine, comme le titre de la nouvelle version de la Norton Anthologyen atteste. Car laNorton Anthology of Latino Literature récemment publiée aux États-Unis, ouvrage de 2668 pages qui a demandé 13 ans de travail avant de voir le jour, consacre plus particulièrement un long chapitre à la poésie de Tino Villanueva ainsi pleinement associée aujourd’hui à l’héritage étasunien. Le corpus aujourd’hui considéré comme canonique comprend 201 auteurs latinos rassemblés par l’éditeur Ilán Stavans en 2010, dans un ouvrage majeur acclamé par Henry Louis Gates, célèbre professeur à Harvard et lui-même fleuron
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de la critique afro-américaine, comme étant le pendant latino de l’anthologie de littérature africaine-américaineelle-même publiée en amont par l’éditeur Norton, en 2004. L’un des précurseurs de la poésie chicano, Tino Villanueva en développe les thèmes de prédilection tout en leur donnant une acuité particulière. La poésie intimiste, très personnelle évoque la vie dans le pays des origines dont on se plaît à rêver, le malaise ressenti par l’enfant d’origine mexicaine qui se sent étranger et rejeté aux États-Unis, la difficile intégration sociale de l’enfant pauvre stigmatisé pour la couleur de la peau, la pratique exclusive de la langue espagnole et la pauvreté familiale (recueil de poèmesCrónica de mis años peores / Chronique de mes pires années, 1987), dans une Amérique raciste qui semble mal accepter les différences, dans les années quarante et cinquante où se situe l’enfance du poète. Ainsi que ce soit à l’école, dans la rue, ou au cinéma — pour ne citer que quelques lieux où se manifeste l’exclusion, si ce n’est la ségrégation, au titre de diverses appartenances —, l’enfant qui ressentait l’ostracisme de la société dite d’accueil va très tôt exister à travers un acte d’écriture vécu comme une catharsis (poème « Catharsis », recueilHay Otra Voz Poems), un rite de passage qui mènera à un relatif apaisement, un moyen aussi pour exister sous le regard des autres, ainsi qu’atteindre une notoriété durement gagnée. Cette reconnaissance littéraire redonne confiance en soi, au sein d’une intelligentsia étasunienne dès lors ouverte à « d’autres voix » comme le titre du premier opus le souligne, puisqu’il s’intituleHay Otra Voz Poems /Il y a d’autres voix Poèmes (1968-1971), témoignant ainsi d’une pleine acceptation du bilinguisme et de la bigarrure étasunienne qui inclut désormais une littérature certes écrite en espagnol, mais qui ne vient pas de la partie considérée comme « noble » de l’héritage en
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