Ariane sur la route du sel

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Vous vous retrouvez dans une ville inconnue dont le pays a de fortes résonances historiques mais dont le nom n'évoquera que les méandres d'un songe éveillé. Variation de rayon lumineux, vous empruntez un sentier de plus en plus souple et escarpé, soudain vous côtoyez les mets les plus rares et le vin est un murmure de cascade. Saluez alors Gérard Augustin toujours aussi espiègle au détour du chemin. Ce texte inédit que Gérard Augustin nous a offert en testament énigmatique et lumineux voit enfin sa renaissance …
Publié le : samedi 4 juin 2016
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EAN13 : 9782140010521
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énigmatique et lumineux voit enIn sa renaissance…
N°100
Gérard Augustin
Arianesur la route du sel
Poésie
Edition et préface de Michel Falempin Avantpropos de Michel Cassir
ARIANE SUR LA ROUTE DU SEL
Levée d’ancre Collection dirigée par Michel Cassir Levée d’ancre est une collection privilégiant l’écriture poétique, créée en 2001 par Gérard Augustin et Michel Cassir. Elle se propose d’abord de publier, au-delà de la division des genres, la poésie sous toutes ses formes ; de la précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le « noyau de prose » par lequel l’œuvre exprime ce qu’il y a de plus actuel, dans sa construction d’un sens de la poésie. Ensuite, multiplier les accès à cette poésie, tant par les anthologies critiques, les ouvrages collectifs, que par les échanges entre écrivains et lecteurs, les rencontres entre la poésie, les différents arts et la vie. Dernières parutions 99 – AlainROBINET,Ô ! ose tes bras ! Poaimes, 2016. 98 – Éléonore COMA,Fragments d’un exil, 2015 97 – Christian CAVAILLÉ,encontres, 2015. 96 – Tassos KOURAKIS,Le printemps est reporté jusqu’à nouvel ordre, 2015. 95 – Ahmed BENDHIAB,Jamila dit, 2015. 94 – Giancarlo CAVALLO,Spiralothèque / Spiraloteca. Vertiges / Vertiginibilingue, traduction G. Cavallo avec M. (édition Cassir), 2015. 93 – Alain ROBINET,Echographie, 2015. 92 – Haydar ERGÜLEN,Grenade ou Nar, 2015. 91 – Fady NOUN,Dans la nuit de diamant, 2015. 90 – Philippe André RAYNAUD,Assises, éclairs, marches lentes, 2014. 89 – Hervé BAUER,Des astres errants. Récits, 2014. 88 – Michel CASSIR,La fête prenant de vitesse l’obscur, 2014. 87 – Marc DELTA,Nus suivi de Triple saison, 2014. 86 – Paul RODDIE,Le ravisseur du monde. Taking the World by Storm, 2014. 85 – Alain ROBINET,« D’EN DANTE-CI ! ». à l’image« qui », d’icelui, l’Auteur, rééc(r)it en vis-à-vis... ... pour nos temps d’ici-là, 2014. 84 – Christian CAVAILLÉ,Abrupts, 2014. 83 – Hoda ADIB,L’instinct distal, 2014.
Gérard Augustin ARIANE SUR LA ROUTE DU SEL Édition et préface de Michel Falempin Avant-propos de Michel Cassir LEVÉE D’ANCRE L’Harmattan
Du même auteur
Sans Intention, Atelier des Grames, 1970 Ariane, P.-J. Oswald, 1974 Vies nouvelles, Flammarion, 1979 Indes méditerranéennes, Flammarion, 1984 Dragons, Atelier des Grames, 1987 La Fille de Roland, Atelier des Grames, 1992 38 peintures de Viswanadhan,Digraphe, 1997 Dialogue avec la Sibylle, au bord du lac Averne,Digraphe, 1998 Le Guide des égarés,Digraphe-Editeur, 1999 Le Retour du temps,L’Harmattan, Levée d’Ancre, 2002 Constantza/Constanţa,Ex Ponto, 2003 Le Voyage de Lao-Tseu à Constantinople, L’Harmattan, Levée d’Ancre, 2004 Nicosiesuivi deLes Banquets de Dinana, L’Harmattan, Levée d’Ancre, 2008 Athènes dispersée parmi les fleurs, L’Harmattan, Levée d’Ancre, 2010 Pour Gérard Augustin,textes et témoignages, L’Harmattan, Levée d’Ancre, 2013 Livres avec les peintres : er Le 1 novembre 1978,reliefs d’Anik Vinay, Atelier des Grames, 1979 Giorgone,bois gravés enluminés de Bernard Souchière, Atelier des Grames, 1990 La Guerre,gravures de Mireille Baltar, Adac, 1991 Sinon pour cette lumière,gravure de B. Souchière, Atelier des Grames, 1991 Roissybus,gravures de Wong Moo-Chew, Villa Arson, 1995 Alexandrie 1,gravures de Mireille Baltar, Adac, 1995 Gestes amoureuses,gravures de Mireille Baltar, 1998 © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09215-7 EAN : 9782343092157
AVANT-PROPOS « La poésie, pure disparition, me laisse dans le char embrasé au travers des choses écrites par la fiancée, dépourvue de la sagesse qui lui ouvrait une nuit d’ascension au sein même de la nuit claire… » Vous vous retrouvez dans une ville inconnue dont le pays a de fortes résonances historiques mais dont le nom n’évoquera que les méandres d’un songe éveillé. Variation de rayon lumineux, vous empruntez un sentier de plus en plus souple et escarpé, soudain vous côtoyez les mets les plus rares et le vin est un murmure de cascade. Saluez alors Gérard Augustin toujours aussi espiègle au détour du chemin. Par la substantielle préface de Michel Falempin et le prélude de l’auteur, se prépare la survenue de l’enchanteur et philosophe libéré de toute école, à travers un ouvrage poétique fondateur. Ce texte inédit que Gérard Augustin nous a offert en testament énigmatique et lumineux voit enfin sa renaissance. C’est le fruit d’un travail acharné et minutieux de Michel Falempin et d’un dialogue que nous avons eu avec Danielle Augustin, la compagne et l’inspiratrice aux multiples visages. Ariane sur la route du selune triple portée où a convergent le mythe, le vécu dans le Sud de la France et la vision ; ce dernier élément est le plus dynamique car il entraîne les deux autres vers l’aventure continue. Si Gérard Augustin y interpelle avec véhémence Marx et sa pensée, c’est qu’il a su très tôt en apprécier la puissance et les frontières temporelles. Il cherche à aller au delà où l’acte de poésie tient plus du désir et de l’amour sans concession. « L’acte d’amour est incompatible avec la
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lecture du journal à voix haute… », disait déjà Breton. Mais Gérard Augustin comme tout grand poète, humble éclaireur, est à la croisée du réel et de sa projection inespérée, innovante. Dans ce livre, unique par les questions qu’il soulève et les voix qui s’entrecroisent et s’interpellent d’une vallée à l’autre de la pensée, Gérard Augustin déploie de plus en plus loin ses ailes et ses antennes pour nous livrer un chant qui flirte avec l’infini au sens humain du terme. Poète absolu parce que sachant savourer l’instant et le partage avec délectation, comme un enfant-roi, ce qu’il n’a pas été dans son histoire personnelle, mais qu’il a su recréer de ses blessures adolescentes à force d’émerveillement et de lucidité. Je ne peux évoquer sans tremblement notre pacte silencieux de poésie face à un pin plié par les vents de sa maisonla terre promiseà pic sur les mers donnant déchaînées, celle qui circule subrepticement dans les vaisseaux de l’être et celle toute de furie qui a emporté ses cendres comme les lignes de sa main. Avec « Ariane sur la route du sel », nous fêtons le centième livre de la Collection de poésie que nous avons lancée ensemble en 2001 comme une barque en papier dans ce vingt et unième siècle trouble et que nous avons appeléeLevée d’Ancre. Michel Cassir
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ARIANE OU LA POÉSIE SANS FIN Philosophie et poésie n'ont pas toujours vécu séparément, on le sait. Avant que Platon au nom de la première n'ait, de la cité, expulsé la seconde, celle-ci s'était avisée de penser et si bien l'avait-elle fait que l'on en glose encore. Tel divorce, si les clauses en ont été dans l'ensemble observées par les deux parties (il y eut, il y a, des poètes assez sérieux pour en appliquer les conditions à leur propre œuvre, tantôt poétisant, tantôt philosophant, il y eut aussi des penseurs qui prirent la poésie assez en considération pour analyser un poème comme ils le faisaient par exemple d'un ouvrage de phénoménologie), tel divorce, donc, n'en a pas moins connu divers accommodements, rapprochements clandestins, honteuses retrouvailles. Certains poètes se sont affichés avec leur ancienne relation jusqu'au didactisme tandis que d'autres ont emprunté la voie d'une certaine poésie pensive. Cette dernière était comme une autre façon de philosopher, non suivant des concepts et des raisonnements mais par images, allégories, analogies, fables même. Surtout, elle pensait à partir de ce qu'elle faisait, en le faisant et en son nom. On aurait pu croire que cette autre façon de philosopher s'appuyait sur une philosophie non dite, antérieure, implicite. Or plutôt vaudrait-il mieux y voir comme l'émergence d'une école particulière de philosophie qui se distinguerait par rapport aux grands courants par sa façon de faire et conséquemment de penser. Dès lors, elle ne ressortirait pas de ce que l'on n'appela que tardivement « littérature » ni,a fortiori, à l'intérieur de celle-ci, d'un genre.D'une certaine façon, ceux-là refusèrent le divorce qui continuèrent de penser non seulement en poètes mais de le faire du sein même de
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leur œuvre « poétique ». Au reste philosophe de formation, Gérard Augustin fut l'un d'eux. Ce choix le conduisit à innover. Certains, dans une situation identique ont pu être tentés par la forme brève, l'aphorisme, la parole oraculaire, d'autres par un registre néo-prophétique ou biblique. Gérard Augustin a fait un choix tout autre. Il consista à prendre soit de façon implicite soit ostensiblement appui sur certains grands écrits de poésie ou de sagesse et à en proposer, dans un volume, à la fois une nouvelle version par le moyen d'une traduction ou d'une paraphrase, un commentaire de type réflexif et une dérive personnelle plus ouvertement poétique. Tout cela selon des dispositifs d'alternance, suivant parfois le mouvement général du texte tuteur. Ainsi furent écritsLe guide des égarésMoïse d'après Maimonide,Vies nouvellesla suite de Dante ou à Le voyage de Lao-Tseu à Constantinopleles traces du sur Tao-tê-king.Ariane sur la route du sel appartient à cette lignée mais en diffère aussi sur un point essentiel. Dans les ouvrages qui viennent d'être cités le rapport aux écrits évoqués, traduits, paraphrasés, est essentiellement de déférence dans le même temps qu'il s'agit d'en raviver le message et la portée.Ariane sur la route du selprésente un dispositif plus complexe dont fait principalement les fraisL'idéologie allemandeMarx et d'Engels. Par de rapport aux ouvrages précédents cela ne peut que modifier profondément la forme et le ton. On ne fait pas la même chose lorsque l'on écrit « contre » que lorsque c'est « avec ». Quel est donc ce dispositif ? Le livre, en son présent état, est double. Cependant on peut encore ajouter que chacune de ses deux parties contient à son tour un dédoublement intérieur voire, pour la seconde une sorte de triplicité.
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La première partie, celle que l'on peut considérer comme spécifiquement poétique et la plus importante quantitativement, est distribuée en quarante chapitres. Le chapitre 3 évoque d'ailleurs « les quarante sorbets de Mantoue » qui donnent, en passant, la valeur numérique à laquelle tout l'ouvrage obéit. Or chacun de ces chapitres présente la particularité d'accueillir des extraits, des fragments de livres d'autres poètes : dansAriane sur la route du sel, ces interventions ont été mises en italiques et impliquent à chaque fois un passage à la ligne. Il ne faut pas y voir un reste de versification, même libre. Tout doit se lire comme une prose comportant seulement des éléments allogènes. Ces éléments sont parfois d'une ampleur relative mais il arrive plus rarement qu'ils soient réduits à un groupe de mots voire à un seul ce qui lui ôte, soit dit en passant, tout pouvoir de référence citationnelle mais paraît vouloir désigner une sorte de présence discrète, étrangère, une empreinte comme celle « du pas » même d'Ariane « sur le sable de la plage ». La plupart du temps, toutefois, il s'agit d'un véritable entrelacement de ces éléments au poème de Gérard Augustin. On peut encore noter que ces interventions se raréfient étrangement vers la fin laissant de plus en plus la place à de véritables blocs de prose, laquelle a été laissée délibérément sans justification typographique. Il ne s'agit pas toutefois de cultiver quelque discordance ou juxtaposition abrupte : toutes ces interventions, lorsqu'elles ont lieu, se font dans le souci de la continuité syntaxique. Gérard Augustin, pour évoquer cet aspect de son livre en cours, citant Montaigne, parlait de « farcissure ». Encore faut-il préciser que chacun de ces quarante chapitres n'est composé que d'une seule phrase procédant par ajouts, dérives, sauts et dépourvue de tout point, même final. Les poètes mis à contribution s'appellent Zanzotto, Palmer, Jùdice tous poètes aimés de Gérard Augustin car nous sommes ici dans la situation
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