Au bout du petit matin...

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Parce que chaque petit matin nous apporte le souvenir du prophète qui bouleversa le monde avec la force de son verbe ; parce que chaque petit matin de pierraille au coeur des îles de misère, chaque petit matin de ciel ardent, chaque petit matin de volcans réveillés et de mots en éruption est une résurrection, je salue à la fois le roc et la cendre, le géant et la pierre, celui qui ébranla le langage avec des mots aux bords de l'incandescence, la sentinelle de ma race : le Père de la Négritude, Aimé Césaire.
Publié le : mercredi 1 mai 2013
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EAN13 : 9782296536463
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  AU BOUT DU PETIT MATIN   
              
                                  
   © LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00779-3 EAN : 9782343007793
Yves Patrick Augustin          AU BOUT DU PETIT MATIN                        
 LHarmattan  
Poètes des Cinq Continents En hommage à Geneviève Clancy qui la dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan   Série Espace expérimental   La collection Poètes des Cinq Continents  non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace douverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an.  dernières parutions  104  Jean-François MENARD, Des voix dans les arbres , 2012. 103  Raymond MAGNANT, Vivre, peut-être, 2012. 102 Claire GARNIER-TARDIEU, Poéphéméride , 2012. 101  Abdelghani FENNANE, Je ne mourrai pas avant le printemps , 2012. 100  Pierre ZIRKULI, Linstant lumineux , 2012. 99  Mattia SCARPULLA, journal des traces , 2011. 98  Claude-Raphaël SAMAMA, En regard des jours , 2011.  97  Claire GARNIER-TARDIEU, Femmes soleil , 2011. 96  Ahmed BEN MAHMOUD, Êtres et Choses , 2011. 95  Véronique ELFAKIR, Dire cela , 2011. 94  Arnaud DELCORTE, Ecume noire , 2011. 93  Jamal KHAÏRI, Patrie-cide, Poèmes transférés de larabe marocain , 2010. 92  Ludmilla PODKOSOVA, Les déserts de lamour ou les nouveaux visages de Rimbaud , 2010. 91  Chantal ENRIGHT, L'Orphelin , 2010. 90  Hocéïn FARAJ, Brisé de toi , 2010, 89  Vincent BOUTON, Envahis par nous-mêmes , 2010. 88  Elsa SFARTMAN, Petites Offrandes Particulières , 2010. 87  FACINET, Poèmes sans papiers ou opéra-slam , 2010. 86  Adjmaël HALIDI, Oraisons vespérales , 2009. 85  Emmanuel BERLAND, Dans la cabane du philosophe , 2009. 84  Rachid Khaless, Dissidences , 2009.
À AIMÉ CÉSAIRE
 Poète, me voici à lOrient de ta poésie pour célébrer le réveil du petit matin de ton pays natal et chanter ton nom qui rayonne dans nos mémoires. Je ne possède ni le génie de ton verbe : chant de lave et de résurrection, ni la musicalité de tes expressions, ni la hardiesse de tes mots, ni la magie de ta langue de grâce et darmure  Je nai que lélan de ton souffle et la chaleur de tes petits matins pour célébrer ton siècle avec ta poésie. Car, ailleurs que dans ton inspiration, est-il route menant vers le surgissement de lêtre ? Pourrai-je jamais donner la mesure de ta voix,  réinventer à marée haute ton lexique,  recréer ton écriture, revisiter lunivers de tes images plus vastes que ta pensée ? Pourtant, menfermerais-je dans le long silence de loubli, avec linsupportable souvenir des siècles de souffrance de notre race que je ne serais guéri de mon passé.   Je sais que le poète est en avance déternité sur son temps et que chacun de ses pas dans le rêve est un voyage vers linfini. Père de la Négritude, compagnon de toutes les luttes du siècle dernier, de ce siècle et des siècles à venir, illustre combattant de la cause des peuples colonisés de lAfrique mythique et des laissés-pour-compte des quatre coins du monde ; main tendue à toutes les mains tordues desclaves, toi qui célébras le courage des inlassables ouvriers exploités de tous les horizons, le désespoir des honnis dun continent de larmes, la longue marche des opprimés modernes Me voici dans lineffable musique de ta poésie comme un peuple sur une terre promise après des siècles de captivité. Me voici.  Je viens honorer la mémoire du chantre immortel que tu es, saluer léminence de ton nom, mêler ma voix à ton discours pour crier non aux ténèbres, non à linégalité des destins des peuples, non à toutes les formes dexil, non à la
colonisation, non à létranglement du cri des oubliés, non à lédification des murs qui séparent lhomme de son image Je viens aussi, avec larme miraculeuse de ton verbe lyrique, exhumer tes angoisses et tes espoirs, tes sanglots et tes exaltations avec la double incandescence de la révolte et de lamour. Je viens dire, à tous ceux qui regardent avec foi lavenir au lieu de fixer continuellement les fatalités, que ton combat na pas dâge  Je viens surtout texprimer ma profonde et indicible gratitude. Pour ton ombre qui accompagne lâme des peuples bafoués sur le chemin de leurs rêves, pour ta poésie dont le rythme incantatoire porte la ferveur humaine à hauteur détoiles, pour tes colères cosmiques et tes joies rédemptrices, pour tes dits : plaintifs échos de nos épreuves, pour le Cahier dun retour au pays natal dans lequel est gravée notre histoire de larmes et despoir, cri jailli du cri ultime des sans-voix séculaires MERCI !  Merci de conduire lhomme au bout de lui-même jusque dans lailleurs de sa reviviscence. MERCI CÉSAIRE. Et je te nomme, AIMÉ, aimé de tous les continents, de toutes les constellations, de tous les temps, présence tutélaire au milieu de nos tourments. Aujourdhui, ton nom a la couleur de toutes nos aubes de victoire, la résonance de tous les cris de libération,  la chaleur de toutes les fraternités, la fièvre de tous nos combats. Ton nom, cest la pulsation des curs qui luttent depuis le seuil de la souffrance jusquà léclosion des petits matins de réjouissances. Avec mes humbles mots, frêles échos de ta parole, avec la noblesse de mes palmiers encore vivants ; au nom de tous les martyrs dhier, daujourdhui et de demain, au nom de toutes les terres de souffrance, je te salue AIMÉ. De tous nos cris, de toutes nos prières ; dans toutes nos vies, tu es, AIMÉ. Partout, tu es dans notre histoire, partout dans nos mémoires, tu es.
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Jai traversé une mer pour pénétrer lunivers de ta pensée, un monde pour découvrir lénergie libératrice de ton message, un continent pour comprendre le sens sublime de ton obstination, une uvre pour habiter la terre de ta poésie. Jai traversé le temps pour te rejoindre dans ton irrémédiable silence, pour donner voix à ma voix, pour redire mon histoire jamais achevée en retraçant litinéraire du passé. Jai traversé le territoire bouleversé de tes songes pour donner à mon écriture la virginité du matin de ton île et rappeler au monde que tu as porté en étendard le courage mémorable des esclaves de ma terre et la liberté, tel un flambeau dans la nuit des désespérés.  Tes mots mont conduit là où lâme des poètes se libère du carcan des chagrins, là où lobscurité conduit à lavènement des jours de délivrance. Tu mas appris lintensité de lappel qui  interrompt la permanence de la douleur. Tu mas montré lexaltation du signe pour que ma poésie devienne source jaillissant du cri, tu mas enseigné ta force et ton réveil, ta sagesse et ta foi, lespérance qui transfigure lhomme. Tu nous as enseigné le rythme haletant dune musique qui réinvente le monde, la solidarité humaine et léternité de la danse victorieuse. Aujourdhui, nous célébrons ta mémoire depuis laube des opprimés jusquà la nuit des odes triomphales.  Je viens, au petit matin de ce siècle qui tappartient, déposer à tes pieds le cur meurtri et déshumanisé de toutes les terres humiliées comme une uvre à parachever. Je viens aussi te confier que le paria à la face de boue , les veilleurs de la nuit de résurrection, lhomme par terre au bord du néant, les chercheurs de terre nouvelle et détoiles, tous ceux qui ne connaissent de voyages que de déracinements  ont vaincu mille ans de leurs peurs ancestrales par le miracle de ton chant,  et que le tiède petit matin de libération est pour demain. Hier aujourdhui, demain Quest-ce le temps
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quand le prophète na de siècle que sa divination aux milles portées de lumière ? Quest-ce le temps dun départ, lhorizon dun jour de solstice pour un géant ?  Poète, la mort nest pas la fin du voyage, et ton retour au pays natal est une vie dune autre vie pour notre libération. Apprends-moi, par poésie, à extraire du mutisme les voix fantômes des martyrs oubliés, à fortifier mon cur avec la vaillance de mes ancêtres, à triompher de linjustice, à faire de ma Négritude une identité commune avec toutes les races dans les petits matins lumineux de fraternité. Apprends-moi à devenir comme toi un homme de terminaison et de recueillement , une parcelle de lumière du continent perdu dans nos songes.  Un jour, nous nous retrouverons au pays natal,  au cur de la patrie qui nous hante, là où les lèvres de lexil soffrent pour un baiser de retour. Debout, nous crèverons le silence des nuits obscures avec nos mains enfermées dans le poing énorme de la terre. Nous recomposerons lHomme pour donner au mot « liberté » sa signification vivante, nous guérirons la blessure du monde avec ton chant, car quelle voix autre que la tienne, de transe et de délire, pourra traduire le prime langage de lêtre en gestation ? Sur les routes sonores de ton poème, léternité nous ouvrira ses bras et le cri des peuples deviendra une nocturne vibration à linfini dune poésie nouvelle. Lors, nous chanterons  jusquà lextase, nous danserons jusquà la transe. Nous arracherons les exploités, les mineurs, les opprimés, les esclaves, les proscrits de la longue nuit blottie entre deux aubes, car luvre de lhomme vient seulement de commencer : il nous reste à conquérir dautres siècles de souffrance pour des petits matins dexaltation.   
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