Bagatelles contemplatives

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Que reste-t-il des rêves de la jeunesse quand on parvient à la maturité? C’est une question à laquelle tous les poètes sont confrontés, à un moment ou à un autre de leur parcours. Un autre élément à prendre en compte est la maîtrise de l’écriture, qui ne fait que croître avec les années. Mais qui peut aussi s’avérer contraignante pour la spontanéité de la création, lorsque cette maîtrise devient manifeste. En résumé, la condition des poètes est à bien des égards un condensé de la condition humaine ici-bas, avec ses périodes de doute et de remise en question, mais aussi ses instants magiques, quand la plume de l’écrivant est en osmose avec l’environnement qui lui est familier. Si la poésie n’est pas une profession, elle peut en revanche devenir une passion à part entière. Et une passion résistant à l’usure du temps, transgressant les clichés, les idées reçues et les lieux communs. C’est dans cette optique que Florent Ploquin aura exercé son activité de poète, durant la longue genèse de cet ouvrage. Après tout, lorsque l’inspiration se conjugue avec le savoir-faire, ne peut-on pas revendiquer un niveau d’écriture professionnel pour la poésie? C’est ce défi que doivent relever les auteurs persévérants, comme un antidote au conformisme de la pensée unique, et à son utilitarisme réducteur.
Publié le : mardi 20 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748358049
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EAN13 : 9782748358049
Nombre de pages : 66
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Florent Ploquin
BAGATELLES CONTEMPLATIVES
Mon Petit Éditeur
 
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IDDN.FR.010.0115567.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
Introduction La vraie poésie est avant tout un legs de lesprit. Elle ne peut pas se concevoir sans un relatif désintérêt face au clinquant fiduciaire, ni sans un certain recueillement intérieur vis-à-vis des éléments qui nous entourent. La reconnaissance de sa valeur, dans la mesure où elle sopère, ne peut résulter que dune impression subjective, jamais ex-haustive, et rarement consensuelle. Même avec les meilleures intentions en matière de transparence et de lisibilité du propos, le lectorat potentiel ne peut y trouver (et y percevoir) que ce quil mé-rite, sur le plan sensoriel, et même humainement parlant : on ne pourra jamais faire ressentir aux autres lémotion poétique par déléga-tion. Voilà pourquoi ce moyen dexpression restera toujours un genre paradoxal, doublement décrié à notre époque par lutilitarisme délibé-ré de la société des loisirs, et lavidité généralisée du système ambiant. Néanmoins, la poésie gardera une place de choix, même confiden-tielle, tant quune liberté structurée permettra de défendre ses valeurs. Et ce pour une raison très simple : on ne peut jamais lextirper com-plètement du cur des gens. Ou bien si lon y parvient, cest pour sanéantir soi-même, dans un opprobre éternel et sous le coup dun jugement destiné à faire jurisprudence. Autant dindices prometteurs sur son devenir, même à lépoque des va-t-en-guerre mercantiles et des croisades technologiques. À chacun des découvreurs la part qui lui revient, donc. Abrutis et sujets récalcitrants à lélévation des esprits sabstenir. F.P
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Terre de Beauce, terre élue Naguère, jallais à travers champs, dans la campagne de Chartres. Et je me disais que rien nétait plus important pour moi que de fré-quenter cette haute plaine, après les moissons, et avant la Toussaint. Cétait, bien sûr, pour être en symbiose avec la nature. Pour bien comprendre le secret de cette terre lumineuse, et de ce ciel de cristal qui règne aux alentours. Jallais donc en cette étendue souveraine, comme éparpillé devant un chemin qui me semblait infini. Et je tom-bai amoureux de cette extraordinaire promesse : la lumière de Chartres. Car à mes yeux un rayon de soleil vaut plus quun bon re-pas. Il est aussi des gens dont lhumeur change en fonction du temps quil fait. Dautres ont du respect pour tous les jours de lannée, quels quils soient. Ce sont ceux que lirraison rebute et peine. Enfin, il y a les receleurs de lunivers et de la lumière. Ceux-là sont poètes, ou peintres, ou photographes aux aguets. Mais un subtil dosage de lu-mière et despérance na pas sa place, a priori, pour juger Chartres. Non, en fait on se rend compte que pour vraiment faire fructifier cette terre de Beauce, il faut être paysan. Et pour un céréalier beauce-ron cela veut dire aussi affronter le froid hivernal, pour voir où en sont les cultures avec le gel. Mais à lépoque de lannée où jy suis allé, au début octobre, il ne sagissait toutefois que de préparation du sol. Le temps nétait pas encore au semis. Et, croyez-moi, un paysan beauceron qui prend la terre à pleines mains sait de quoi il parle. Mais quen est-il maintenant du rêveur de passage, peintre, poète ou bo-hémien, qui observe la scène de Chartres, comme depuis un nuage ? Il est semblable à un vitrail, et la lumière du jour est sa nourriture à lui. Cest une nourriture qui a valeur de symbole, car la terre de Beauce renferme en elle le potentiel de son éternité. Oui, terre de Beauce, terre élue, tu resteras à jamais gravée dans la mémoire de ceux qui tont connue et appréciée à ta juste place, sans méconnaître ton aura.
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BAGATELLES CONTEMPLATIVES
Les Exilés Ils sont partis dès la première aurore, tous ceux qui avaient du vague à lâme. Et ils ont contemplé les richesses des hommes, comme autant dapparats superflus. Que vouliez-vous quils fassent ? Ils ne pouvaient pas retourner à leur condition première, celle où ils élu-daient un bonheur illusoire. Sinon, ils auraient été dans lobligation de tricher avec leur destin. Naturellement, cétait au prix de leur vie.
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