Blessure des mémoires

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Ce recueil s'inscrit dans une tradition qui privilégie l'aspect musical du langage. La variété des rythmes qu'il utilise est, selon l'auteur, le reflet du mouvement même de la vie. Ces mélodies sont ordonnées en cinq ensembles successifs, correspondant à un ordre chronologique. L'auteur espère que ces dernières puissent donner au lecteur quelque apaisement dans les doutes et les angoisses humaines face aux meurtrissures du temps.
Publié le : vendredi 4 mars 2016
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EAN13 : 9782140003905
Nombre de pages : 160
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JeanMichel Croisille
Blessuredes mémoires
Préface d’Annette LaurasPourrat Postface de Michel Lioure
Poésie(s)
Blessure des mémoires
Poésie(s) Collection dirigée par Jérôme Martin Ouvrages déjà parus Mylène DANGLADES,Des paroles d’or et d’argent, 2016. Marc LE GOFF,Arrêts sur paroles, 2016. Amar MERIECH,Découverte de l’ordinaire, 2016. José Carlos RODRIGUEZ NAJAR,Prières amazoniennes,2016. Georges De RIVAS,Ce que la Colombe dit à la Rose,2016. Dominique LABADIE,Réveille-toi,ȏ ma démocratie. Chroniques d'un ancien homme libre,2016. VILLEBRAMARA,Métisse, 2015. Franck GIOL,Ouvrances, 2015. Maïté VILLACAMPA,Vers les commencements. Montage, 2015. Marie-Madeleine LEMAIRE-JARRY,J’ai rencontré le soleil, 2015. Raphaël SARLIN-JOLY,Et je vis le regard des chats sauvages, 2015. Jean-Marc ROTH,Première cellule, 2015. Anne ARNAUD,Unknown, 2015. Gilles GONTIER,Repentirs précédé de Chasseur de pierres, 2015. Soula SAID-SOUFFOU,Une vie pour la France, Hommage au combat d’une chatouilleuse de la République, 2015. Junior GUSTAVE,Tentacules de ma terre, 2015. André LOUBRADOU,Dispersion des silences, 2015. Roy SINCLAIR,Silhouettes, 2015. Arthur BRIAND,Je suis un cri, 2015. Marguerite CHARBONNIER,Aux passagers, 2015. Anna-Maria CELLI,Peaux d’ombre, 2015. Claude LUEZIOR,La couleur d’un silence. Trilogie, vol. III, 2015. Claude LUEZIOR,D’un seul geste. Trilogie, vol. II, 2015. Claude LUEZIOR,Fragment. Trilogie, vol. I, 2015.
Jean-Michel Croisille s mémoir Blessure dees Préface d’Annette Lauras-Pourrat Postface de Michel Lioure
Du même auteur Un tendre hiver, Armand Henneuse, Lyon, 1956. Pays mes paysages, Les Cahiers de l’Amitié, Chamalières, 1968. Paradis peint, Ysengrin, coll. « Awen », Clermont-Ferrand, 1981. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08323-0 EAN : 9782343083230
Préface
Guérira-t-on jamais cette blessure des mémoires Ce mal toujours poignant Ces espoirs jamais assouvis Ces longs désirs des éternités toujours dérisoires Et ces regrets ardents des impossibles paradis
Cette « blessure des mémoires », titre du dernier recueil de poèmes de Jean-Michel Croisille, prégnante, indélébile, donne son unité aux cinq parties du recueil, qui ont pourtant chacune leur tonalité propre :« Chansons à Cesare», «Un tendre hiver», «Pays mes paysages», «Paradis peint» et «L’éternité ce souvenir». Blessure venue de tout ce qu’on a vécu et qui n’est plus, du temps qui passe, sans jamais s’arrêter, de ces royaumes entrevus qui peu à peu s’estompent et ne sont plus que mirages, des amis disparus : J’ai connu Mais la vie allait Un ami loin je ne sais plus Comment se nommait son visage(inParadis peint), Ou plus encore, en ces poignantesChansons à Cesare, dans ce qui fut un chaud paradis d’azur et de pins parasols sur fond lointain de Vésuve : Cesare camarade blême Derrière le temps tu es là[]Tu sais C’était en ce royaume Loin dans le temps Près de la mer
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« Tu es là », dit le poète. Existe-t-il donc un autre paradis que ce rêve d’éternité terrestre jamais atteint ? Le poème intitulé « Peut-être… » (L’éternité ce souvenir) laisserait-il un semblant d’espoir ? : Tu reviendras Et nous irons ensemble Cueillir encore un jour l’éternité
Mais la « blessure » est toujours là ; et tout ce qui n’est saisi que par les pauvres yeux éphémères de la mémoire se dérobe, se défait dans la mort, celle bien vivante qu’on aperçoit, « sourcilleuse » ou « vitreuse », « assise au carrefour » ou embusquée « au coin d’un jour ». Tous les espoirs alors s’enfuient. Et pourtant que d’étincelles et de rayons jaillissent de ces poèmes. Si ce thème littéraire n’est pas nouveau, il n’en est pas moins un des ressorts les plus puissants de la poésie. Et Jean-Michel Croisille est assurément poète. Il sait donner aux mots leur importance et supprime ce qui pourrait être entrave sur leur chemin en les délivrant de la ponctuation. Il s’en saisit, les entrelace, apprivoise leurs sonorités, parfois les isole pour leur donner plus de présence. Et ce faisant, par des combinaisons, des voisinages et des affrontements inattendus, il en démultiplie le sens et la portée, la douceur, la rugosité. Il en tisse alors des vers de cadence très variée, pairs ou impairs, plus ou moins longs (de deux à quatorze pieds, avec, peut-être, une majorité d’octosyllabes et de décasyllabes, les plus anciens, je crois, de notre poésie), avec ou sans rimes, toujours porteurs d’une musique. Ils s’assemblent en strophes parfois régulières, mais sans rigidité, ou suivent un rythme plus intérieur, plus libre. Et parfois, ce que ce rythme pourrait avoir de rompu suscite comme une attente, une inquiétude. On peut aimer aussi dans ces vers cette sorte d’imbrication entre l’homme et ce qui l’entoure, ce que l’œil voit et ce que le cœur perçoit, l’alliance du détail
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présent et du lointain qui disparaît : il en résulte toute une poésie dans laquelle entrent les âges de la vie (et comme le poète sait évoquer l’enfance et son monde presque immobile), les saisons, les ciels changeants, « les bois roux du grand hiver », la pluie qui s’amasse dans l’ornière, « la bourrache et la bourdaine », ou encore le sourire d’un enfant à Bucarest et les dômes « qui veillent bleus vers le couchant ». Ce ne sont pas des descriptions, mais de brèves notations qui ont pour mission d’évoquer et d’éveiller tout un rêve de paysages bien réels devenus intérieurs, qui, peut-être, n’échapperont pas, eux non plus, à l’effacement : []Je m’en irai l’aube aux épaules Je m’étendrai dans ces jardins Et la terre fumera fraîche Dans les creux derrière les saules
Mais alors tout sera perdu De mes pays mes paysages Que je feuillette au fond de moi[](inUn tendre hiver)
Il faudrait encore souligner la variété, la diversité, parfois inattendue, des tons de ces poèmes, en particulier ceux qui dénoncent, tantôt avec une indulgence souriante (Trastevere), tantôt avec un regard fulgurant (Little birds), le « faux monde », la « belle ville » et son inanité, le pittoresque fallacieux, tout ce qui est médiocre ou petit, la foule anonyme et la futilité les « amours de rien volant au bord des lèvres » : ce n’est pas là qu’on peut écouter battre le cœur du monde. On l’a bien compris : si Jean-Michel Croisille prend ainsi ses distances vis-à-vis de la société, ce n’est pas pour s’éloigner des hommes, mais pour entrer dans ce jardin secret où la solitude n’est pas solitude, mais permet enfin de mieux écouter battre le cœur du monde.
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Annette Lauras-Pourrat
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