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Bonjour l'Afrique (!)

De
121 pages
Invitation au calme/Envahi par les chants incessants des criquets/Par un' longu' plainte canine qui s'entête à s'offrir/Et là-bas loin devant par le son déformé/D'un maquis qui s'anime quand le monde va dormir/Je contemple la rue et son bel éclairage/Qui la rend si docile quand on peut voir au loin/Un crapaud se remue comme on va à la plage/Une chatte file fragile visiter ses voisins/Il fait doux comme toujours quand la pluie ne vient pas/On est à la saison qui tous les jours hésite/A l'heure où tout autour Morphée a pris le pas/Endormant les maisons la solitude m'invite/A ce drôle de bonheur de contempler la place/Vide de présence humaine seule me parle la nature/Il est tard deux trois heures une douce torpeur m'enlace/Je vais sans lutte vaine arrêter l'écriture
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contact@manuscrit.comBonjour l’Afrique (!)© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0981-3 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-0980-5(pourle livre imprimé)Jean-PierreBeau
Bonjour l’Afrique (!)
POÉSIEPréface
Lorsque j’étais enfant, tous les films d’aventure ayant comme
théâtre d’actionl’Afriqueavaient de loin mapréférence. LesTarzan
etautreBomba,hérosévoluantdansunejungletanthostilequemys-
térieuse me fascinaient, et les documentaires sur la faune africaine
offraient à mes rêves d’enfant une base des plus extraordinaires. Je
m’étais alors promis qu’un jour j’irai sur le continent noir et cette
chances’estprésentéeunepremièrefoisen1983.
J’aieuleprivilègeàcetteépoquedetravaillerunesaisonpourune
compagnieaériennequidesservaitessentiellementl’Afrique.
Charmé, je pourrais mêmedire envoutéparla chaleurdu climat,
desindigènes,deslieuxvisitésetterriblementfrustréquecebonheur
nedurâtquesixmois,jem’étaisalorspromisderevenirunjourdans
l’un de ces pays à peine entraperçus entre deux vols et qui se situent
pour la plupart en Afrique de l’ouest.
Il m’aura fallu seize ans pour tenir cette promesse et c’est par la
Côte d’Ivoire que j’ai décidé de retrouver cette Afrique qui m’avait
tant plu.
Certes les circonstances de ma venue dans ce pays n’ont rien de
folichon. Uncouplequibâtdel’aile,unmétierquinemepermettait
pasdesubvenirauxbesoinsdelaviedetouslesjoursetunesensation
de mal-être de plus en plus exacerbée m’ont poussé à opter pour ce
choixdifficilequ’estl’expatriation,avecàlaclél’abandontemporaire
de mes deux enfants que j’aime plus que tout au monde, mais qui
s’avéraitnécessairesijevoulaisarrêterdevégéter.
Orparfoislaviefaitbienleschosescommeondit.
J’espérais que, grâce à mes différentes expériences profession-
nelles, je serai à même de trouver quelque chose à faire en Afrique.
7Bonjour l’Afrique (!)
Ayant été notamment formateur en informatique et sachant à quel
pointcedomaineprenaitaussidel’ampleursurlecontinentnoir,je
pensais très sincèrement me réorienter vers mes anciennes amours
professionnelles et j’étais loin de me douter que c’est grâce à mon
derniermétierque j’allais m’en sortir.
Je suis accordeur de pianos, profession passionnante mais qui en
Franceetsurtoutenrégionparisienne,estquelquepeusaturé. Maisla
chancedevaitêtredemoncôtécarj’aiapprisquel’accordeursévissant
enCôted’Ivoirevenaitdeprendresaretraiteetqueleplaceétaitlibre.
C’estdoncarmédemaclé,dequelquesoutilsetd’unedosed’op-
timismequele09mars1999j’atterrissaiàAbidjan.
Mêmesiçan’étaitpaslapremièrefois,j’aieuunchocenarrivant.
Lesannéespasséesavaientcertainementembelli,voireidéalisélesou-
venirquej’enavaisettrèsvite,laviedetouslesjoursaeffacécesbelles
imagesd’Epinalpourlaisserplaceàcellesdelaréalité. Laviepourles
«sansl’sou»n’estpasrosetouslesjoursetilssontnombreux.Abid-
janestsale,polluée,grouillante,bruyantemaislamagieafricaineatôt
fait de me rattraper.
Lamagiedel’Afrique,c’estunerencontrequiseveutintêresséeau
début,maistoujourschaleureuse,quisetransformetrèsviteenamitié
vraie avec des sourires gratuits. C’est la notion de l’autre, celle-là
mêmequiadisparueailleursetnotammentdansmonpaysd’origine.
C’est le climat fabuleux qui y règne, les images inoubliables de sites
extraordinaires. C’estaussicettenonchalancetypiquementafricaine.
Parcontre,lesfrustrationsysont plusfortes, la mortomniprésente,
les différences plus accentuées.
J’habitechezles«toutnoirs»commejelesappelle,lespasriches,
dansunvillageoùmalgrélamisère,ilfaitbonvivre.
Très vite, j’ai eu envie de raconter en vers ce que je voyais, vivais,
entendaisetc’estinstallésurmaterrasse,généralementaprèsminuit,
au moment où tout est calme, calme bien relatif, que j’ai écrit ces
quelques textes, un regard parfois amusé mais plus souvent critique
surlaviedetouslesjours. C’estunmélangedecoupsdegueules,de
sourires mais aussi de tristesse.
Je les ai volontairement datés pour ne pas les dissocier de la si-
tuation politique et économique de la Côte d’Ivoire à l’encontre de
laquelle je m’insurge parfois. L’ère Bédié a fait beaucoup de mal à
8Jean-Pierre Beau
cebeau paysetilest àespérerquelesnouveaux gouvernantsnepro-
voquerontpluscetécoeurementquitransparaîtdanscertainsdemes
textes.
J’ai adopté l’Afrique et l’Afrique m’a adopté. Chez moi, c’est en
Côte d’Ivoire même si quelques fois, pendant un bon coup de blues
jemedemandecequejefaislà. Maisçanedurejamaistrèslongtemps
et dès que je vais en Europe, l’Afrique me manque, une Afrique qui
n’a pasfinidemesurprendreetdem’inspirer.
Jean-Pierre BEAU
9LETIROIRCAISSE
Tousles jours de la semaine
Unbonnoirsepointecheznous
C’est toujours la même rengaine
Yadublancilyadessous
Aurais-je l’aird’un tiroircaisse
Un trésor caché dedans
Pourlesnoirsc’est leur faiblesse
Je suis riche si je suis blanc
Ils se suivent ils seressemblent
Ils mevoient et entrent entranse
Ils bafouillentilsrient ilstremblent
Et la litanie commence
Y a un frère un vraiprodige
Faut d’la tune pour le lancer
Quandil chantevient le vertige
Tu es blanc tu dois l’aider
L’autre peint c’est du délire
Picasso n’eut pasfait mieux
Moi j’écoutemaissans sourire
Leurs histoiresc’est du sérieux
Ils y croient à ma fortune
Icic’estle blancqu’est d’or
Pas de bol j’ai pas une tune
Pas un ronddedans dehors
10Jean-Pierre Beau
Alors leursrêvesdégringolent
Ils n’arrivent pas à piger
Qu’unblancpuisse vivreçac’est drôle
Sans argent pour les aider
Aoffrirj’aipasgrandchose
Des idéesvoire des conseils
Ma patience à toute cause
A défaut d’avoirl’oseille
Alors stoppe petit frère noir
Blanc ne veut pas dire gaîté
Réussite et fol espoir
Y a des blancs qui sont cassés
Desquiconnaissentladéprime
Desmauvais jours sanspépite
Je suis blanc c’est ma faiblesse
Mais j’airien quand tu t’invites
Tousles jours de la semaine
Unbonnoirsepointecheznous
C’est toujours la même rengaine
Yadublancilyadessous
Je n’suis pas un tiroir caisse
Un trésor caché dedans
Pourlesnoirsc’est leur faiblesse
Je suis riche si je suis blanc
JP BEAU le 13 avril1999
11LEVIEUXBLANC
EnAfriqueestvenupouryvivreunvieuxblanc
Cherche-t-ildesvertusoubliéestroplongtemps
Espère-t-ilretrouverunpeud’Afriqueancienne
Quil’avaitenvoûtécommevouscharmentlessirènes
Ilserappellehiermaisc’était autrefois
Quaranteenarrièrequandleblancétaitroi
Lesnoirsvivaientdocileslatechniquefaisaitpeur
Apprendreàcesservilesn’étaitpasderigueur
Danscemondedecolonsvenuslà satisfaire
Desenviesdepatrond’êtreunpeuDieulePère
Quinetoléraitpasquinepardonnaitrien
Racistepeut-êtrepassaufqu’unnoirn’étaitrien
Justeunemarchandisequ’onexploiteetqu’onjette
Bonqu’àfairedesbêtisessansunblancàsatête
Maisletempsa filél’africainseréveille
L’heuredunoirasonnéc’estlafindusommeil
On nel’achèteplusàcoupsdepacotilles
Desermentsnontenusquifontrêverlesfilles
Latechniqueestdomptéeilapprivoiselessous
L’esclaveestlibérédeseschaînesdesonjoug
Alorstoilevieux blancquia choisil’exil
Quiveutresterlongtempsnefaispasl’imbécile
12