Bric-à-brac

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«L’auteur qualifie volontiers ces narrations insolites de « néo-surréalistes » (car pour lui le véritable surréalisme ne saurait plus exister). Il ne s’agit plus d’élégies purement subjectives et volontiers hermétiques comme il en écrivait jadis, ni de poèmes d’amour liés à son existence personnelle, d’un esprit plutôt fantaisiste et de forme rétro. Ce sont ici des petits poèmes en prose dans un style tout nouveau en ce qui le concerne, d’une inspiration passablement impersonnelle et objective, mais volontiers déconcertante. Le sérieux y côtoie le burlesque, et le lyrisme qui accompagne les actes des personnages présentés ici, est parfois enrobé de réflexions pseudo-philosophiques plutôt anticonformistes.


Publié le : jeudi 7 avril 2016
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EAN13 : 9782334128858
Nombre de pages : 96
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ISBN numérique : 978-2-334-12883-4

 

© Edilivre, 2016

1
Un poème difficile

Le vrai monde est hors du monde : le véritable Univers, c’est le poème ! La Raison n’y rime à rien. On y entraperçoit parfois le mirobolant Là-bas, l’inatteignable Avalon céleste aux fruits délectables : ce sont les galaxies perdues où vivent, s’aiment et s’entretuent des êtres qui nous ressemblent quelque peu mais qui nous sont très supérieurs !

Les vers du bon poème peuvent fort bien sembler heurtés, déplacés, inversés, découpés, brisés, recollés, pratiquement illisibles ! On ne parvient pas à trouver leur souffle, car il y en a plusieurs qui se bousculent et s’entrechoquent constamment. Cet écrit si déconcertant et en dehors de tous les bons usages peut enfreindre à son gré toutes les règles de la grammaire. La suite extravagante de ses mots et des sensations que ceux-ci expriment, n’a rien à voir avec la logique, encore moins avec « le politiquement correct ». Le texte en est déraisonnable au point parfois de ne signifier RIEN, avec des vocables qui n’existent pas ou par trop barbares ! Il propose ses services comme passeur émérite vers la complète démesure ou vers un indicible qui se veut bien audible quoique non compréhensible ! Mais souvent il n’offre, au lecteur déconcerté, de le conduire jusqu’à la Terre Promise que pour mieux lui préparer une chute d’Icare carabinée ! C’est pourquoi le simple consommateur de recueils lyriques se sent trahi peu après qu’il ait refermé le livre inspiré ! En effet il ne retourne alors aux petits bobos ainsi qu’à des douleurs plus réelles de son quotidien… que pour les ressentir encore plus durement : ils lui deviennent encore plus intolérables qu’auparavant ! Il a le sentiment que le perfide chant à la langue fourchue, ne tient pas du tout ses promesses ! En réalité, c’est lui-même, liseur peu courageux et trop ancré dans son train-train, qui est parfaitement incapable de se maintenir plus longtemps à un tel niveau d’élévation ! Avec leurs exigences exorbitantes, les strophes qui ont le plus frappé son imagination, lui ont servi en fait de révélateur : elles lui permettent de bien mesurer la misère, partielle ou complète, de son existence ! La poésie doit changer sa vie sinon le petit bourgeois qu’il est habituellement, ressentira toujours un certain malaise lorsqu’il s’y sera replongé !

2
Une ambiance de stade

Une des clés du possible redressement hennuyer : le petit château sur une place, sur un quai ou sur un rond-point… Le jardin n’est pas très grand contrairement à la piscine. C’est un îlot urbain très illustre. Nous sommes désormais bien loin de l’utopie avec ses intéressants édifices architecturaux en dehors des limites. Julia épluche les yuccas, pourtant elle est restée vivante dans le cœur de tous les Américains. Rappelons une fois encore qu’il ne s’agit pas de remplacer l’humain, puisque le projet s’inscrit dans le cadre du cercle de feu de Tarvos Triganarus. Le cheval qui appartient à la Ville en guise de marchandise d’échange partielle pour près d’une centaine de millions d’euros, danse autour de la charrette appartenant à un armateur suisse basé à Bâle. C’est le lieu d’un spectacle sans cesse renouvelé, car certaines modifications peuvent survenir dans ces rôles. Il est temps que l’on pense à l’intérêt général car on s’est souvent cru au milieu d’un champ de bataille. Le rassemblement s’effectue dans une rue sombre de Charleroi, près du Trocadero. Les hooligans menacent. Pas de panique ! Rassurez-vous : la chanteuse s’exhibe cette fois en gardant son soutien-gorge, et elle n’enlèvera pas non plus sa petite culotte ! Il paraît que tout est annoncé sur le site internet. Une multitude de créateurs vous attend sous les lampions, sans rendez-vous, avec des recettes originales, à consommer sans modération.

Voici donc réunis tous les ingrédients pour faire aimer la perfection des histoires de trolls et de fées ! On serait enfin proche du but, puisque l’habitation du Conseil pourra enfin ouvrir ses portes. Selon certains témoins, les pompiers ont empêché le feu. Dans ce temple de la cucaracha, l’entrepreneur n’a pas effectué les travaux dans les règles de l’art, avec suffisamment d’espace pour que chacun puisse respirer. Mais çà habille magnifiquement le quotidien, mieux qu’une ziggurat à Hécate. Les représentants des collectifs proposent d’élaborer une œuvre magistrale au sommet de cette grande crête. D’après nous, il s’agit d’un bon choix. Enfin, des bruits concernent aussi un prestidigitateur qui sera également présent pour faire rêver un des amis du jeune homme abandonnant son métier de mineur de fond. L’homme, qui n’est plus apparu en public depuis trois semaines, s’apprête à défier le temps qui passe. On ne parle plus que de cela. Et il y aura aussi mes cousines ! Les navetteurs ne rigolent pas, mais une force étrange les unit. Les inscriptions sont ouvertes.

Mais quelques minutes après la proclamation des résultats, cet espoir s’est éteint en même temps que les derniers rêves de Gilgamesh. On ne peut pas encore généraliser les conclusions relatives à ce fait rigoureusement historique. Le dragon de Loki surgit de derrière le rocher !! Il est impossible de repérer tous les fumigènes ! C’est dangereux de braver le mentor qui voulait attirer la couronne sur les rives d’un lac souterrain. Et d’ailleurs çà ne rime à rien ! En Belgique, on avait résolu la question avec un arrêté royal.

C’est au petit trot que ce bel Adonis règle l’addition. Quand on joue derrière un attaquant de ce niveau, l’existence devient un enfer, puisque n’ayant plus aucun confort ! On veut le faire mais on n’y arrive pas. Mais il ne se produit pas toujours de signes avant-coureurs aussi hilarants. Pour rappel, en cas de prescription pour la responsabilité et les dédommagements, le mentor sera convoqué à la Cour d’Assises. Peut-être l’avez-vous remarqué, à cause d’un marais récemment formé, il n’a pas pu franchir le gué de la rivière près de la colline aux bouleaux. Mais il ne pourra pas être taxé deux fois, car il a appris l’infidélité de sa belle. Il a de la chance d’avoir la santé. Il y a eu beaucoup de casse et de dégâts, sans compter les dommages financiers connexes pour un coût relativement important, selon que l’assurance est souscrite par un homme ou par une femme.

C’est à présent chose faite. En marge de cette adaptation pour récupérer un homme trop franc, on danse, dans la neige et le froid, la polka du travail, déjà évocatrice du froid, à côté du conducteur des tracteurs de la ferme. Mais le risque d’une averse sur le bord de mer n’est pas écarté.

3
Un rêve de grands nomades à pieds

On sort à présent des sentiers battus… Ces communes rurales couvertes d’arbres en fleurs n’ont ni gouvernement ni chef. Sur le mont Dindyme, le paysage devient franchement grandiose. Un marécage des deux côtés de la route dans la zone des avalanches ! Nos voyageurs marchent par des campagnes désertes : quelques maigres buissons, quelques baies et quelques champignons, d’immenses fougères élégantes au pied d’arbustes clairsemés, quelques beaux pâturages naturels. Parfois le sol est entièrement couvert de mousse ou de céleri sauvage.

On arrive alors à un petit chemin en pente qui conduit jusqu’à un volcan à sommet plat, sur une assez grande élévation. L’excursion commence bien. D’après les cartes, on n’est pas loin de l’Atintanie. On accède à celle-ci par un layon bordé de buissons épineux au long du fleuve Halyce. Ayant une assez longue route à parcourir, nos courageux piétons font halte dans une auberge de Magnitagorsk, au bord de l’étang de Diane.

Ils s’endorment d’une masse en rêvant aux paysages prodigieux parcourus lors des précédents périples : la caravane vers les pays de la soie à travers les steppes sans fin, le tour complet de la Mer Hyrcanienne, la découverte d’un continent nouveau dans l’immensité du désert et de l’Océan. Ils ont retrouvé les survivants des anciens peuples de l’Atlantide !…

Ils sont debout dès l’aube et leur hôte leur apprend qu’il existe un passage secret pour atteindre la Kakhétie juste au coucher du soleil, si tout se passe bien. Après avoir parcouru environ 10 lieues parmi les touffes de cactus, ils atteignent des cottages entourés de vignes. La végétation y abonde sur un riche terreau noir. Quel contraste avec la laideur de nos villes modernes ! Çà ressemble à un Paradis hors du temps, bâti sur un large promontoire borné par une rangée de montagnes, au large du Cap des Aromates. Les randonneurs éblouis décident de s’attarder quelque temps dans ce charmant pays de la Briantique. C’est somme toute la moindre des choses ! On y passe des vacances au meilleur prix.

Quand le vent frais d’Est s’apaisa, ils reprirent la route, aidés par une brise légère. Quittant la plus fertile des contrées, ils traversent, sans s’y attarder, la terre imaginaire de la fille du roi guanche qui enferme l’or du Phase dans des peaux de bouc. On est aux portes de l’Enfer ! La tempête de neige fait rage. Tout s’estompe dans les ténèbres. Ils sont perdus dans la Fagne. Les gens disent leur morosité… Ils se reposent un peu dans la masure des marais. Soudain les sauvages paraissent : la coutume est alors de faire des présents ! Chacune des mules de l’expédition peut heureusement porter 198 kilos de verroterie et de petits objets en métal.

Parmi ces indigènes insouciants vit un errant dilettante venu du bord du lac Popoo. Autrefois il a parcouru seul le plateau du Deccan ainsi que les mers de la Chine et de l’Inde et la terre de Knud-Rassmussen, là où les glaciers et la banquise arctique fondent. Il a aussi séjourné en ermite, pendant plusieurs années, sur une île entièrement couverte de moutons. Finalement c’est ici qu’il a trouvé sa tribu à lui et il a décidé de ne plus en bouger !

A présent le brouillard s’est un peu dissipé. On se trouve dans un district où il y a peu de sources mais où pousse une rhubarbe gigantesque. La petite horde se dirige vers le Grand Nord. Le lit du torrent s’élargit à l’entrée d’une immense forêt où les fourmilières pullulent. Affaiblis par les fatigues et les privations, sans rien à boire ni à manger, ils se nourrissent uniquement de lichens tout jeunes encore, comme des bêtes sauvages ! C’est pire que Port-Famine ! Ils cherchent des endroits de refuge dans des cavernes ou des huttes abandonnées par les autochtones. Comme tous les consommateurs du globe, ils savent pourtant que la Terre n’est plus qu’un tout petit village beaucoup trop surpeuplé… D’ailleurs ils croisent des matelots errant dans les bois. Descendus au fond de ravins profonds, ils aperçoivent au loin une équipe de l’association des géologues amateurs grimpant sur la paroi d’un rocher entre les arbres rabougris. Après s’être déplacés seulement à quelques kilomètres de là, ils s’engagent dans un labyrinthe de montagnes. Des falaises tombant à pic invitent à découvrir de nouvelles sensations. Au sommet de la sierra, les différentes tribus se font la guerre. Rien ne va plus pour nos explorateurs ! Plutôt que de risquer l’ascension du péno volcanique, ils décident à l’unanimité d’abandonner l’aventure en montant tout de suite dans une auto de couleur blanche. Cette expérience n’a pas été une franche réussite ! Il n’y a même aucun habitant qui apparaisse pour les réconforter un peu par un signe d’adieu ; on entend seulement quantité de mouettes ! Après une journée de repos sur une grève de sable auprès d’une charmante petite baie, ils se retrouvent dans des conditions idéales pour rentrer chez eux. Çà peut arriver à n’importe qui d’être déçu par un long voyage, pourtant tumultueux !

A cause des problèmes techniques rencontrés par le train suite à la violence croissante du vent et des fortes précipitations, ils choisissent de prendre l’avion, heureusement un des meilleurs du monde ! C’est dans ces circonstances délicates que leur scribe rédige le récit de l’expédition, dans un style audacieux qui défie la banalité,… et à contre-courant ! C’est de bon augure pour la suite des opérations. De retour en Belgique, de vieux maux se réveillent en eux. Dans une région qui est partout à proximité des autoroutes, ils ne songent déjà plus qu’à l’assainissement des centres urbains !

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