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Calabar

De
71 pages
J'ai longtemps rêvé de toi Cala! / J'ai longtemps rêvé de ta justice / Comme des sagesses ancestrales / Comme des tendresses angéliques / En ce magnifique jour de nos prouesses/ En ce jeudi saint de nos promesses / Nous livrons aux peuples belliqueux / La leçon qui leur manque en temps / D'épreuve / Ce matin, chez toi comme chez moi / Le verbe a vaincu sans façon / Les cruels obus souvent soufflés / Sans remords sur ma semence / L'horrible char souvent lancé / Sans regret sur mon sentier
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PREFACE
Dès les premiers poèmes de ce recueil, tout lecteur curieux peut s’apercevoir que l’auteur se donne les attributs de fondateur de l’univers. Aussi s’adresse-t-il aux êtres qui le peuplent comme s’ils étaient ses propres créatures. Sa vaste connaissance desdits êtres, des espaces qu’ils occupent, et les vers prophétiques rencontrés ici et là le placent d’emblée dans la lignée des poètes démiurges et humanistes. Avec lui, la poésie comme langage des dieux, conserve alors tout son sens.
Ce sens, c’est celui qu’il veut donner à la vie, présentée dans de nombreuses circonstances comme absurde et tragique.Ces circonstances, ce sont notamment les guerres et les autres formes de violence sauvage qui écrasent l’homme, le traumatisent et le ruinent ; c’est aussi le drame des déshérités, les incertitudes et abus de la modernité, la dépravation des mœurs, la corruption, les catastrophes, l’égocentrisme, l’insécurité sociale.Beau-coup de ses poèmes relèvent le contraste entre l’idéal de paix et de bien-être qu’il nourrit, et la réalité ambiante. Presque tragique dans les poèmes « Ma terre peine », « J’irai àBeyrouth », « PauvreD« Sombrearfour », gloire », « Sales temps dans l’espace », cette réalité traduit, en général, le caractère nocif et téméraire de l’action de l’homme sur lui-même et sur l’environnement.
E» etla bonne graine n utilisant l’image biblique de « de « l’ivraie », le poète s’emploie à montrer comment la confrontation entre le mal et le bien est pérenne.Ce qui semble le plus l’exaspérer dans ce duel, est que le bonheur de l’homme, vivement souhaité, se trouve compromis.Certes, ce bonheur ne saurait être total dans
un monde rempli detantde paradoxes etde pesanteurs, mais André MVOGO MBIDA a la ferme conviction que les hommes ontla capacité de le conquérir pour eux-mêmes etpour leurs semblables ; ce qui empêcherait lescalade dumal observé àtravers le monde. Letitre Semencesdonné à son livre savère à ceteffetapproprié. Les graines qu’il sème pour baliser les chemins du bonheur sontcelles damour, de paix, duprogrès, de léquité etde la créativité. Doùla forte dimension mathésique de sa poésie.
Pour montrer à quel pointcette poésie nestpas pessimiste, il consacreune portion importante de ses textes auxbonnesœuvres. Cestsans douteun prétexte pour saluer la solidarité etla convivialité,très manifestes dans les poèmes « Totale gratitude », « Le veil christiqu« Lie », vres despoir », « Mfandena », « Kokodo », « Ma chère colombe », « Semences audacieuses »
Je suis heureuxde constater que le style de cetauteur, lauréaten2005 duGrand PrixLittéraire duPrésidentde la République etmédaillé dor duConcours International de poésie en France en2006, estresté captivant, séduisant. Toujoursuniversaliste, il donne auxmotsune valeurtellementalchimiste qu’on a limpression que les changements souhaités pour lhumanité sont toutde suite obtenus. Les nombreuses métaphores, anaphores, synecdoquesajoutées auxcalembours età lavariété destonsutilisés montrentavec quelle aisance il manie la langue française. Il ne seraitpas exagéré de le ranger parmi les meilleurs poètes dumonde contemporain.
Pr.Simplice AMBIANA UNIVERSITE DE YAOUNDÉ I
Ma Terre peine
J’ai laissé pousser sur ma Terre Malgré le risque malgré les rixes La bonne graine et l’ivraie toujours Rivales toujours tenaces J’ai laissé pousser sur ces terres Soufflées par mon verbe fondateur L’ivraie aux desseins égoïstes Souvent réfractaires aux desseins de lustre Souvent hostiles aux saveurs du beau
Je l’ai fait sans détour et sans humour Croyant donner à mes saines lumières Le temps nécessaire pour séduire l’ivraie Croyant donner à la pauvre ivraie le temps Nécessaire pour scruter mes voies
Malgré les synagogues les basiliques Les mosquées les cathédrales aux couleurs D’amour aux odeurs de louange Les maux de maCréation m’irritent Elle qui sans cesse implore mes grâces
Malgré les autoroutes les buildings Soigneusement érigés en mon nom Malgré les offrandes dans les temples Les maux de maCréation chagrinent Elle qui réclame chaque jour ma justice Que les cœurs d’abîme piétinent Elle qui désire à chaque heure la pitance Que les rapaces confisquent Malgré mon nom souvent scandé