Calembredaines

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Le recueil de poèmes composé par Lagonzalaise et illustré par Elmaik Halaiz se joue des références avec une délicieuse irrévérence. Dans ses histoires à dormir debout, il égrène les jeux de mots pour chanter les beautés de la nature, de la faune et de la flore. Les animaux familiers de l'univers des fables sont les protagonistes de ces drôles de contes : un chat lent sur un chaland, un crapaud mexicain qui cherche l'amour, une oie qui se prend pour un chien, un chat psychopathe, un rat qui voudrait danser, sans oublier le malin renard. D'autres le sont moins, comme le pou qui se repose à l'ombre d'un clou, ou la famille de tiques. Le poète a su préserver son âme d'enfant et son imaginaire débordant pour y puiser gaîté, tempêtes, pirates, pêcheurs de moules en mer du Nord et autres situations absurdes. La forme des textes rappelle parfois celle des chansons, ce qui laisse imaginer que si elles étaient mises en musique, ces historiettes feraient de bien jolies rengaines.


Publié le : jeudi 7 avril 2016
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EAN13 : 9782334086363
Nombre de pages : 106
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ISBN numérique : 978-2-334-08634-9

 

© Edilivre, 2016

Dédicace

 

 

À Jacquie,

Ma plus belle rencontre.

 

Image 1

À l’ombre d’un clou

À l’ombre d’un clou

Reposait un pou.

La course effrénée

Qu’il avait tentée

Le mit en sueur.

Voilà son labeur.

Il filait bon train

Son déjeuner.

Car le cher gamin,

N’est pas resté.

Le pou criait « hou,

Mon genou hou, hou ».

Survient l’étranger,

Fatigué d’errer,

Reconnut sa sœur,

Dans ces tristes pleurs.

Son permis caduc,

L’a renvoyé.

De la cour des ducs,

Il a migré.

« Où es-tu Gisèle ?

Bats plus fort des ailes ! »

Criait l’étranger,

Autant qu’hululer.

Car ce voyageur

Était beau parleur.

Voici une harangue,

Hou, hou, hou, hou !

Qu’il dit dans sa langue,

Hou, hou, hou, hou !

De l’ombre du clou,

Le noble hibou

Vit se prolonger

Disproportionné,

Le membre inégal

Du pou qui a mal.

N’ayant point ses verres,

Fonce l’oiseau

Qui entend un frère.

C’est du pipeau !

Avec belle grâce

Chute le rapace.

Il vient se poser

À deux doigts, trois pieds,

Du sinistre insecte,

Dont la plaie s’infecte.

« Qu’as-tu donc ma belle,

À pleurnicher

Cachée sous l’ombrelle

D’un clou rouillé ?

Tu n’es pas Gisèle,

Dont j’ouïs l’appel.

J’entends hululer,

L’as-tu ingérée ? »

Voilà d’un bon coup

Piétiné le pou !

Moralité : À faire « hou, hou, hou »,

On attire le hibou.

Que ne suis-je…

Un renard dépenaillé

Observait un poulailler.

Oh ! La belle construction,

Avec ses tours et balcons

Disposés sur sept étages ;

L’éclat fait son apanage.

« J’eus aimé être Horta,

Qui dans l’art nouveau œuvra.

Ou même, Le Corbusier

Ayant créé l’unité.

Quant au surprenant Gaudí,

L’organique est applaudi. »

Le sommet du bâtiment

Révèle ses agréments,

Quelques charmantes poulettes

Piaillent le cœur en goguette.

Elles ne manquent pas d’air

Dans leurs tenues si légères,

Offrant au soleil un corps

Nu, sans honte ni remord.

« Que ne suis-je le Bernin

Taillant le marbre au burin.

Ou bien le grand Cellini

Donnant au bronze la vie.

Pourquoi pas même Rodin

Moulant de mes propres mains,

Un équilibre entre corps,

Émotion et perfection. »

Elles papotent, les galantes,

Rient et propagent leurs fientes.

Le renard est aspergé

De sobriquets gratinés.

Du bec, elles piquent et frappent,

Le voilà mis à la trappe.

« Que ne puis-je de la bouche,

Tel Cyrano faire mouche.

Semblable à Solomon Kane

Fait de passion et de haine.

Ou, à l’égal de Queneau,

La fantaisie dans le mot. »

Bien qu’il soit dépenaillé,

Un renard reste rusé.

Il se rend aussi charmant

Qu’il peut être attrayant.

Il glapit : « Belles coquettes,

À vous voir, j’en perds la tête.

Je ne suis qu’un triste sire,

Prêt à tout pour vous servir ».

D’une belle sérénade,

Toutes choient dans la panade.

Avec de longs trémolos,

Il se change en Caruso,

Ou en Pavarotti et

D’une simple mélodie,

Vous fait sortir un poussin

De sa coquille, quel malin !

Pensant qu’un homme de main

A sa place dans leur jardin,

Les petites écervelées

Ouvrent la porte au rusé.

L’animal se fait servile,

Essentiel et imbécile.

« On dit dans les magazines :

La mode est au teint farine.

Un peu de sel dans la vie,

C’est du piment garanti.

Pour être aux petits oignons,

Marinez dans ce bouillon. »

Il a l’âme d’un artiste,

Enfin, il sent qu’il existe,

Et en grand chef, il excelle

Dans la cuisson des donzelles.

Le bouillon

La jeune demoiselle,

Qui vivait en Moselle,

Adorait les lardons

Et les petits croûtons.

Noyés dans le bouillon,

Surnageant

Un instant,

Clapotant

Puis, coulant.

Munie d’une cuillère,

Le petit doigt en l’air,

La pimbêche

Se pourlèche,

Se dépêche,

Et repêche

Les délicieux lardons,

Ainsi que les croûtons

Noyés dans le bouillon.

Plaisir d’une donzelle,

Qui vivait en Moselle.

 

Image 2

Calembredaine

Cela fait une éternité qu’elle traîne ses guêtres.

De longues guêtres remontées jusqu’aux aisselles.

Car elle n’est que jambes, bras et tête,

N’ayant nul besoin de plus.

Ses jambes la portent...

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