//img.uscri.be/pth/4f042b2f2e2aedcfc36fa1e1952aa0b4fa00a0f0
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Chants pour choralie

De
110 pages
Pour lui poète, la polyphonie vocale et instrumentale, humaine, animale, végétale et minérale contribue par son éclosion au développement de ce mouvement général de la choralie de l'univers. Et le chant choral devient donc un moyen sûr d'unification des hommes, de leur libération et de la paix à conquérir.
Voir plus Voir moins

CHANTS POUR CHORALIE

Poésie

@

L'Harmattan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Italia s.r.1. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-5266-7

SEBASTIEN MA TINGOU

CHANTS POUR CHORALIE
Poésie

Préfacede
MBUY AMBA LUPWISHI

Postface de
PIERRE ROMAPHEO

L'Harmattan

DU MEME AUTEUR

.

Mélodie d'une flûte (poésie) Editions Littéraires Congolaises Brazzaville, 1979

.

Chants du Nord-de-l'été (poésie)

.

Visa pour l'Empire de Mukelembembe (roman) - en préparation -

.

Chœurs du Congo (essai)
~

à paraître -

DEDICACE Je dédie ce recueil à mes parents bien-aimés MBILA NGOMA, et MINIMBOU NSEDIZI, Mes premiers initiateurs à l'art du chant; à mes frères et sœurs affectionnés, co-chanteurs sous le toit familial; à DIAMONEIZA dia MABOUNDOU mon épouse et ma duettiste de la vie; à mes ftIs et mes filles, ces loriots et mésanges chéris; à mon parrain Enric ARVIDSSON, à mes respectés maîtres de la poésie susurrée, chantée ou écrite, de quelque manière;
à tous ceux qui, dans l'ombre, ou sous le soleil, fredonnent ou entonnent littéralement des mélodies, afin que le chant s'érige, de façon cardinale, en un nouvel archétype quotidiennement espéré, et fondamentalement fécondant, pour une coexistence plus harmonieuse des êtres, des choses et des innomés, sur cette Terre des Hommes et de Dieu, la plus belle des planètes!

L'AUTEUR

PREFACE
« Le Poète est, non seulement le gardien de l'ordre indestructible, mais encore, le législateur et le fondateur de la cité. »
(R. TSCHUMI)

Peut-on, impunément, écrire une préface à un recueil de poèmes, et avoir la satisfaction d'accomplir une œuvre utile? Prétextant le refus fait à l'auteur d'être en dehors de sa création, on serait sans doute tenté d'apaiser sa conscience en inscrivant une analyse critique de ce que celui-ci a voulu faire IDmme si, frappé par une sorte d'aveuglément fatal, il ne pouvait exister que par exclusion.
Or, précisément, l'avènement poétique n'est pas autre chose qu'un moment d'accomplissement du rite, du mystère de la vie spirituelle, faisant de l'œuvre littéraire, finalement, une trace, un repère d'une expérience intérieure profonde. Aussi, l'auteur ne peut-il dissocier les qualités artistiques des richesses spirituelles de son labeur, l'acte créateur dans son unicité le faisant, en définitive, passer imperceptiblement, de la perfection technique à la cohérence spirituelle.

Ainsi, la vaste culture qui nourrit l'inspiration des Chants pour choralie de Sébastien MATINGOU, culture classique d'Occident, culture classique de l'Afrique profonde, celle de son aïeule qui « fut poétesse et qui composa avant Sapho» se trouve-t-elle être ce révélateur anthropologique dont parle Maritain admirablement servi par «l'aïeul qui pria l'incréé, Nzambi Mpungu », réconciliant Marx et le Christ, déjà.
C'est dans cette ambiance et d'un serein ton que, d'emblée, le poète vous promène sur sa route, une route semée d'embûches quelques fois, mais une route de bonheur à toute épreuve: bonheur de l'enfance, de la jeunesse, et bonheur du pédagogue responsable, du prédicateur; bonheur de la chaude intimité familiale au milieu des compars et convives à la table du festin, à la table du partage; bonheur du créateur jeté entre le ciel et la terre, décidé à violer les tabous, à briser les carcans des traditions et, armé de « triades et d'épodes du jour à bâtir avec des murs d'antistrophes la nouvelle cité à parer du lyrisme choral» C'est toute la justification titre. de l'œuvre et de son

Chants pour choralie apparaît ainsi comme un hymne à l'art, à l'art du verbe, à l'art du verbe chanté en chœur.
Chant célébré dans son rôle et sa place, depuis les origines. Chant né de l'amour des hommes, chant

10

qui rassemble, éduque et console. Mais, à certaines conditions. Le poète revendique, pour ce chant, l'authenticité et préconise, à cet effet, la révision des lois de l'esthétique. Il invite les « respectés maîtres» de l'art, à souffrir l'apport des jeunes cultures: « d'agréables et buccales fontaines », défiant au besoin, des canons «classiques»: modulations de tête,
vocalises, pulsations pulmonaires

...

A l'authenticité, dans l'interprétation, viendrait s'ajouter une authenticité, dans la composition. Ainsi, pourraient être recommandées l'intégration et la prise en compte des « rythmes des somptueux ntumpu », les battements des mains, la participation de l'auditoire, la partie de danse. Ainsi, également, aux instruments nouveaux, viendraient se joindre, les instruments anciens: «la flûte devineresse» et la« guitare hawaïenne », le« tamtam », la « cora », la « mandora amora ». Mais, la perfection technique, même dans sa recherche d'intégration du naturel, du fondamental, vise-t-elle autre chose que l'épanouissement de l'être, de l'homme? Aussi, l'auteur trouve-t-il, dans l'intimité familiale, un lieu idéal pour un chœur qui conforte, réconforte et comble; un chœur de filles comblant le vide masculin laissé par des frères partis, aux études, au loin, un chœur de sublimes et chaudes voix des anges, de « mésanges» comblant l'être pensif du père.

Il

Mais c'est avec l'innommable, son duettiste, le poète, artiste parfait atteint, dans des accents inégalés, les hauteurs des cimes.

que

Cependant, cet amour du ciel et de la terre, ce duo sur l'autel de la circonstance, le poète le voit, non dans un refuge égoïste d'une autosatisfaction néfaste, mais plutôt, dans l'équilibre que procurent la maternité et la sagesse, dans le partage avec les archétypes, partage avec les poètes, les confrères du Congo, son cher Congo, de la mère Afrique et d'ailleurs, partage enfm, avec tous les humains nos frères, les faibles, les opprimés, mais également, ces exécutants des «cantates sans cantiques », ce joueur de sanza «aux pieds des canons chargés d'impatience », sans voix au chapitre, visages anonymes, peuples éteints. Ainsi, du fond du cœur, comme du fond des âges, l'amour se répand, se communique et embrasse l'univers pour le faire vibrer à l'unisson, dans un hymne de l'espérance; un «choral aux voix disponibles - multiples - et sans - frontières ». Autant, le poète est enraciné dans sa tendre enfance, dans son sol nourricier; autant, il reste tendu par le désir du renouveau, vers un nouveau matin.

Aussi, son cri, son appel est-il une invitation, certes, à une re-création de formes et de styles neufs, mais aussi, au sortir des angoisses et des épreuves, à

12

prendre sa revanche sur le démon de la mort, non dans le royaume de l'Erèbe où se traînent nos fantômes vacillants, mais dans l'éclat de l'Olympe où les dieux qui nous ressemblent vivent le rêve des mortels. Mais, voici le médiateur, l'artiste. Sa quête est une recherche, moins d'exprimer le réel, que de se l'exprimer, de l'interpréter. Du coup, son œuvre apparaît comme une étoile qui guide et, c'est à cet aulne que sera appréciée sa perfection.
Non qu'il soit une sorte de moraliste ou de philosophe forcément raté mais, en témoin d'une expérience qu'il propose. Mais, cet artiste est toujours un peu artisan, un artisan bête, puisque prenant souvent ses idées, ses rêves, ses hallucinations quelques fois pour des réalités, il s'inscrit dans un combat d'avant-garde généralement incompris sinon mis au rancart, promenant l'image d'un marginal, d'un «homme vulgaire », un fou. Qu'on ne s'y méprenne pas! C'est un «fou de Dieu» ! Le musicien populaire et vulgaire, n'est-il pas cet «homme-orchestre naviguant, chaque jour, aux larges de l'éternité» ? Car, l'art ne ment pas. Sa vérité se détache du temps. Et, dès qu'il cède à la récupération idéologique ou politique, il se corrompt. En réalité, c'est dans ses apparences, dans ses manifestations qu'il est affecté; en lui-même, l'art transcende la contingence et plonge ses racines dans ce souffle de l'esprit qui plane sur les eaux comme au haut du ftrmament et, elle est vaine, toute tentative de l'apprivoiser. Il s'échappera. Protée,

13