Chemins naissants

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La poésie de Patrick Raveau nous étreint (sans nous contraindre), nous enserre (sans nous asphyxier). Avec nous elle s'enlace, dans une danse où vie et mort sont une même existence, dont le souffle des mots sait arracher les voiles. C'est à une mise à nu à laquelle on assiste : le verbe se dévêt ; la souffrance se dénude ; l'intimité se déshabille ; la densité des sens se découvre devant nous. Si le poète est un vagabond à la recherche de sentes, c'est avant tout un porteur de flamme et de symboles. Daniel Leduc
Publié le : vendredi 1 juin 2007
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EAN13 : 9782296174559
Nombre de pages : 90
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CHEMINS NAISSANTS

Poètes des Cinq Continents En hommage à Geneviève Clancy qui l'a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan
La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d'ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an.

Déjà parus

442 - Serge VENTURINI, Eclats d'une poétique du devenir
posthumain -/ivre ll- (2000-2007), 2007. 441-Dan VIMARD, Les voyages enveloppés d'orages, 2007. 440 - Hoda ADIB, Zingobi, 2007. 439 - Widad AMRA, Regards d'errance. Drive poétique, 2007.

438 - Carla GAVIOLl, Feu Air Terre Eau (poésie bilingue), 2007.
437 - Sophie KHAN, Les Voix de la baleine, 2007. 436 - Didier THURIOS, Échappée (poèmes nomades), 2007. 435 -Miguel PADEIRO, Le dérèglement des plages, 2007. 434 - Patrick NAVAr, L'Écho des dits, 2006. 433 - Philippe GUÉNIN, Temps, 2006. 432 - Philippe TANCELIN, Sur le front du jour, 2006. 431- Caroline BARBIER-BELTZ, Poèmes et siam, 2006. 430 - Yves UNTEL-PASTEL, L'humeur des cannes, 2006. 429 _ Blanca CASTELL6N, Mentor de l'esprit, 2006. 428 - Patrick BERTA FORGAS, L'ordre des métamorphoses, 2006. 427 - SAYAT-NOVA, Odes arméniennes, édition bilingue, Traductions et notes Elisabeth Mouradian et Serge Venturini, 2006. 426 - Frantz MYNARD, Fantasia, 2006. 425 - Youssef HADDAD, Au deçà de là, 2006. 424 - Paul Henri LERSEN, Maât. L'oeil noir des mots, 2006.

Patrick RA VEAU

CHEMINS NAISSANTS
Poèmes

Préface de Daniel Leduc

L'Harmattan

Du même auteur

Ciel Ouvert. Editions" La vague à l'âme. " 1991
D'encre bhnche. Prix Sépia. 1991 Préface de Paule.

D'Avant h fracture.Editions "La Bartavelle". 1994 Préface de Laurent Desvoux.
Second versant de la lumière. Prix Georges Perros 1995 Préface de Serge Brindeau. Paroles en cepqys muet: Editions L'Harmattan. Préface de Daniel Leduc. Dans h brûlure desjours. Editions L'Harmattan Préface de Laurent Desvoux.

@ L'HARMATTAN, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

http://www.librairiehannattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-03419-8 EAN:9782296034198

Bien peu de lunes a fait ce bouquet de paupières et qui n'est cette cendre et ce monde effacé quand sespoings de dormeurportent toute la terre où l'amour ni la nuit n'ont jamais commencé La connaissance du soir J oë Bousquet,

or Pâle, jour

brumes

de paroles

dans le froid

et icône qui noircissent peu à peu

les doigts au bord d'un savoir insoumis-

Lorand Gaspar, Patmos

PREFACE
«Moi, l'aliéné lefou / qui n'ai pas su aimer l'amour / commej'aime la pierre muette / sous l'eau vive» : c'est par ces premiers vers que s'ouvre perte, la méditation de l'absence de Patrick Raveau sur les thèmes et de la résilience. La séparation de la d'avec

l'être aimé se voit proclamée

par la déchirure

du langage. Le

lyrisme prend pétrie

ici une forme sanguine, douloureusement et de brûlures. Questionnement sur

de doutes

l'inachevé, cette rupture qui, d'un chemin naissant, fait un précipice. Perdre quelqu'un signifie donc se perdre soi-même, dans le lacis des jours restants. Car, comment supporter l'absence ? Comment

supporter ce qui n'a pas de poids, ce qui n'est plus? Le vide est plein
mémoire:

de mots
«fantômes

bruissants

qui bouillonnent

dans la

/

aux yeux defemmes,

/

spectres d'enfants

/

corps magnifiés par la brûlure

/

réminiscences de lointaines

/

effusions

de la chair et de l'esprit / fossiles d'argile et d'ocre. » Dans

ce « grand

théâtre du réel» entrent en collision passé, présent, futur,
comme s'il s'agissait d'un même temps conjugué aux mêmes sensations de fuites, vers quoi? Vers quelle dépossession? La poésie de Patrick Raveau nous étreint (sans nous contraindre), nous enserre (sans nous asphyxier). Avec nous elle s'enlace, dans une danse où vie et mort sont une même
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existence,

dont le souffle

des mots

sait arracher

les voiles.

C'est à une mise à nu à laquelle on assiste: le verbe se dévêt;

la souffrance se dénude; l'intimité se déshabille; la densité
des sens se découvre Si le poète devant nous. à la recherche de sentes, Le feu

est un vagabond

c'est avant tout un porteur couve

de flamme et de symboles.

entre les lignes, (( il brûle encore tendrement les fluilles

/

Otjèvre minutieux

/

patient, et les couvre de l'or du temps », « leflu

d'airain / sur nos mers antiques». Feu de la passion;

feu qui

annihile pour que la vie renaisse de la poussière; feu, comme on parlerait d'un être qui a vécu, dont les cendres reposent en paix, tandis que le souvenir est en guerre dans la mémoire. Feu de tout bois, la poésie rayonne; elle irradie là même où
l'ombre
frappent

est épaisse,
en pleine cible

tramée

de mystère.
criblée

Feu!

Les mots

-

lecture

de traces.

Il n'est jamais anodin d'ouvrir un livre: on peut en sortir trembloté. Celui de Patrick Raveau frissonne, il dit ce qu'il y a de couches profondes en l'être; sédiment après sédiment, il met au jour des parchemins enfouis; il creuse... Après la perte et l'absence, s'impose la résilience. « Il nous
faudra renaître

I

ailleurs

I

qu'entre nos seins rapprochés.

I

Être leflu,

I L'incandescence I
là encore se
« L'univers

et la cendre I tout ensemble» : le feu, la cendre, pour formuler une espérance.

rejoignent

qu'une alchimie mystérieuse

I

tient posé contre tes lèvres est

I

ton chemin

I passeur

il tefaudra partir

I

qffronter

l'étoile.

»

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Cet être qui a suscité tant d'espoir, de désespoir, de pleins et de vides, ne serait-ce pas soi-même se reflétant dans le regard de l'autre? Ne cherche-t-on pas ce qui nous manque, incomplétude que nous projetons sU! autrui ? Si le mot poésie est un terme, c'est un terme sans fin. Dès qu'il s'offre, le présent est là, avec sa cohorte de

souvenirs. Avec sa hotte, aussi, d'où émanent les lendemains balbutiants. Daniel. LEDUC

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