Ciel à perdre

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Les poèmes d’amour sont des entreprises à risques. Beaucoup s’y essayent et s’y cassent les reins. Ceux de ce recueil, directement écrits en français par un poète bulgare, connu dans son pays et femme de surcroît, ont une puissance d’expression et une sensibilité qui évitent tous les pièges de ce genre de textes : pathos, sentimentalisme, mièvrerie. Par un jeu d’images inattendues, l’auteur renouvelle, avec beaucoup de pudeur dans l’émotion, le thème de l’amour. On passe lentement de l’embrasement amoureux à la détresse, de la fusion à la distance, de l’attente à la joie de retrouvailles. L’auteur redonne au vers libre sa jeunesse et sa plénitude. Ce faisant, elle rend un bel hommage à la langue française.
Prix Apollinaire 2014
Publié le : mercredi 4 juin 2014
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EAN13 : 9782072541964
Nombre de pages : 112
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c i e l à p e r d r e
A K S ï N ï A M ï H AY  O VA
C ï E  À P E R D R E
 o è m é s
G A   ï M A R D
© Éditions Gallimard, 2014.
A Cï NQUï ÈME S Aï S ON
C’taît açîé avant. Pîs dans les ilets de la pluîe dans le cordage des rues înconnues nos corps se lîbéraîent de leurs peurs renîaîent l’oublî et devenaîent îmmortels.
C’étaît facîle même après : après avoîr partagé la pomme, le verre de vodka, le fado, la dernîère cîgarette et les coups du clocher au petît matîn.
Puîs la pluîe a cessé. Il arrîve toujours un moment où la pluîe s’arrête car le nouveau Noé n’est pas encore né, car nous n’avons pas encore construît notre bateau.
Alors, les araîgnées ont commencé à tîsser leurs toîles dans le noyer au fond du jardîn, sî ines, sî coniantes au coucher du soleîl, qu’elles ne pouvaîent pas résîster
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au aéau é més énsés qu’î taît îmossîbé é atagé avéç toî :
nos poèmes sont des pièges pour le vent*.
Maîs çommént ouaîsjé attaé é vént quî s’énonçé â tavés és hébés oés, oussés éu aès a moîtî é ma vîé ? é vént quî sé gîssé çommé uné aux én ayant é séntîé, où a totué é més sîs însatîabés tané sa çaçassé.
Jé asséaî sous sîénçé qué tu és a aqué vétbaé su é toît é ma maîson é totué, qué é téms assé vîté ét és mînutés s’aongént çommé un îmançhé uvîéux é novémbé ans çés atîtués où tu n’és as.
Qué a aqué étît â étît sé çoé ét é vént sîLé aéssous, sé auIé énté mon os nu ét é toît é ma maîson, ét é oî s’émaé é mon ços.
* « Pîègés ou é vént » (1987), éçuéî é oèmés u oèté îtuanîén Konéîjus Patéîs.
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Jé né té îaî as qué quan éé tombéa énIn, jé éstéaî â jamaîs îmmobîé ét muétté, çouçhé amî és hébés oés quî oussént éuîs és sîèçés su çétté nînsué mauîté.
Jé né saîs mêmé as ouquoî jé té açonté tout çéa : tu né aés as ma angué tu n’és qu’uné uîé ’t gaé, assant a hasa éu aès a moîtî é ma vîé.
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