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Ciel nourricier

De
112 pages
Dans cet ouvrage, nous sommes en présence de deux textes qui produisent le mystère du rythme. L'un est au corps à corps avec la matière de la page dans la découverte lente de la lumière. L'autre monte à travers la charpente comme un aveugle traversé par un chant lucide. Le texte respire l'instant volé à la mélancolie. L'auteur draine le rêve dans son souffle. Tous deux traduisent l'écart et la rencontre entre le murmure et son double ébloui, entre les racines et le ciel réinventé.
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Delphine BackerCiel nourricier
Le paradis est un rêve qui doit être oublié pour qu’il ne se Ciel nourricierréalise pas tel que nous le rêvons mais que nous puissions
l’accueillir tel qu’il est en puissance dans le monde…
Dessins de l’auteur
Dans ce Ciel nourricier de Delphine Backer, nous sommes en
présence de deux textes qui produisent le mystère du rythme.
L’un est au corps à corps avec la matière de la page dans la
découverte lente de la lumière, les mots macérés dans l’obscur
atelier de l’être. L’autre monte à travers la charpente comme
un aveugle traversé par un chant lucide. Le ciel nourricier de
Delphine Backer fait feu du vrai bois pour respirer l’instant
volé à la mélancolie. Parole plus proche de son creuset que
d’une mystique déclarée, l’auteur draine le rêve dans son
souffle, celui qui dresse à l’émerveillement. Au plus proche
de ce corps, la poésie prend le pouvoir. Elle traduit l’écart et
la rencontre entre le murmure et son double ébloui, entre les
racines et le ciel réinventé.
M. Cassir
L’auteur a déjà publié La vie silencieuse (Éd. du Nouvel
Athanor, 1993), Poèmes à Maryline (Éd. du Nouvel
Athanor, 2001), Le mot amen ne se prononce pas (Éd. de
L’Harmattan, 2008) et Les chemins des transhumances
(Éd. du Tripadour, 2012).
Couverture : dessin de l’auteur
N°77
ISBN : 978-2-343-00766-3
12 €
Delphine Backer
Ciel nourricier
Poésie






CIEL NOURRICIER




Levée d’ancre
Collection dirigée par Michel Cassir

Levée d’ancre est une collection privilégiant l’écriture
poétique, créée en 2001 par Gérard Augustin et Michel
Cassir. Elle se propose d’abord de publier, au-delà de la
division des genres, la poésie sous toutes ses formes ; de la
précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le « noyau
de prose » par lequel l’œuvre exprime ce qu’il y a de plus
actuel, dans sa construction d’un sens de la poésie.
Ensuite, multiplier les accès à cette poésie, tant par les
anthologies critiques, les ouvrages collectifs, que par les
échanges entre écrivains et lecteurs, les rencontres entre la
poésie, les différents arts et la vie.

Dernières parutions

76 – Ahmed BEN DHIAB, Lune andalouse. Poèmes et dessins,
2013.
75 – Christian CAVAILLÉ & Alain ROBINET, Isles et passages.
<& Montaigne & Rabelais &>, 2013.
74 – Tristan CASSIR, Pointe rouge, 2012.
73 – Alain Robinet, Je fais résonner le
ROULEAUTOMBEAU-TAMBOUR de mes mots zélés !, 2012.
72 – Jean-Christophe FILIOL, Les Édifices, 2012.
71 – Michel CASSIR, Hors Temazcal, 2012.
70 – Christian CAVAILLÉ, Dévers, 2012.
69 – Alain ROBINET, Alex & G B K suivi de KHORA sont
comme les 2 mises en pièces... ... de qques théâtriques en
poètiques !, 2012.
68 – Kostas NASSIKAS et Démosthène AGRAFIOTIS,
Anthologie de la poésie grecque 1975-2005, 2012.
67 – Gérard AUGUSTIN et Michel CASSIR (sous la dir. de), Les
Prémisses du siècle. Poètes de Levée d’ancre, 2011.
66 – Nanos VALAORITIS, Paramythologies, 2011.
65 – Alain ROBINET, « J’OURNAL », De ces tabloïds cuits aux
soleils d’Hiroshima, & au micro-ondes de
TchernobylFukushima... ...à ces répliques poétiques séismiques !, 2011.
64 – Michel FALEMPIN, La vie littéraire, 2011.
63 – Ahmed BEN DHIAB, Fulgurances, poèmes et dessins,
2010. Delphine Backer






CIEL NOURRICIER





Dessins de l’auteur















































































































LEVÉE D’ANCRE


L’Harmattan Du même auteur


Sous le nom de Nathalie Picard

Aux éditions du nouvel Athanor

La vie silencieuse, 1993 (épuisé).

Poèmes à Maryline, 2001.


Aux éditions de L’Harmattan, collection « levée d’ancre »

Le mot Amen ne se prononce pas, 2008


Aux éditions du Tripadour

Les chemins de transhumance, 2012



































































































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00766-3
EAN : 9782343007663 Toute la force est au noyau

Cher lecteur,
J’avais idée, quand j’ai commencé ce recueil, de faire une dédicace pour
Jean-Pierre, qu’il y ait un lieu pour inscrire son nom, lui qui n’a pas de
tombe. L’écriture, avec son génie propre, toujours bien différent de l’idée
qu’on peut s’en faire en débutant, a fait dériver le nom de Jean-Pierre
de l’exergue au centre, au noyau. ; et ce ne fut pas le moins délicat que
de tourner autour de ce noyau, ni de trouver un équilibre qu’on pourrait
dire atomique ou gravitationnel dans ce qui avait tous les attributs
d’une structure instable et irradiante.

Effacer toutes traces (points, majuscules…) de domination de l’esprit
sur les choses et de flatuosité pour laisser parler les choses à travers les
mots. Le point a l’air de dire : je sais, alors que je ne sais pas, mais
j’ouvre, au moyen du langage.
Enlever toutes marques de force pour être sûre de ne rien forcer et qu’il
n’y ait que la force de la vie à se manifester.
Retrouver à force de simplicité la modestie nécessaire pour être entendue
de l’âme qui est la modestie même.
Comprenez cela : la rareté des mots n’est pas une figure de style ni un
choix esthétique a priori, elle s’est imposée à moi en même temps que le
sens, je l’ai trouvée juste et je l’ai assumée bien plus que je ne l’ai
choisie.
J’ai écrit en retranchant comme un graveur grave. Du texte original il
ne reste que les traits saillants.
Tout ce qui tenait debout sans soutient je l’ai affranchi de ses étais.
Voilà comment une sorte de magie a opéré : j’enlevais un mot, et le sens
devenait plus large, plus vaste, occupait tout l’espace, à tel point que
j’avais l’impression que la page n’était pas vide, mais pleine d’une
présence qui m’apparaissait plus nettement en retranchant tout superflu.
Cela crée une tension.
Je ne connais rien de plus effrayant que cette sensation de risquer de
pouvoir passer au travers du support que l’on crée.
Le processus de morcellement menace de ne pas s’arrêter avant que
chaque parcelle ne disparaisse. Une phrase réduite au mot est encore
5
porteuse de sens. Je ne balbutiais pas, mais je vivais cela comme un
anéantissement possible.
J’ai dessiné là où je ne pouvais plus écrire. Je n’ai pas cherché à
représenter quoi que ce soit. J’ai dessiné des traces. On aurait dit
qu’elles avaient une antériorité sur le langage et une autorité sur lui.
Alors que tout dans le texte menaçait encore d’être réduit à néant,
alors, elles ont imposé leur place, plus irréfutable que les mots, de
vestiges. Elles se sont imposées à moi parce qu’elles étaient sensibles.
Ces dessins ne sont pas des illustrations au sens propre, ils sont des
réponses trouvées à la question de la survie.
Quelque chose se manifestait ici comme la résistance de la vie.

Ce texte, après l’avoir étiré et laissé devenir fin comme une pelure
d’oignon, un tissu, un linceul, je l’ai resserré pour pouvoir le dire, rendu
compact et dense comme une pierre, comme une stèle, remettant points et
majuscules à la place des espaces vides.
Le texte a résisté.

Sur la suggestion de Michel Cassir j’en donne ici les deux versions,
comme deux états de la matière : l’une dense comme un solide, l’autre
étirée comme un gaz.
La fluidité, quant à elle, revient à l’oralité à laquelle je l’espère l’une et
l’autre invitent.

J’ai intercalé entre les deux le poème « aux yeux ouverts de la mort »
sorte d’exergue incarné.


D.B.
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CIEL NOURRICIER





« Si la branche veut fleurir, qu’elle honore ses racines. »
Proverbe burkinabé

« C’est par les fleurs et par les fruits que l’arbre se définit. »
Annick de Souzenelle
Symbolique du corps humain