Conte désertique

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Conte désertique est un conte, autant être clair là-dessus. Mes personnages n'ont rien à voir avec d'autres qui auraient pu exister. Et pourtant... Mon imaginaire je le tire de la réalité. Et je peux dire que oui, j'ai rencontré cette version féminine du Petit Prince. Ce conte est un hymne aux passionnés, pour leur dire qu'ils ne faut pas qu'ils se découragent. L'imagination sera toujours notre pouvoir.
Publié le : samedi 9 juin 2001
Lecture(s) : 79
EAN13 : 9782748110722
Nombre de pages : 135
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Conte désertique
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748110730 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748110722 (pour le livre imprimé)
Aude Bach
Conte désertique
CONTE
" Dieu conduit les âmes saintes dans le désert ou dans la solitude pour leur parler au coeur. " (Osée II, 14).
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Pour ma Soeur Viviane.
I
TSe maout commençait pourtant bien. rier n’était après tout pas si terrible que ça et les amis étaient heureux de les voir si heureux. Mais lorsqu’ils parlèrent d’un voyage de noce depuis la Mer du Nord jusqu’au Cameroun, certains com mencèrent à prendre les choses très au sérieux. Ils voulaient tous les accompagner, faire le voyage de noce ensemble, car ils ne pouvaient en aucun cas se quitter comme ça, c’eût été trop bête, après tout ce qu’ils avaient vécu au bord de cette falaise celtique. Relier le pays de l’Homme à celui de la Femme les enthousiasmait, au point qu’ils oubliaient le Grand Désert et ses menaces. L’avenir ne pouvait rien réserver de terrible à des coeurs purs et naïfs comme eux, ils en étaient tellement convaincus. Comment la Mort ellemême ne se seraitelle pas laissée char mer par les chants des guitares, des flûtes et des binious qui montaient droit dans la fumée du feu ? Aucun doute qu’elle aurait posé doucement sa faux et serait venue s’asseoir sur la pointe des pieds. Ils ne voulaient aucun mal au Grand Désert, et se sentaient parents avec les Touaregs, Toubous, Mozabites, Regueibats, Chaambis, qui ne manqueraient pas de reconnaître en eux la marque du nomadisme, même si leur Sahara se limitait à la côte bretonne. Keris tenvet, PoularMarquis, Kergabet, Tamenghest, Djanet, ils ne faisaient pas la différence. La musique
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berbère et la musique celtique n’étaientelles pas d’étranges cousines ? Ils partaient confiants.
Des camions colorés comme ceux d’un cirque de bohémiens quittèrent Quimper pour prendre la route de l’Est le 1er mai 1969. Ils atteignirent Hambourg quelques jours plus tard, embarquèrent quelques amis d’enfance rencontrés en chemin et traversèrent la Méditerranée sur un paquebot dans les premiers jours de juin. Ils débarquèrent à Alger avec l’été.
On perdit définitivement leur trace aux portes du Sahara, où ils furent aperçus la dernière fois par un groupe de touristes accompagnant une caravane Touareg apprivoisée.
Des témoins venus du Sud racontèrent par la suite qu’ils avaient vu les camions disparaître dans un vent de sable. D’autres venus du Nord parlèrent de convoi fantôme flottant dans les cieux de leurs hallu cinations. Mais étaientils bien témoins, rien n’était moins sûr. Cependant, les huit camions s’étaient bel et bien évaporés sous le soleil Saharien. Le vent était tombé. Dorénavant il n’y aurait plus que le silence. Et puis le mystère.
On retrouva le corps d’un homme mort de soif à deux pas d’un puits qu’il avait dû chercher en vain. C’était la seule piste, la seule trace de leur passage. Tout ce qu’on pouvait en dire c’est qu’il était blessé, comme s’il était tombé d’un camion. On ne compre nait pas ce qui avait pu le pousser à sauter du camion ni pourquoi le conducteur ne s’était alors pas arrêté. Cela ajoutait à l’énigme. Qu’étaientils venus faire dans le Tanezrouft, le désert du désert ? Un lieu que
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même les nomades trouvaient inhospitalier. Nul ha bitant sur des centaines de milliers de kilomètres car rés.
Les militants gauchistes accusaient " l’Armée " des EtatsUnis de toute évidence d’avoir fait dispa raître des témoins gênants. Certains n’excluaient pas des expériences horribles et scientifiques. Les Services Secrets français laissaient entendre à la presse que les Services Secrets de RDA pouvaient y être pour quelque chose, mais ils ne pouvaient pas en dire plus, ce qui permettait de laisser planer le doute quant à leurs compétences. Ils avaient appris que dans la caravane disparue se trouvait un ressortissant d’Allemagne du Nord sur lequel ils n’avaient rien appris, ce qui en disait long et permettait de tout supposer. Donc de tout écrire. Des gourous parlaient de la Communauté Idéale que les frères avaient trouvée. Des exorcistes étaient sûrs que c’était un coup du Malin. Ceux que le désert effrayait car il échappait au contrôle du Pape, rappelaient ce qui était arrivé à Don Giovanni pour avoir osé renier la Loi divine : un trou s’était ouvert sous ses pieds, tout rougeoyant des flammes de l’enfer, et il était tombé dedans et plus personne ne l’avait revu. Il allait de soi qu’on ne reverrait jamais ceuxlà. Ce fut pain béni pour les médias qui entre tinrent le mystère bien plus que l’intérêt, tirant pro fit du sujet autant qu’il était possible d’en tirer pro fit, sujet si vague que la liberté de la presse de dire des conneries s’en trouvait décuplée. Du coup, certains paranoïaques opposants à tout dénoncèrent un canular juteux. Après des mois de délire collectif, plus per sonne n’était sûr de rien, jusqu’aux parents des dis parus qui perdaient foi dans les actes de naissance.
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