CONVERSATIONS AVEC L'OUBLI

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Ouvrière face à l'immensité de l'interrogation, Irène Shraer retranscrit les paysages intérieurs légués par les générations avant elle. Ici c'est au devoir de mémoire qu'elle s'adresse, aux falsifications de l'histoire, prêts à bondir si nous ne donnons pas d'autre réponse que le silence. S'interroger sur Dieu ou sur l'histoire n'est pas une définition de soi, c'est interroger le monde et remonter jusqu'à la source du souffle pour lui donner un nom.
Publié le : vendredi 1 décembre 2000
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EAN13 : 9782296427648
Nombre de pages : 130
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Conversations

avec 1'oubli

(Ç)L'Harmattan,

2000

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Qc) Canada H2Y IK9 L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7384-9992-9

Irène SHRAER

Conversations

avec l'oubli

-poème-

Préface de Jean-Pierre Faye

L'Harmattan

Autres parutions de l'auteur: Aux Editions L'Harmattan

- Ce

que raconte le vent, 1994 - Ils ont vu les voix, 1996 Aux Editions Gilvern

- Vers

le Pardon, 1996

Aux Editions Caractères

- L'absence, 1991
- Ma longue nuit, 1993 Aux Editions La pensée Universelle - Rumeurs, 1982

PRÉFACE de JEAN-PIERRE

FAYE

Il me dit: l'oubli

Les Conversations avec l'oubli avancent dans un entrelacs.

d'Irène

Shraer

Nous savons quel poids prend cet oubli. Mais il s'énonce ici fragmentairement et au creux de la voix.
L'oubli me fixe Il me fixe au sol

Il est aujourd'hui comme l'écoute redoutable de ce qui fut longtemps prophétique.
Tu as oublié Que mes pères avaient déjà franchi Tu as oublié Que leurs fils avaient déjà brûlé Tu as oublié Que leurs filles avaient été souillées le fleuve

Que nous Nous avons été consumés et spoliés Et réduits à rien

Ainsi dans l'oubli vont émerger
Quelques poignées Et le reste

C'est ce reste, tradition ancienne de l'Exil déjà, qui devient parole, scandée comme hors rythme et assourdie. C'est là qu'il retrouve, et peut-être à son insu, et pourtant par certaines de ses intonations, le chant nu de livres qui furent écrits voici dix siècles sur les sites cinq fois millénaires de Sumer et par une signature qui les évoque - le nom de son auteur, Niffari, provient de Nippur, ville proche de l'Ur, la cité abrahamique, commencement même de l'histoire. Il me dit J'éliminerai ton attente je démolirai peu à peu ton espoir
Il me dit j'épuiserai le sourire du vainqueur

Et je noircirai ton coeur Je confondrai les sentiers Je crierai au menteur Mais aussitôt

C'est moi qui lui arrache les lèvres

Dès lors la douleur n'est plus l'ancienne, celle qui fut annoncée et qui est terriblement venue, - malS une autre qui est la survenue.
Et je ne peux plus regarder dans sa face Celui qui me faisait vibrer d'un désir si entier

...Et soudain soudain
la couleur prend sa forme ... elle entre en moi

Ce qui s'aventure la description

dans cette connaissance

est

même du poème naissant:

. . .je m

y trouve

Elle me révèle Dans la nudité D'une confrontation... Froissement du souffle

Qui perd pied

Qui cherche à se raccrocher A un coup de couleur

C'est le coup de couleur qui éclaire, par soudains éclats, l'entrelacement de l'oubli par une mémoire.

Jean-Pierre Faye

CONVERSATIONS L'OUBLI

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