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Cris premiers

De
102 pages
L'amour et l'espoir dominent ce recueil de textes écrits, en grande majorité, à la fin des années 1960 et au début de la décennie suivante. L'auteur, alors dans sa jeunesse, crie son amour des personnes chères, sa quête de liberté, et sa peine de l'exil d'étudiant dans un monde plus étrange qu'étranger. Entre fierté et nostalgie, il évoque l'Afrique et plus précisément son pays, dans des tons tantôt graves tantôt chatoyants. Faut-il voir ici des "cris" annonciateurs voire fondateurs d'un parcours de vie ?
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Manga KUOH
Cris premiers Amour et espoir Poèmes
Cris premiers
Manga KUOH
Cris premiers Amour et espoir Poèmes
Du même auteur, chez L’Harmattan Cameroun, un nouveau départ,1996 Palabre africaine sur le socialisme, 2009 © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03684-7 EAN : 9782343036847
À ma mèredont l’amourest escorte À cette personne très chère pour sa vitale présence
ANTI
Drap blanc, pur et cruel Foulards lugubres Visages figés Larmes Cris sourds et rageurs Pourquoi cette lutte tragique quinze jours durant mit ta vitalité aux limites de ta vie ? Pourquoi un vendredi treize, lorsquel’aurores’annonce? Entendrastu encore cette musique chaude, qui rythmait tes sourires et allégeait tes pas ? Refuseraistu à jamais de nous conter l’histoirede nos regrettés pères ? Répondsmoi je t’en prie.Pourquoi estu morte Anti ? Octobre 1967
SANSSUITE
Souvienstoi Nous sommes partis sans vraiment le vouloir Au printemps de notre âge cueillir la liberté. Souvienstoi Nous avons sucé les premières gouttes de rosée Qui perlaient sur les feuilles à l’aurore de la vie.Souvienstoi Nous avons fait plus que soleil Briller nos lunes de miel dans toute leur volupté Souvienstoi enfin Que nos désirs sauvages pour fruits nous ont laissé Des sourires incertains perdus dans le silence. Octobre 1967
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AUXAFRICANISTESPATENTÉS
Étudiez donc mes ancêtres ! Peu importe Le tamtam n’appelle que moiLe mil ne se pile que pour moi Mes pleurs ne ressuscitent que mes morts Mes pieds ne rythment que mes danses Ma langue ne siffle que ma vérité Et mes rêves n’annoncent que mondevenir Rien de plus Rien de moins J’apporte de la couleur àla terne blancheur de la neige glacée Je suis ivre de joie Je suis ivre et je ris Rejetant les fusils les fusées et les bombes. Étudiez donc mes ancêtres ! Peu importe Le tamtam n’appelle que moiEtlorsqu’on medemande pourquoi Je réponds simplement : Ma négritude, voilà tout. Octobre 1967
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FRIMAS
L’ombre s’agitela tête dans les épaules. La lèvre se fend et le sang de sa pulpe sur un menton tremblant se fige abandonné. Des cheveuxsurfrisésse serrent face au vent et un crâne vaincu grelote résigné. Pauvres doigts de bambou Tristes larmes de grêle. Je souffre Je murmure «J’ai froid, j’ai froid». Nanterre, novembre 1967
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