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D'OMBRE ET DE VENT

De
118 pages
L'auteur s'interroge sur la notion du donner et du recevoir, sur l'attitude juste qui permet l'équivalence. Ses questionnements se bousculent parfois, jusqu'à ce que, finalement, il accepte la vacance et l'absence de réponse. Les limites de la pensée enjoignent à un retour aux sensations, à l'écriture.
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D’ombre et de vent
D’ombre et de vent
Préface de Valérie Canat de Chizy
Poésie(s)
D’ombre et de vent
Poésie(s) Collection dirigée par Philippe Tancelin Déjà parus Maurice et Jean-Marie RAINAUD, Michel de Montaigne en poésie, 2017. Marie-Claire MAZEILLÉ,Sous la soie…,2017. Félix MONGET,La poussière des souvenirs, Fragments,2017. Marc LAUSERIE, Les temps maudits, 2017. Guy FOISSY,Mots je vous aime,2017. VILLEBRAMAR,Terre promise, 2017. Manuel PELAEZ,Poèmes de la célébration et du songe -Poemas de la celebración y de la ensoñación, 2017. Lucien GUIGNABEL,Chemins et sources, 2017. ANTEMANHA, L’écorce des songes, 2017. Alain ZECCHINI,Figures du masque d’or, 2017. Alain HOAREAU,Lettre en vacance, 2017. Jean-Michel CARTIER,Le doigt de mer et autres poèmes,2017. Stéphane CERVEAU,Le jeu d’éclipes, 2016. Claude BARDINET,Poïetique paradoxale,2016. José GUÉBO,Aux chemins de Babo Naki, 2016. Jean-François SABOURIN,préambule des innombrables Le , 2016. Jacques BARNOUIN,L’inspiration poétique, 2016. Alain HOAREAU,Quatre saisons plus une, 2016. Suzanne MÉRIAUX,Empreintes, 2016. Munesu MABIKA DE CUGNAC,Un monde plus fort que le reste, 2016. Arnaud BOURILLET,Le pavot rouge. Éloge de l’étrangère, 2016. Norbert SÉE,Femmes fleuves, femmes flammes, 2016. Mylène DANGLADES,Des paroles d’or et d’argent, 2016. Marc LE GOFF,Arrêts sur paroles, 2016. Amar MERIECH,Découverte de l’ordinaire, 2016.
Antoine CARROTD’OMBRE ET DE VENTPréface de Valérie Canat de Chizy L’Harmattan
Du même auteur PUBLICATIONS Premiers matins, Editions La Bellecordière 1946, couronné par l’Académie Française L’arbre seul,Poèmes, 1976 Des croix sur le mur,Laudes, 1987 Qu’en toi demeure,Gerbert, 1995 L’Ourisse, villages,La Bartavelle, 1996 Les silencieuses,La Bartavelle, 2002 Le fil du chemin,Aléas, 2003 Chemins de sel,Cahiers Bleus, 2004 Soir d’hiver,Empreintes, 2004 Nocturne,Librairie Galerie Racine, 2005 Bételgeuse,Editions Sang d’encre, 2006 Les quatre mains du vent,Jacques André éditeur, 2007 Dans l’illusion de l’aube,Zurfluh Cahiers Bleus, 2008 Silence habité,Cahiers Bleus, 2016 PUBLICATION DANS LES REVUES Mercure de France, Plein chant, Cahiers Froissart, Laudes, Lieux d’être, Texture, Noréal, Jalons, Soleil des loups, Coup de soleil, A contre silence, Artère, Verso, La vie, Dossiers d’Aquitaine, Rétroviseur, ARPA, Friches, Le foudulire international, n° spécial France Hollande, Passage, Cahiers de poésie, Le nouveau gong, Cri d’os etc … Belgique : Spantole, Regart, Marginales © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12349-3 EAN : 9782343123493
Préface Au premier abord, l’écriture d’Antoine Carrot est une écriture de la continuité. Les saisons, le temps, la neige, le vent, les chemins… Rien ne semble pouvoir arrêter l’étendue d’un espace-temps voué aux rythmes de la nature. De l’ondulation des blés un bruit de mer naîtra. Émerge un monde qui semble disparu, un univers rural où chaque objet, chaque geste ont leur valeur. Le temps semble ralenti, ponctué par le passage du facteur, l’arrivée du courrier du jour. Il y a la solitude et le choix d’une attitude, celle qui privilégie la simplicité et la discrétion plutôt que l’excessif. Cette façon d’être permet le développement d’une attention à ce qui entoure, la perception d’une réalité autre que celle du monde sensible. Les signes se multiplient dans les anfractuosités du réel, et le poète a accès à une vérité subtile, qu’il connaît par intuition. Pourtant, cet état d’être ne peut exister que dans la perspective d’une limite intérieure à ne pas dépasser. Une rupture existe aux confins de sa pensée Qu’il la protège Qu’il l’entoure d’un fil de fer barbelé.
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Antoine Carrot s’interroge sur la notion du donner et du recevoir, sur l’attitude juste qui permet l’équivalence. Ses questionnements se bousculent parfois, jusqu’à ce que, finalement, il accepte la vacance et l’absence de réponse. Il y a trop à dire Voici pourquoi le silence s’impose L’aubépine ne demande pas de réponse Un chemin se justifie par lui-même. Tout se rejoint, finalement, dans la continuité. Les limites de la pensée enjoignent à un retour aux sensations, à l’écriture. Le poème sent la paille et le foin Le lilas la verveine ou la menthe. Valérie Canat de Chizy
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Ruban noir autour des préférences rouges Tâche que les saisons dispersent Hors des paroles et des mouvements trop vifs. Les temps introduisent une valse longue Les neiges deviennent d’autres neiges Espérées secrètes Reproduites par l’enchaînement du vent. Reflets des fertilités imaginaires Source ou feu Errements concentriques dont la mémoire un jour Se détache pour justifier ses propres fins.
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Convaincre à quoi cela peut-il servir Si le grain de sable jamais ne germe. Dimension recherchée Dont la morsure échappe Aux longueurs incertaines de notre esprit. Violence produite par l’image Où se brouille un chemin de nulle part Leurre sans fruit fleuve sans berges Par l’intime conflit du dominé dominant Promis à des choix qui ne satisfont personne. L’écharpe rejetée sur l’épaule Perd sa consistance Apparemment inattentive une main Joue avec le feu. Mille dés et mille brûlures Se préparent dans l’attente Qui brûle se perd ou gagne Tout dépend du vent du jour.
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Tu poseras le bouquet Au croisement des chemins Le silence entre deux poussées du vent Éparpillera ta présence Mélange de galets et de soyeuse incertitude De l’ondulation des blés un bruit de mer naîtra. Ne dérange pas l’ordonnance D’une explosion colorée Pose ton bouquet sans complaisance Deviens un geste simple Deviens l’épilobe la jonquille ou l’églantine. Signes de vie de tes carrefours Un calvaire une croix Une simple pierre levée Une borne quelconque où l’homme A déposé quelques repères. Ne cherche pas à comprendre l’éclatement des chemins Ton bouquet n’est pas leur conséquence Mais le nœud qui contient l’unité du vivant.
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