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D'or, d'ombre et de pourpre

De
100 pages
Oscar Levertin (1862-1906) est certainement le critique littéraire suédois le plus connu de la fin du XIX° siècle. Il se plut à analyser et à commenter la Littérature française, les civilisations et les cultures francophones. Comme poète, son nom reste attaché à des textes d'inspiration religieuse, mais aussi à des poèmes plus personnels de facture néoromantique, tels ceux qui composent ce recueil. Ceux-ci sont présentés pour la première fois en traduction française.
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D'OR, D'OMBRE ET DE POURPRE

Lettres Nordiques Collection dirigée par Maguy A/bet
Déjà paru

Ernst JOSEPHSON, Roses noires, roses jaunes, traduction, notes et présentation de Jean A. Gitenet et Sune Watell, 2007. Jaan KROSS, Dans l'insaisissable, 2001. Eoro TARAS TI, Le secret du professeur Amfortas, 2000.

Oscar Levertin

D'OR, D'OMBRE ET DE POURPRE
Choix de poèmes

Traduction du suédois et présentation de Jean A. Gitenet & Sune Watell

L'Harmattan

2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

@ L'Harmattan,

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-07266-4 EAN : 9782296072664

à la mémoire de nos parents Elsa & David Watell Jeanne & Romain Gitenet

Notice biographique

C'est dans le manoir de Gryt, situé dans la province d'Osterg6tland, à deux cents kilomètres au sud de Stockholm que naît, le 17 juillet 1862, Oscar Ivar Levertin. Il est le fils d'une riche héritière juive de la région et d'un marchand d'art respecté dont la famille d'origine juive avait émigré, au XVIIIème siècle, de la région d'Altona, alors danoise, vers Stockholm. Initié très tôt à apprécier et à aimer l'Art des siècles passés, Oscar Levertin s'intéresse en particulier à la peinture française du XVIIIème siècle. Mais avant d'écrire nombre de recensions et de critiques d'art, il étudie à l'Université d'Upsal, où il obtient, en 1889, un doctorat en Histoire de la Littérature. Il enseigne, dès 1894, au tout nouveau Centre d'Etudes Universitaires de Stockholm et il y obtient, en 1899, une chaire de professeur qu'il va occuper jusqu'à sa mort. Sa carrière universitaire est avant tout celle d'un excellent critique littéraire. Il consacre, en 1888, sa thèse de doctorat au genre de la farce en France, de la Renaissance à Molière (Studier ojVer fars och farsorer i Frankrike me/Ian renaissancen och Molière) et se révèle être, dès 1889, un excellent connaisseur du théâtre de l'époque gustavienne (Teater och drama under Gustaf III et Gustaf III som dramatisk forfat/are, 1894) et de I'histoire de la Littérature suédoise. Mais il est aussi un critique d'art averti et reconnu. Il publie, en 1899, une étude remarquée sur la peinture française du XVIIIème siècle (Niklas Lafrensen dy och forbindelserna me/Ian svensk och fransk malarkonst pa 1700-talet) et nombre d'articles dans des revues spécialisées d'art. C'est également un écrivain célèbre. Il trouve sa première source d'inspiration en France, sur les bords de la 7

Méditerranée, où il séjourne, en 1881-1882, à Menton; en 1883, à 19 ans et avec déjà un talent de nouvelliste, il publie un recueil de récits écrits, certes, sur les bords de la Méditerranée mais empreints de mélancolie (Fran Rivieran, skisser fran Medelhafskusten). Ce sera, en effet, dans des régions et dans des climats plus froids, en Suisse, à Davos en particulier ou près du lac Léman, où il séjourne à plusieurs reprises pour soigner des attaques de tuberculose, qu'il préfère écrire. Sa vie amoureuse semble avoir été des plus banales, même si on l'a, par la suite, jugée frivole et osée. Il rencontre dès 1882 Lisen Svanstrom qui devient sa fiancée, qu'il épouse en 1887 et qui meurt prématurément en 1889. En 1891, il se jette dans une aventure qui défraie la chronique avec une belle provinciale, Maria Roth. En 1893, il rencontre Anna Morell-Sjoberg, alias Nike dans sa poésie, la « femme de sa vie ». Il mène de front ses deux amours jusqu'en 1896. Puis il rompt par lettre avec Maria et voyage en Italie avec Nike. 1898 semble avoir été pour Oscar Levertin l'année de toutes les ruptures: en effet, il quitte définitivement Maria et repousse à contrecœur Nike. Il se remarie, en 1899, avec Ebba von Redlich, une de ses admiratrices et amie de Nike. Il poursuit également, depuis 1888, une relation d'amitié profonde avec Verner von Heidenstam, poète déjà célèbre, qui devient aussi son mentor. Ils se rencontrent souvent en Suisse et ils publient ensemble, en 1890, un manifeste pour une esthétique littéraire anti naturaliste Pepitas br611op.En litteratur anmiilan. Pendant la dernière décennie du XIXème siècle, Oscar Levertin est très productif, tant dans la critique littéraire, l'histoire de la Littérature, la critique d'art que dans la poésie. Puis, c'est en Suisse encore, en 1904-1905, qu'il compose sa dernière œuvre poétique Kung Salomo och Morolf Il meurt, le 21 septembre 1906, à 44 ans, probablement d'un accident anaphylactique. 8

Notes liminaires

Le corpus Panni les centaines de poèmes répartis dans les cinq recueils qu'Oscar Levertin a publiés, entre 1891 et 1906, nous avons choisi ceux dans lesquels se retrouvent les cinq isotopies suivantes: lIle moi, 2// 'amour, 311avie, 4//a mort, 511edésamour. Ces isotopies s'imbriquent et tissent un champ noétique et poétique que nous avons essayé de parcourir de vers en vers, de vocable en vocable, d'image en image dans les 28 poèmes que nous traduisons. Le registre structurant ces textes, celui de l'espace et du temps, est, dans la plupart des poèmes choisis, manifesté par les titres qu'Oscar Levertin donne à ceux-ci et qui renvoient aux saisons, aux moments de lajournée, à la Nature et à la montagne. Nous avons exclu de notre choix les poèmes qui, tout en évoluant dans les isotopies précitées, avaient aussi une autre dimension (historique, religieuse etc.). Nous sommes conscients que ce choix ne donne pas une idée complète du talent poétique d'Oscar Levertin. Nous avons, avant tout, voulu donner à lire, à sentir et à apprécier un des aspects les moins connus de l'inspiration levertinienne, à savoir la dimension néoromantique du rapport que le poète entretient avec la Nature, que celle-ci soit alpine ou scandinave. Nous avons également limité notre choix à sept poèmes dans chacun des quatre recueils retenus: Legender och visor (Légendes et chansons) de 1891, comprenant aussi Efter solnedg?mg (Après le coucher du soleil), Dikter (Poèmes) de 1901, Nya dikter (Nouveaux poèmes) de 1904, comprenant Syner och sagner et Karleksdikter (Visions et légendes et Poèmes d'amour) et Sista dikter (Derniers poèmes) publiés à titre posthume, en 1927.

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La traduction Il est absolument impossible de rendre en français la prosodie du vers suédois; nous n'avons pas non plus cherché à le faire. Nous avons, au contraire, à partir des structures métriques et métaphoriques ainsi que du substrat conceptuel de chaque poème, tenté de transposer, dans une langue française qui paraitra aussi emphatique et rigide que celle des originaux, ce que nous ressentions et comprenions à la lecture de ces textes tout en restant au plus près de l'écriture levertinienne. La structure formelle de chaque poème ne pouvant non plus être rendue de façon adéquate, nous avons donc misé sur les structures sémantiques. Oscar Levertin emploie et manie le suédois de la classe cultivée de la fin du XIXème siècle; outre un vocabulaire recherché, parfois sophistiqué et abscons, il structure sa phrase de façon très synthétique, souvent pour des raisons de rythme et de rime. Nombre de ses vers accusent une artificialité que nous n'avons pas évité de rendre dans le français que nous avons choisi d'employer. Ainsi, la lourdeur et la longueur de la phrase germanique se déployant souvent sur toute une strophe, si elle nous ont posé parfois des problèmes de cohérence grammaticale en français, n'ont pas été escamotées dans notre traduction par un allègement qui aurait, à notre sens, dénaturé le style levertinien. L'orthographe d'Oscar Levertin appartient aussi au suédois universitaire de la fin du XIXème siècle; c'est pourquoi elle peut paraître archaïque à quiconque n'est pas habitué à ce que le phonème [v] ait la graphie f, jv, hv ou que [t] corresponde à la graphie dt; à ce que les troisièmes des verbes ne soient pas conjuguées ou se terminent par 0 au pluriel; à ce que la graphie a corresponde parfois au 0 moderne etc. 10