Dakar d'Avril

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Dans une langue musicale, proche de l'oralité, Dakar et l'île de Gorée nous sont données à voir. Les yeux retiennent le mouvement huilé des peaux sombres, les regards -billes noires- des enfants ou des gardiennes du feu, le sol renouvelé par les pieds dansés. La mer y est hématite ou de verre, les soleils apprivoisés et les rues chaloupées de passants. La vie juste bat. Dans Sanary autour, l'œil poursuit son exploration, plus lente cette fois, plus silencieuse. Un regard profond et insolite.
Publié le : dimanche 1 juin 2008
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EAN13 : 9782296198531
Nombre de pages : 81
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DAI<AR D'AVRIL

!)etlu

Anne Lauricella

DAI<AR D'AVRIL
Suivi de

Sanary, autour

J)rijàce de Marc Delouze

L'Harmattan

1~Jacques i\ .Lr\nne,Flore & Paqui, Jean-l\1arc, Aminata & Serge
.1\

Bernadette

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005

Paris

http://www.librairieharmattan.COlll diffusion. harmattan(0wanadoo. fr hanllattan 1@wanadoo. fr

ISBN: 978-2-296-05661-9 EAN : 9782296056619

Dakar d'alJri~ printemps

d'un poète

La «poésie» pudique d'échapper sociétés poètes blanches souvent tendu tolèrent allongés à cette

peut être un flitre, un tamis serré, un voile entre la réalité et nos sens, une manière que les lequel des réalité, monde un «supplément de « l'ailleurs» d'âme» dans cousus

d'un œil compatissant d'un

un brin condescendant, par leurs

le témoignage

dans leurs linceuls immaculés mains agitent pathétiquement inaudibles: où pérorent

et propres

les flambeaux ressel11blent imbus

éteints de leurs poèmes à des cimetières de leurs propres En revanche être un révélateur mensonges Pari risqué, temps poétique suprême

les anthologies

ces morts-vivants

inanités muettes. la poésie du réel, sans guillemets un déchireur cette fois d'illusions, peut de

et autres détournements difficile

de sens quand elle use de la par les

langue comme

d'un acide, sans pour autant brûler l'imaginaire. à tenir mais plus que nécessaire (ou plutôt qui rampent l'irrépressible sournoisement).

qui courent

Celui ou celle qui éprouve », sauf à «rester Bernhard). que

désir de faire œuvre et rien de

se doit alors d'entrer

« sans cesse dans la difficulté

un laissé-pour-compte

plus» (Thomas Ces procéder textes

le lecteur

va

découvrir

me

semblent

de cette catégorie.

Je n'ai jamais rencontré Anne Lauricella. Je ne la connais que par son nom, beau nom chantant de botanique latine, et par ces quelques textes qui en un double mouvement m'emportent

loin dans regard, poétique»

l'espace qu'elle

et me font de convaincante énonce

plonger

au profond «En

de mon d'« art silence,J'e

illustrant

façon cette manière d'un vers:

au détour

prends note de tOtlS ces mOtlvements, les alJale atlssi, les digère, recule, attends puis assaille de mes mots pour mieux lespénétrer. » Dans cette « infatigable et jàtigante urgence de tout noter », dans un va-et-vient du regard qui de loin se heurte aux «nJurs en sang », de près frôle les « lJeinesfre'leset .frémissantes », elle agite ce . qui l'agite, ce qui notls agite tous: et l'esquissé, le deviné, langue comme sans céder au jonglage ou des balises le violent et le doux, le saturé l'éblouissant, le visible mais en d'une démontée facile des oxymores, dans une prose le caressé le griffé, l'obscur des bornes

jetant mots et images comme en jachère, on le dit de la mer.

dans le champ

Car plutôt que de faire appel au « poétique plus souvent ennemi besoin poésie du poème », Anne Lauricella de récit à la lumière à la fois narrative interrogée, interroge

», qui s'avère le « le pire brutale, en leur son impérieux parfois

être, comme le rappel Henri Meschonnic, parfois vacillante, renouant et sauvage,

d'une langue elle-mêlne temps Blaise Cendrars le très proche

ainsi les fùs d'une aujourd'hui

que tressèrent des voyages,

ou le Michaux

Patrick Laupin ou le très lointain Derek Walcott.

] 'azlnerais

tine autre JJie

en plus de celle-ci _y alJoir tin ef!.fant - car celle-ci ne puis la renJplir que de nJo/s

écrit -elle.

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