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Dans l'ailleurs de l'ailleurs

De
179 pages
Le poète antillais Aimé Césaire, décédé en avril 2008, a laissé derrière lui une œuvre considérable, porteuse du chant de la Négritude. Qui mieux que Fernando D’Almedia, autre « Orphée noir », aurait pu lui rendre hommage ? Son recueil « Dans l’ailleurs de l’ailleurs », méditation sur le néant, lui offre un dernier tombeau en forme de poème. Fernando D’Almeida, né au Cameroun en 1955, est considéré comme un des chefs de file de la nouvelle poésie africaine. Docteur ès Lettres, il enseigne aujourd’hui les littératures française, belge et québécoise à l’université de Douala. Il a déjà publié plusieurs recueils de poésie ainsi que des essais littéraires.
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2 Titre

Dans l'ailleurs de l'ailleurs

3Titre
Fernando D'Almeida
Dans l'ailleurs de l'ailleurs
Tombeau d'Aimé Césaire
Poésie
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2009
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-02740-2(livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304027402(livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02741-9(livre numérique)
ISBN 13 : 9782304027419(livre numérique)

6





« […] Tous les mots nous abusent. Mais il arrive
que la chaîne discontinue de ce qu’ils projettent et de ce
qu’ils rejettent, laisse surgir le corps ruisselant et le vi-
sage éclairé d’une réalité tout autre que celle qu’on avait
poursuivie et piégée dans la nuit. »

Jacques Dupin 8 Chapitre vingt-trois







9 Chapitre vingt-trois






D’avoir trouvé source en toi
Que te reste-t-il
Aux herbes folles des Destinées
Sinon l’instant qui te recrée
Quand resplendit la Ténèbre

Que les mots dispersent ton corps
Parlant souffle au sépulcre
D’une vie contenant
L’être du monde à partir
De ses gisements cultuels

Sur la façade du firmament
Où la foudre fait silence
Au noir extrême du cristal
Il y a qu’au plus absent du Morne
L’univers proclame ton deuil
Tandis que te sanctifie dans la sérénité
L’île déferlant sur le Tout-Monde
11 Fernando D’Almeida






Maître des sentiers fourchus
Voici qu’aux bordées du Néant
La vie déroule ton ombre
Du côté désarticulé des antinomies
Et le Temps s’anuite
À l’archipel des grands départs

Quand s’ébrase le divin
Toute vie débourbe la réalité
Et fait signe
À la mémoire pérégrine

Tendue vers le proche lointain
Ta pensée fait tourner
L’écho des mangliers
Que révèle le Je multiple
Sur la margelle d’une vie lovée
Dans le demi-sommeil de l’existence
12 Dans l'ailleurs de l'ailleurs






Au creux du jour que devine
La profondeur de l’éphémère
Comme à hauteur de ce qui est
Tout conspire à te parler
Dans l’essence de la paganité

Désormais soustrait
Au louvoiement des choses
À la magnificence du rien
Il sied que tu te maintiennes
Dans la préhistoire de l’instant
Afin que pensant l’infinité
L’autre rive te refoule
Dans la totalité positive

Tout est implicite lorsque
Ton œil recourt à l’étiage
Quand vers la Durée s’oriente
La vie ouverte à l’imprécation
13 Fernando D’Almeida






Comme tu dors en-terré
Dans l’ailleurs de l’ailleurs
Dans la bantouisation îlienne
Comme la nui reprend assurance
Où tu es lorsque parvenue
À l’être-monde une pensée chthonienne
Donne alarme à ta vie figurant
Toute destinée
Aux ossements du pur devenir
14 Dans l'ailleurs de l'ailleurs






Somptueuse et carcérale
La vie ombrant le jour
Porte créance au noumène
Que sémantise l’analogie

Essentiellement plurivoque
Toute vie fusionnant
Rivières et volcans ouverts
Sur le logos bantou
Sur les lettrines des gouffres

Avers de choses dévoilant
Dans la protestation ce qui est
Le jour redoute l’ombre
Battue d’échos funèbres
15 Fernando D’Almeida






Les pensées s’anodinent
Au large du langage recréant
Sur les bas-côtés du regard
L’éternel rendu caduc
Dans l’espace actantiel des névroses

Nue la mort qu’enneige
La nuit échouée dans la sépulture
Des rêves ajointés à la réalité
Aux sites funéraires qu’incise
La lumière effleurant le vide
À l’ancre d’un petit matin
16 Dans l'ailleurs de l'ailleurs






Langage d’avalanche
Qu’attise l’île native-natale
Dérivant sous le van des cannaies
Cinglant vers l’avant
Ile déjouant toute injonction
Il y a que la pensée fait voile
Pour du laminaire faire naître
L’en-soi

Entre maintenant et toujours
Se consume le Temps hoquetant
Aux lavoirs des mots
Qui consentent à nous parler
Sous le décolleté des sirènes
17