Dans la brûlure des jours

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"Le flux de la parole poétique se laisse ici inspirer par le monde tel que le poète le perçoit dans son fur et à mesure, celui d'une perpétuelle émouvance qui fait de Patrick Raveau un lyrique des oscillations, le baladeur de "nos périgrinations" qui "marche dans la brûlure des jours" , un baroque entre deux millénaires, un conjugueur par amour du je et du tu, de l'homme et du monde dans leurs éclipses comme dans leurs effusions. " Laurent Desvoux
Publié le : dimanche 1 juin 2003
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EAN13 : 9782296326927
Nombre de pages : 93
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DANS LA BRÛLURE

DES JOURS

2003 ISBN: 2-7475-4701-9

@ L'Harmattan,

Patrick RA VEAU

DANS LA BRÛLURE DES JOURS

Préface de Laurent Desvoux

L'Harmattan

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Du tnêtne auteur

Ciel ouvert.Editions La Vague à l'âme.
D'encre blanche. Prix Sépia 1991. Préface de Paule. D'avant lafracture: Editions La Bartavelle. Préface de Laurent Desvoux. Second versant de la lumière. Prix Georges 1995. Préface de Serge Brindeau. 1994

Perros.

Fragments d'une folie. Editions La Préface d'André Smitz.

Bartavelle.

Paroles en cepays muet. Editions L'Harmattan. Préface de Daniel Leduc.

2001

Collection Poètes des Cinq Continents dirigée par Geneviève Clancy, Emmanuelle Moysan, Mithridad Pourmir
La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d'ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an. Dernières parutions 344 - David BIJOU, Le gîte des poêtes, 2002. 345 - Imad SALEH, Terre promise terre maudite, 2003. 346 - Michel DUNAND, Ailleurs, toujours, est au soleil, 2003. 347 - Anne de COMMINES, La parole pour épure, 2003. 348 - Isild DARRAS, Poètes chinois d'aujourd'hui, 2003. 349 - Sylvie Garcia, Cabanon's blues, 2003. 350 - Eva DIAMANTSTEIN, Matière de miroir, 2003. 351 - Velimir KHLEBNIKOV, Créations 1,2003. 352 - Velimir KHLEBNIKOV, Créations II,2003. 353 - Rodica DRAGHINCESCU,La lune n'est pas un simple mouchoir, 2003. 354 - Cristina MONTESCU, Larmes cadenassées, 2003. 355 - Umar TIMOL, Chimie, 2003. 356 - Gian Carlo PIZZI, L'autre rive, 2003. 357 - Linos Ioannidis, Trois nuances de la voix, 2003. 358 - Daniel Leduc, Partage de la parole suivi de Partage de la lumière, 2003.

PREFACE
«Les trois Raveau. » humilités du poète Patrick

La première humilité du poète Patrick Raveau tient en ce qu'il ne se reconnaît pas le créateur d'une œuvre. Dans l'émotion, nous dit-il, il accueille ce qui vient. Même si par sa profession, Patrick évolue dans la sphère des idées en tant que professeur de philosophie, sa poésie ne se bâtit sur la base d'aucune préconscience consentie. Il découvre à chaque fois le poème qui frappe à la porte et s'installe chez lui. Il reconnaît par ce faire l'acte de l'inspiration. Au-delà du rationalisme et de la magie, nous trouvons un poète de l'alchimie, de la pensée qui voyage. Accomplissons ensemble ce voyage pour voir se dégager quelques unes des constantes de cet univers verbal qui semble être d'abord abandon au flux. Dans la brûlure des Jours s'établit dans le rythme des saisons en trois temps et trois pans: "Sous les ciels d'hiver", "Neiges et feux", "Incandescences" avec cette avancée de l'hiver à l'été en passant par leur rencontre donnée comme un choc de sensations. L'humain fait corps avec les saisons dès l'entame du recueil :
"nos mains toujours se couchent de nos corps que saisons / encrent

/

sur le tronc sur la terre /

notre ride". Par-là, le l'esthétique et la formulation

poème rencontre d'éclair des haïkus

japonais qui s'écoutent saiSies d'éternité: "moissons du temps / nous sommes / d'un même vent" qui en a la brièveté énergique ou "dans les jardins de ta mémoire / tu célèbres la ronde des saisons". Ce qui se joue ici comme en chaque poème va au-delà du jeu de l'homme dans les saisons: partout l'humain se mêle à la nature, à l'élémentaire, comme Narcisse, comme Écho, comme Daphné. Entre l'homme et la nature se dessinent des échanges, une tangence, une porosité: "de nouvelles forêts s'élèvent / sur le versant des monts / que ton œil dessine", et en même page "tu dis l'eau vive/ le bleu des ciels / mais leurs mémoires y brûlent / sur tes lèvres" que ce soit par la perception ou la parole. L'évocation du couple fait apparaître un geste d'amour, de communion qui tente un incroyable élargissement cosmique: "Tes mains prolongent l'étreinte / de nos corps et tentent / de caresser l'étoile". Telle est la tentation, la tentative pour l'humain d'entrer en contact avec le monde jusqu'aux astres. Je pense à Rimbaud et à l'impossible étreinte avec l'Aube. La figure de style maîtresse, en dehors des chocs antinomiques, est la métonymie, à rapprocher les éléments par contiguïté généralisée, mise en contact de surfaces, de peaux, d'êtres où l'Éros et le Thanatos se partagent "la brûlure". Le texte égrène alors les vocables "tissage", "versant", "coulée", "l'argile", "pieds nus", "lèvres", 8

"p au,mes" "doi gts" , "main" , "seuil" , "la lande" , "g este" , "visa ge" , "caresse" , "gr avé" , "sculp té" ,
"le corps des sables", "gel", "givre", "chemin", "pierre couchée", "étoiles engluées", "revers de soleils couchés", "l'échine du monde"; même les métaphores - "dans le terreau de ta mémoire", "un songe que nous tissons", "la toile du monde", "ruisselle le sang de la mémoire", "le parterre de silences", "nos falaises corps"... sont animées par le sens du toucher à s'universaliser. Le corps en instance, en vouloir de fusion avec le cosmos, c'est aussi la parole humaine qui livre tentatives d'une saisie du monde, mais ce chant est creusé par le silence même: "Il est un chant que murmurent / nos bouches muettes". Le chant qui prend corps avorte dans sa venue: "un chant s'éteint à peine né aux lèvres" et "tes paroles sont des absences/ qu'il faut combler de nos silences". La deuxième humilité du poète tient alors dans son doute sur les pouvoirs de la parole, objet de l'illusion: "Fil cousu d'or dans la perpétuité / de notre illusoire croyance / d'être". En réunion de poésie, j'ai eu l'occasion de montrer que dans l'œuvre de Patrick Raveau s'opérait le retour d'un monde grec de métamorphoses entre l'homme et le cosmos. Il m'a précisé, lui qui a enseigné également les sciences et qui est un auteur de science-fiction porté au fantastique, que si cosmos il y a, il est 9

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