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Dans le jardin du Luxembourg

De
162 pages
Dans ce recueil de poèmes, Rosina Neginsky laisse apparaître des notions et des images d'un sens qui miroite et qui nous captive. Cette sélection de 35 poèmes ici présentée permettra aux lecteurs de goûter la poésie d'une poète américaine encore peu connue en France.
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Dans le Jardin du Luxembourg Rosina neginsky
In the Garden of Luxembourg
Dans ce recueil de poèmes, Rosina Neginsky laisse
apparaître des notions et des images d’un sens qui miroite
et qui nous captive. Dans son univers poétique, l’amour et
la mort co-existent; l’atmosphère de conte de fées joue un
rôle important : les enlèvements, le loup gris, les ondines,
les tsarines ou les impératrices qui règnent sur des îles. Les
poèmes ekphrastiques, inspirés par les oeuvres picturales, et
les poèmes littéraires inspirés par des images littéraires, sont Dans le Jardin
enrichis par la présence d’associations libres, de légendes, et
l’intensité des émotions de la vie intérieure du héros lyrique du Luxembourg
des poèmes. Plusieurs poèmes font référence aux doubles, à
l’absence de frontière entre le silence et la parole proférée, In the Garden of Luxembourg
entre le moi et le non-moi.
La présentation éditoriale des poèmes laisse constater les
correspondances entre les diverses versions linguistiques.
Chez Rosina Neginsky, le parallélisme, là où il est respecté,
ne vient pas seulement du processus de traduction très fdèle
mais du plurilinguisme qui préexiste à la naissance de ces
poèmes.
Rosina Neginksy est Maître de conférences en
littérature comparée à l’université d’Illinois aux
Etats-Unis. Elle est née à Saint-Petersbourg,
a étudié à Paris puis aux Etats-Unis. Elle
est l’auteur de plusieurs ouvrages de poésie,
notamment Juggler, New Orleans, University
Press of the South, 2009 et d’ouvrages de
critique d’art et de littérature dont récemment Salome: The
113Image of a Woman Who Never Was, Newcastle upon Tyne,
CSP, 2013.
Photo : © Boris Guessel
ISBN : 978-2-343-05134-5
16,50 €
Poètes des cinq continents
Espace expérimental
Dans le Jardin du Luxembourg - In the Garden of Luxembourg
Rosina neginsky
Poètes des cinq continents
Espace expérimental





Elle par un peintre inconnu




























Dans le jardin du Luxembourg
In the Garden of Luxembourg






















Poètes des Cinq Continents
En hommage à Geneviève Clancy qui l’a dirigée de 1995
à 2005. La collection est actuellement dirigée par
Philippe Tancelin


Série Espace expérimental

La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les
voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de
poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette
collection dévoile un espace d’ouverture où tant la pluralité que la
qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une
quarantaine de titres par an.

dernières parutions

112 – Sylvie MAMY, Paris Carnet d’été, 2014
111 – Kit KELEN, Arbres et étoiles, 2014.
110 – Albert V. NIKOLLA, Love explosion, 2014.
109 – Arthur BRIAND, Une date, Un repère, 2014.
108 – Cédric ARIA , Entre le mortel et le périssable, 2013.
107 – Niju Kyaku NETSUKE, Poèmes à l'assiette. Haïkus français,
2013.
106 – Daniel LABONNE, Marronages, 2013.
105 – Yves Patrick AUGUSTIN, Au bout du petit matin..., 2013.
104 – Jean-François MENARD, Des voix dans les arbres, 2012.
103 – Raymond MAGNANT, Vivre, peut-être…, 2012.
102 – Claire GARNIER-TARDIEU, Poéphéméride, 2012.
101 – Abdelghani FENNANE, Je ne mourrai pas avant le
printemps, 2012.
100 – Pierre ZIRKULI, L’instant lumineux, 2012.
99 – Mattia SCARPULLA, journal des traces, 2011.
98 – Claude-Raphaël SAMAMA, En regard des jours, 2011.
97 – Claire GARNIER-TARDIEU, Femmes soleil, 2011.
96 – Ahmed BEN MAHMOUD, Êtres et Choses, 2011.
95 – Véronique ELFAKIR, Dire cela, 2011.
94 – Arnaud DELCORTE, Ecume noire, 2011.
93 – Jamal KHAÏRI, Patrie-cide, Poèmes transférés de l’arabe
marocain, 2010. Rosina NEGINSKY




Dans le Jardin du Luxembourg
In the Garden of Luxembourg


Traduit de l'anglais par Isabelle Génin

sauf « Dans le jardin du Luxembourg » / «In The Garden of Luxembourg »
traduit par Rosina Neginsky






Ouvrages du même auteur

Critique littéraire et critique d'art
Salome: The Image of a Woman Who Never Was
(Cambridge Scholars Publishing, 2013)
Zinaida Vengerova: In Search of Beauty. A Literary
Ambassador Between East and West (Peter Lang, 2006)

Poésie
Juggler (University Press of the South, 2009)
Under the Light of the Moon/ Под светом луны
(SlovoWord, 2002)
Dancing Over the Precipice/ Танцы над обрывом (Effect,
1998)











© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www. harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05134-5
EAN : 9782343051345
Introduction
La sélection de 35 poèmes ici présentée permettra aux
lecteurs de goûter la poésie d’une poète américaine encore
peu connue en France. Les poèmes choisis sont issus en
majorité de ses deux derniers recueils Under the Light of
the Moon (2005) et Juggler (2009), tous les deux publiés
en russe et en anglais, et comprennent également quelques
nouveaux poèmes: « Mad Kate/Kate la folie», « Angel of
Death/Ange de Mort », « Island/Ile », « In the Garden of
Luxembourg/Dans le Jardin du Luxembourg ». La poésie
de Rosina Neginsky prend ses racines dans le mélange des
langues. Russophone ayant fait une partie de ses études
secondaires et ses études universitaires à Paris jusqu’en
maîtrise, Rosina vit aux Etats-Unis et y enseigne la
littérature comparée. Elle écrit en anglais et en russe mais
réserve à ses deux langues des domaines spécifiques:
l’anglais, sa « langue cérébrale » pour sa production
scientifique et universitaire (Salome: The Image of a
Woman Who Never Was, 2013), le russe, «sa langue du
cœur» pour sa poésie, qui s’attache aux troubles de l’âme
et au processus de créativité artistique. Dans les trois
volumes qu’elle a publiés aux Etats-Unis, les poèmes sont
présentés en version bilingue russe et anglais. Dans le
processus créatif de Rosina, le texte russe est toujours le
texte premier, celui produit par l’élan lyrique. Le texte
anglais est second, résultat d’une auto-traduction, entre
écriture et réécriture. Comme c’est le cas pour de
nombreux poètes qui s’auto-traduisent, les poèmes sont
assez différents d’une langue à l’autre, variations plus ou
moins libres en anglais sur un texte russe.

La démarche qui a donné naissance à cet ouvrage bilingue
anglais-français est autre. Les poèmes en français sont des
traductions allographes des poèmes anglais mis en regard.

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Pour un nombre limité de poèmes, nous avons choisi de
mettre le texte russe pour rappeler aux lecteurs les origines
linguistiques qui ont modelé l’écriture de Rosina Neginsky
mais notre propos n’est pas de s’attarder sur les échos et
dissonances entre russe et anglais, simplement
d’entrouvrir une fenêtre sur la possible circulation de la
poésie entre ces trois langues.

Le présent recueil, In The Garden of Luxembourg/Dans le
Jardin du Luxembourg ouvre d’autres horizons à l’œuvre
de Rosina. Il aspire tout d’abord à toucher de nouveaux
lecteurs, soit des francophones qui n’auraient pas accès à
la poésie de Rosina Neginsky en anglais ou en russe, soit
des bilingues anglais-français qui recherchent le plaisir
redoublé de la poésie bilingue dans laquelle se donne à lire
et à entendre le déploiement d’un texte poétique en deux
langues. Il explore également la possibilité d’une voix
française pour l’œuvre poétique de Rosina Neginsky,
poète d’expression russe et anglaise qui lit et connaît bien
le français mais ne se sent pas prête à écrire sa poésie en
français. Notre projet de traduction vers le français est le
fruit d’une rencontre riche et intense entre Rosina et moi:
une rencontre « physique » par hasard à Paris tout d’abord,
une rencontre « spirituelle » lorsque j’ai lu avec plaisir et
émotion les poèmes de Rosina et qu’elle a lu avec les
mêmes sentiments les traductions que je lui proposais, une
rencontre «créative» enfin quand nous avons passé
quelques après-midis ensemble à approfondir certaines
questions, revenir parfois aux poèmes russes, négocier nos
choix respectifs, harmoniser nos positions.

Bien que Rosina m’ait souvent donné carte blanche et
encouragée à m’éloigner de son texte anglais, il s’agit d’un
travail de traduction et non d’une réécriture libre, d’une
variation poétique interlinguale telle qu’on peut en trouver

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dans la poésie auto-traduite ou chez des poètes s’inspirant
de poètes étrangers. La circulation entre les langues ne
relève pas ici d’un trafic d’influence mais d’un commerce
de mots revendiqué. La traduction poétique révèle le
questionnement au cœur du transfert linguistique. Que
crée-t-on lorsqu’on change les mots ? Un texte identique ?
Un texte équivalent, c’est-à-dire qui vaut autant ? Ou un
pis-aller, une pâle copie palliant l’absence de
l’inaccessible original ? Paul Ricoeur parle d’équivalence
1sans identité . Si la traduction pragmatique trouve sa
légitimité dans le transfert d’un message, d’un contenu
informatif d’une langue à l’autre, quel peut être le
« contenu » d’un poème qui va demeurer dans sa
traduction ? La poésie bafoue l’arbitraire du lien entre
signifié et signifiant et repose sur « l’indissolubilité du son
2et du sens ». Or c’est cette union même que le traducteur
brise pour en recréer une autre et faire surgir de cette
écriture hybride la poésie de l’original. Il ne faut donc pas
s’étonner que la traduction poétique soit l’objet de
suspicion. On la considère souvent impossible et on cite
fréquemment l’aphorisme de Robert Frost : « La poésie est
3ce qui est perdu en traduction . » Roman Jakobson reprend
cette idée : « En poésie, les équations verbales sont
4promues au rang de principe constitutif du texte . » Il en
conclut que « la poésie, par définition, est intraduisible »
mais s’empresse d’ajouter : « Seule est possible la
5transposition créatrice . » La traduction poétique est en

1 Paul Ricoeur (2004), Sur la traduction, Paris, Bayard, p. 60.
2 Paul Valéry (1945), Poésie et Pensée abstraite in Variété V, Paris,
Gallimard, p. 153.
3 Peter Robinson (2010), Poetry & Translation, The Art of the
Impossible, Liverpool, Liverpool University Press, p. 23.
4 Roman Jakobson (1963), Essais de linguistique générale, Paris,
Éditions de Minuit, p. 86.
5 Ibid.

9

effet un travail de réécriture créative, dans la mesure où il
ne s’agit pas de transférer un contenu sémantique vers une
autre langue mais de faire jaillir de la langue d’accueil des
résonances, des potentialités sonores, rythmiques, des
réseaux connotatifs qui permettront le surgissement de la
poésie dans une nouvelle union du sens et du son. A la
différence de l’écriture poétique cependant, elle reste
seconde, indirecte, essentiellement métatextuelle. Elle
n’est pas en prise directe avec les émotions ou les
situations qui ont donné naissance au poème original. Ce
qu’elle traduit ou réécrit c’est l’émotion de lecture, le
bouleversement des mots. Alors qu’un poète traduit en
mots un tourment ou une extase de l’âme, le traducteur
traduit des mots en mots. C’est le plaisir intense de creuser
la langue, d’en extraire la pierre rare qui manquait à
l’ensemble qui motive le traducteur de poésie. Les
traductions de ce recueil s’efforcent de serrer le corps du
poème original au plus près et affirment le plaisir extrême
de cette écriture sous contrainte. La traduction poétique ne
se laisse pas réduire à une liste de protocoles ou de
recettes. Il s’agit avant tout d’une communauté de
sensibilité entre un poète et un traducteur. J’ai souhaité,
tout en restant proche de l’organisation syntaxique et des
choix lexicaux des poèmes anglais, être à l’écoute des
combinaisons sonores et rythmiques, des élans connotatifs
qui se laissaient deviner dans ma langue, de les encourager
et de les renforcer afin de récréer les images et la musique
qui m’avaient touchée à la lecture des poèmes. La
traduction poétique est un délicieux mélange de
contraintes formelles intenses et de liberté créatrice. Les
poèmes traduits ne sont pas de pâles copies mais des
prolongements d’une écriture poétique qui dépasse le
poème de départ, déploiement intertextuel et interlingual
dont la maternité est par essence multiple, ni les mots de la
poète, ni ceux de la traductrice, mais ceux nés de la

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rencontre de deux subjectivités qui, l’espace d’un projet
créatif, s’entremêlent.

Isabelle Génin, Sorbonne Nouvelle-Paris3















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Préface
La langue poétique confine à l’insolite, à l’inhabituel et au
singulier. L’écrivain et le théoricien de la littérature Victor
Chklovski (1893-1984) a souligné et illustré cette
étrangeté de la poésie : « Selon Aristote, la langue
poétique doit avoir un caractère étranger, surprenant ; en
pratique c’est souvent une langue étrangère : le sumérien
pour les Assyriens, le latin en Europe médiévale, les
arabismes chez les Perses, le vieux bulgare comme base
1du russe littéraire . » Certes, les exemples de Chklovski
relèvent de l’histoire des langues nationales littéraires et
de l’écart entre le style soutenu écrit et l’usage commun,
mais, de tout temps, il a existé, et Chklovski le dit en se
référant à Aristote, une altérité de la poésie qui permet à
l’homme d’échapper à l’inertie de la pensée et à
l’uniformité des visions sclérosées du monde. Le monde
inédit mis en place par le véritable poète se laisse
difficilement décrire, mais on peut trouver ses principaux
repères et ses points cardinaux.
In the Garden of Luxembourg/Dans le Jardin du
Luxembourg, le recueil de poèmes de Rosina Neginsky,
laisse apparaître des notions et des images dotées d'un sens
à définir, d'un sens qui miroite et qui nous captive. Ce
recueil s’ouvre par le poème « Mensonges/ Lies » qui
annonce un des motifs de la poésie de Rosina Neginsky.
Les poèmes rendent en partie hommage à l’imaginaire
symboliste, les amours illusoires ou les relations qui
s’arrêtent « au seuil », les étreintes qui « se réalisent »

1 Victor Chklovski (1965), « L’art comme procédé » in Théorie de la
littérature : textes des formalistes russes, trad. T. Todorov. Paris,
Seuil, 1965, p. 95.

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dans un rêve proclamant paradoxalement le non-amour,
l’un des avatars de l’inaction.
L’amour et la mort co-existent. L’amour, tout en étant une
force de vie, ne triomphe jamais. Souvent, comme la vie
terrestre qui ne dure pas et qui est sans pouvoir devant la
mort (« Prière/ Prayer »), l’amour est conquis par la mort.
Les amants meurent dans les bras l’un de l’autre dans la
maison qui tombe en ruine (« Les Amants/ Lovers »), les
amoureux s'oublient mutuellement et deviennent sourds à
la beauté et à l’éternité de la chanson du rossignol, leurs
deux vies, d'abord proches, s’éloignent (« Une rose et un
rossignol/ A Rose and a Nightingale »). L’amour n'est
qu'une illusion qui provoque la souffrance. La joie, au
départ bouillonnante, se transforme. Elle détruit, et
lorsqu’elle laisse en vie, elle tue l'âme et la capacité
d'aimer (« Ange de Mort/ Angel of Death »). Un seul type
d’amour est éternel et apporte le bonheur, restant
audessus de la vie terrestre: c’est l’amour du logos, des mots,
de la créativité, l’amour né de l’inspiration heureuse qui
laisse une trace à travers les mots, l’art, une trace qui ne
disparaîtra jamais.
Une autre constante de l’univers poétique de Rosina
Neginsky est l’atmosphère de conte de fées : les
enlèvements, le loup gris, les ondines, les tsarines ou les
impératrices qui règnent sur des îles... Dans le poème
« Amour/ Love », la passion amoureuse est personnifiée
et, pour mieux réussir son rapt, chevauche un cheval lancé
au galop : l’exaltation de la course effrénée se transforme,
une fois les illusions évanouies (« Tes illusions en miettes/
Your illusions shatter »), en suffocation et en asphyxie.
Dans « Île/ Island », la tsarine qui gouverne l’île de contes
et légendes, rencontre une fée qui réveille en elle le monde

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pur, innocent et tendre de l'enfance, lui ouvrant les portes
d’un univers inconnu et mystérieux.

Les poèmes ekphrastiques («Kate la folie/ Mad Kate»,
« Beata Beatrix », «Le cri/ The Scream», «Jongleur/
Juggler»), dont le référent culturel semble bien connu, sont
rendus plus complexes dans la poésie de Rosina Neginsky
par les reflets de ces œuvres picturales dans des
associations libres, des légendes et des oeuvres littéraires.
Le poème « Jongleur/ Juggler » est dédié à Nicolas de
Staël (1914-1955). Ce peintre n'a pas de toile intitulée Le
Jongleur, mais Chagall, autre peintre-coloriste, en a une.
Comme la peinture de Chagall, le poème lui-même jongle
avec toutes les références picturales, liées à la peinture de
Nicolas de Staël: les couleurs, les noms des peintres
coloristes exposés dans le même musée que les oeuvres de
Nicolas de Staël, Dufy, Maillol, et leurs modèles. Le
peintre est le double du poète, reflété dans le miroir du
poème (Il n’est personne./ Mais pour moi, il est moi,/ Mon
âme./ He is nobody./ But for me, he is me,/ My soul. »).
«De sa propre main tombé/ Gone by his own hand» se
rapporte à la fois à la jonglerie, à la vie perçue comme un
exercice de jonglage, à la peinture, à l’écriture poétique et
à la mort volontaire du peintre Nicolas de Staël. Paris et
Antibes, de Staël et Chagall, le héros lyrique et le peintre
réel contribuent à créer un univers en équilibre, à l’instar
de l’échafaudage aérien fait de quilles et de ballons
bariolés que le jongleur relance, grâce à l’impulsion et au
savoir-faire de l’artiste. Le poème « Rosée matinale/
Morning Dew » qui conclut le recueil, poème miniature
d’une étonnante beauté, évoque cette confusion bigarrée
des destins divers, souvent tragiques, et générateurs de la
parole poétique :



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