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Dans le vent chaud

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192 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1994
Lecture(s) : 304
EAN13 : 9782296294882
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Dans le vent chaud
Choix de poèmes

Collection Poètes des cinq continents dirigée par Gérard Da Silva
dernières parutions :

41- Marguerite Ben Idir, Réflexions sous un figuier suivi de Fantasmagories. 42- Jean-Blaise Bilombo-Samba, Hors la nuit. 43- Pierrette Micheloud, En amont de l'oubli. 44- Max Guedj, Poèmes d'un homme rangé. 45- Christian GoreIli, La mer est ma demeure. 46- Muniam Alfaker, Nuage sur le départ. 47- Chantal Danjou, Le livre de la soif. 48- Parviz Khazraï, Errance dans les miroirs. 49- Eszter Forraï, L'escalier de vagues. 50- Isabelle Lebrat, Dans l'éclair. 51- Marc Alyn, Le chemin de la parole (1954-1994) 52- Nohad Salameh, Chants de l'avant-songe. 53- Mamani Abdoulaye, Œuvres poétiques (introduction et notes par Jean-Dominique Penel). 54- Kama Kamanda, Les vents de l'épreuve. 55- Honorat Badiel, Murmures d'un œil solitaire, (Livre I). 56- José Muchnik, Proposition poétique pour annuler la dette extérieure, (Bilingue français-espagnol). 57- Hassan Benghabrit, Du silence à la nuit. 58- Mohamed Hmoudane, Poème d'au-delà de la saison du silence. Suivi de Ere d'Aube. 59- Jean Gillibert, Mes référendes. 60- Pierre-Loup Le Masque, Nuit de lumière. 61- Marc Bedjaï, I sfra des Amaroua, sonnetskabyles. 62- Jacques Guigou, Une aube sous les doigts. 63- Adnan Mohsen, La mémoire du silence. 64- Jacqueline Persini, Histoire de ma maison ou naître. 65- Eszter Forrai, Sylvie Reymond-Lépine, L'ombre des éclairs (bilingue hongrois-français). 66- Tahar Bekri, Les chapelets d'al/ache. 67- Jean-François Roger, Le pain d'ortie. 68- Babacar Sali, Visages d'homme. @ L'Harmattan,

1994 ISBN: 2-7384-2R21-S

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Celia Dropkin

Dans le vent chaud
Traduit du yiddish par Gilles Rozier et Viviane Siman.

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Traduction réalisée et présentée dans le cadre du Séminaire de littérature yiddish de l'Université Paris VII - Denis Diderot (1991) sous la direction de Rachel Ertel.

Et la poétesse recréa... la vie Plus que de création, il s'agit chez Celia Dropkin d'une re-création et d'une révélation du monde dans sa dimension symbolique et mythique enfouie dans l'être humain. Cette opération n'a pu être réalisée qu'à la suite de l'épreuve du feu. Epreuve du feu certes personnelle mais aussi collective. Il s'agit d'une femme marquée par un exil pluriel: exil aux Etats-Unis, à New-York, loin d'une terre (mais de quelle terre s'agit-il ?), exil d'une langue, loin du nid de l'amour des parents. Celia est orpheline de père. Elle connut très jeune le vide affectif, l'absence de la figure paternelle (et patriarcale) avec tous les signes et les symboles dont elle est entourée dans l'univers sémitique. La perte du père vient donc renforcer l'orphelinat symbolique, la perte de la généalogie, de la trace plongeant ses racines dans l'histoire, celle des enfants d'Abraham. Ces derniers durent subir pendant de longs siècles le sceau de l'infamie, la relégation réelle et symbolique, et jusqu'à l'extermination. C'est à ce peuple qu'appartient Celia. Elle a vu le jour au déclin du XIXe siècle, en 1888 en Ukraine. Elle pratique la langue russe mais aussi sa langue maternelle, le yiddish: la langue des opprimés à cause de leur religion. Comme par un effet magique, le retour à sa langue maternelle s'effectue par la distanciation. Celia revient vers les siens dans un territoire de liberté (les Etats-Unis). Comme si tout d'un coup elle se débarrassait d'un carcan, l'éclatement du verbe poétique s'en trouvant ainsi favorisé. Aussi la poésie de Celia est jaillissement d'un bourgeon qui ouvre un matin ses pétales sensuels, visité par un filet lait~ux de rosée. La poésie est innocence, souligne Jean Amrouche (un poète berbère), c'est-à-dire intention première, pureté, adhésion aux êtres et au cosmos. Elle est innocence également pour Celia. Elle est aussi sens et sensualité. Par le biais de la poésie, Celia se découvre, elle met en scène le caché, le refoulé, le désordre social contenu dans le 7

corps de la femme, mais ce désordre est aussi cosmique. En chaque femme un volcan sommeille D'où la flamme jaillit d' elle-même. Elle est racine de perdition. L'homme qu'elle poursuit est réduit au servage; Son destin fatal est la ruine: Il a vendu sa moisson en herbe1.

La passion féminine est flamme, incendie, volcan. Ce dernier est supposé éteint. Un homme (d'origine algérienne) amoureux a coutume de dire de son aimée: "C'est l'Etna, pour moi c'est l'Etna". Du ventre de la terre jaillit la flamme, mais le feu du volcan est aussi ce qui est contenu à l'intérieur et qui vous engloutit. Celia relate avec force cette passion ardente qui dévore les femmes dont elle est un brillant porte-parole. Ce qui peut choquer la raison sociale (et masculine de surcroît) c'est qu'au-delà des mots Celia propose une vision de l'existence. Par-delà la vie, par-delà l'amour... la mort. Pas de frontière entre les deux univers. Seul un rideau imaginaire, transparent, posé par une culture figée. Mourir en amour, n'est-ce pas vivre encore? Et vivre sans amour, n'est-ce pas s'installer dans la mort? Cela ne va pas sans rappeler cet homme qui par passion déclarait à son amante: je mourrai t'aimant. Et le sort a fait qu'il mourut dans les ardeurs de la passion. Ces problèmes, somme toute existentiels, sont valables en tout lieu et tout temps. C'est sans doute ce qui fait le caractère vivant de Celia, car outre la dimension esthétique, la poésie de Celia est éminemment actuelle. Elle transcende les cultures. Aussi comprendra-t-on qu'elle ait dérangé. Elle dérange non pas parce qu'elle est féministe au sens où on l'entend aujourd'hui, eHe dérange parce qu'elle a osé aborder la conception de l'ordre tel que les hommes l'ont établi. Celia dit "je" et remet "il" à la place qui lui revient, surtout s'il est défaillant. Lorsque la femme prend la liberté de réfléchir, elle sort des
1. Jean Amrouche, 1989, p. 143. 8 Chants berbères de Kabylie, Paris, L'Harmattan,

limites imparties par la culture comme on peut le constater dans la tradition kabyle, en Algérie.
A toi j'ouvre mon cœur Garçon dans les lettres instruit Si tu as des sentiments délicats Qu'à toi j'ouvre mon cœur Du jeune homme sans saveur2 Mieux vaut se passer Autant dormir seule
L'amour que suivent les déboires Tombe comme les fruits mûrs Je le sais d'expérience3

L'esprit de la femme libérée de toute contrainte reflète l'innocence des origines et renvoie les tYrans à leur propre image. Dans ce retour à soi, dans ce retour au ventre de la culture mère, Celia enfanta à nouveau le monde. Et son univers des origines conçoit aujourd'hui... la paix. C'est dans cet accouchement difficile (cette lente négociation de la paix) que j'ai rencontré la petite-fille de Celia. C'est par elle que j'ai découvert Celia. C'est donc ainsi que cette rencontre a servi à la naissance de ce livre. Je me suis trouvée dans l'heureuse obligation de faire connaître Celia au public français. Hasard bienvenu qui veut qu'une Berbère d'Algérie (c'est-à-dire dominée par la culture) puisse collaborer symboliquement à un pas important vers la paix, entre deux cultures, deux peuples. Tassadit Yacine, Ecoles des hautes études en sciences sociales, Paris.

2. Litt. du jeune homme sans kif. Au sens figuré kif signifie fantaisie, ici saveur. 3. Voir Tassadit Yacine, l'Izli ou l'amour chanté en kabyle, préface de Pierre Bourdieu, Paris, Maison des sciences de l'homme, 1987, p. 95. 9

Introduction
Les poèmes de Celia Dropkin que nous présentons ici sont traduits du yiddish, puisque c'est dans cette langue que la poétesse connut son épanouissement artistique à New-York, à partir de 1917. Pourtant, sa première langue de création fut le russe. Elle est née Celia Levine en 1888 à Bobroïsk, bourg biélorusse de 35000 habitants dont les Juifs constituaient soixante pour cent de la population. Son père, négociant en bois comme nombre de ses coreligionnaires dans cette région forestière, disparaît alors que Celia et sa sœur Sima sont encore enfants. Elles reçoivent de leur mère, une femme d'une certaine sensibilité artistique, une éducation séculière. C'est ainsi que Celia, après des études primaires à Bobroïsk, s'inscrit au ly.cée russe de la ville voisine de Novosybkov. En 1906, alors qu'elle a déjà écrit quelques poèmes en russe, elle rencontre Gnessin et s'en éprend. Uri Nissan Gnessin (1881-1913), écrivain reconnu, est l'un des principaux représentants de l'école sy.mboliste dans la littérature hébraïque d'Europe orientale1. Il exerce sur elle une forte influence littéraire, l'encourage à persévérer et traduit même du russe en hébreu son poème "Un Baiser". Se sachant tuberculeux, il tente de décourager tout espoir romantique. Toutefois, elle le rejoint à Kiev et se rend ensuite à Varsovie qu'il a déjà quittée pour Londres. Celia, après s'être mêlée quelques mois aux cercles littéraires juifs de la ville, regagne Bobroïsk en janvier 1908. Elle dira plus tard2 : "Aimer Gnessin était comme être amoureuse de l'impossible. Peut - être ai-je été la seule à ne pas avoir succombé sous un tel poids, du fait que depuis mon enfance j'avais grandi dans mes rêves. Aimer Gnessin était comme être suspendue entre ciel et terre, vivre entre le rêve et la réalité." Déçue par cet amour impossible, elle cherche obstinément à surmonter cette crise; elle veut vivre, être aimée. En 1909, elle
1. Un roman de Uri Nissan Gnessin a été traduit en français: le Marginal, Editions Noël Blandin, Paris 1991. 2; Souvenirs de C. Dropkin à propos de U.N. Gnessin, 1952 (manuscrit). Il

épouse Shmaya Dropkin, un activiste du Bund3 à Bobroïsk. Peu avant la naissance de leur premier enfant, en février 1910, il est contraint de fuire la Russie, pourchassé par la police tsariste et, comme des centaines de milliers d'autres Juifs, part pour les Etats-Unis. Ils se retrouvent à New-York en 1912. Aux Etats-Unis, dans les années 10, la poésie yiddish n'en est pas à ses débuts. Les poètes prolétariens ont régné en maître parmi les immigrants juifs qui ont commencé à affluer à partir de 1880. Leur poésie décrit le labeur dans les "sweat shops", la vie quotidienne dans les rues du Lower East Side. A partir de 1907,de jeunes poètes, les Yunge, fondent la revue Yugent (Jeunesse); ils proclament l'avènement d'une nouvelle poésie dont le but n'est plus le message social, mais uniquement l'art et la recherche esthétique. Ce courant dominera la scène littéraire durant les années 10, jusqu'à l'apparition du mouvement ln Zikh (Introspectionnistes). Créé par A. Glanz-Leyeles, Jacob Glatstein et N. B. Minkoff en 1920 autour de la revue du même nom, il veut se démarquer du symbolisme des Yunge et prôner une poésie plus personnelle, moins esthétisante. Son manifeste affirme: "Le monde autour de nous n'existe qu'en relation avec nous, qu'à travers nos émotions, notre réflexion, au s.ens du miroir qui réfléchit une image." Il se promet de dire "le vrai sur soi", d'être "à l'écoute du labyrinthe de la psyché qui est peuplée de mille êtres contradictoires". Dans la forme, il tente.. également d'innover, souhaitant bannir les habitudes de langage. Le vers libre, plus à même de rendre le rythme trépidant de la vie au sein de la grande ville, sera préféré à la rime. A cet égard, les Introspectionnistes sont un pur produit de New-York et de ces années 20 qui virent s'emballer le rythme de vie. Ils adoptent une autre graphie du yiddish: les mots d'origine hébraïque, traditionnellement écrits sans voyelles, sont résolument phonétisés. Ce choix, qui sera aussi celui fait en Union soviétique
3. Mouvement révolutionnaire d'obédience socialiste, créé en 1897 à Vilno, qui prône l'indépendance politique et culturelle des Juifs en Europe orientale. Le yiddish y a statut de langue nationale. Aux Etats-Unis, les ambitions d'autonomie politique s'estompent au profit de l'engagement culturel et social. 12

à la même époque, n'est pas neutre: il a pour but de mettre tous les mots sur un pied d'égalité, ceux d'origine sacrée comme ceux dont la souche est profane, germanique ou slave. C'est une manière de présenter le yiddish comme une langue homogène, substrat d'une expression artistique et non comme une arme de revendication sociale ou nationale. En cela, les Introspectionnistes poursuivent l'œuvre commencée par les Yunge. La poésie de Celia Dropkin s'inscrit dans cette tendance, et, si la poétesse ne s'identifie pas totalement au groupe, ce n'est pas pour des divergences de vue, mais seulement du fait de son caractère indépendant: à la lecture de ses poèmes, on peut aisément comprendre que Celia Dropkin n'ait jamais été très à son aise au sein d'un groupe. Avant d'arriver aux Etats - Unis, la poétesse n'avait écrit qu'en russe. A New-York, elle fréquente les milieux du Bund et se rapproche des écrivains yiddish. Ses premiers poèmes en yiddish sont en fait les traductions qu'elle réalise à partir des versions en russe. Ils sont publiés dans la revue Di Naye Veit et le premier numéro de ln Zikh (janvier 1920). Par la suite, tout au long des années 20 et 30, ses poésies paraîtront principalement dans ln Zikh, dont elle fut "compagnon de route" sans pour autant jamais s'identifier totalement au groupe. Elle est ensuite publiée régulièrement, même après la disparition de ln Zikh (1940). Le dernier poème publié de son vivant paraît dans Tsukunft, principal mensuel littéraire et culturel yiddish. A New-York, ses principales occupations seront d'élever ses enfants - elle en aura six dont une fille morte en bas âge - et d'écrire des poèmes. Des poèmes d'amour, des poèmes de mort, de mort d'amour, d'amour dans la mort. Lorsqu'elle parle d'amour, elle évoque encore et toujours son amour pour Uri Nissan Gnessin, auquel elle dédie de nombreux poèmes. L'impudeur de son œuvre a surpris et séduit immédiatement le monde littéraire new-yorkais. Dans ses poèmes, des poèmes de femme, l'amante meurtrie ou triomphante trouve l'apaisement auprès de ses enfants et au contact de la nature; la mort y est évoquée comme une expérience érotique ou un retour à l'enfance. L'exil se lit dans la langue. A son arrivée à New-York, ce n'est pas tant l'anglais qu'elle découvre mais le yiddish qu'elle 13

redécouvre, en abandonnant le russe. Elle replonge ainsi dans la langue de sa prime enfance, celle des berceuses, des comptines, des ritournelles. Ces mélodies, qui bercent maintenant ses enfants, irriguent son style et impriment leur rythme à sa création poétique. Il n'existe que deux recueils des poèmes de Celia Dropkin, tous deux intitulés ln Heysen Vint (Dans le vent chaud). Le premier édité en 1935, le second, en 1959 à l'initiative de ses enfants, trois ans après sa mort. Dans ce deuxième volume sont réunis tous les poèmes aboutis (précédemment publiés ou non) ainsi que les nouvelles restées à l'état de manuscrits. On y trouve également des reproductions de ses tableaux, car elle avait découvert la peinture dans les dernières années de sa vie. La majorité des poèmes publiés ici provient de l'édition de 1935, realisée par Celia Dropkin elle-même, et notre traduction suit son agencement. Notre choix de textes reste subjectif, bien que nous ayons tenu à traduire tous ceux qui portent une dédicace et à présenter les différentes facettes, les différents registres de son expression poétique. Ce recueil se clôt sur "Noires pensées", poème qui n'a été publié qu'en 1990, dans le mensuel new-yorkais Yiddishe Kultur, après avoir été retrouvé sur une bande magnétique que Celia Dropkin avait elle-même enregistrée.

Gilles Rozier et Viviane Siman

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Maturity is not always an asset in life (...) Fruit that grow quick ripe are in danger of quick decay.
Note manuscrite de Celia Dropkin

Sonate d'été
Je me suis immergée dans les eaux claires et fraîches Dans le courant brillant j'ai vu mes jambes blanches Je suis rentrée pieds nus à travers un bois sombre Le bois respirait fort, m'entourait d'un murmure. A l'orée m'attendait une vaste prairie Un vent lascif venait me caresser les pieds L'herbe les étreignait et même la piqûre Passionnée d'un gros taon me sembla volupté. Je suis rentrée gorgée d'amour et de passion Mon cœur battait très fort, mon souffie était brûlant Le monde était merveille à mes yeux grands ouverts Comme si m'avait portée une immense allégresse. Et lorsque la nuit vint délicate et sensuelle Une douleur aiguë me dévora le cœur La nuit me couvrait de baisers D'innombrables serpents me têtaient la poitrine.

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Dans le vent chaud
1 Le matin

Un vent chaud berce Les feuillages nouveaux Comme une jeune mère berce Son premier enfant Un vent chaud murmure Dans les feuillages nouveaux Comme chante la jeune mère Dodo l'enfant do.

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