De fer et de Sable

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Les personnages de Genet, émergeant de leur sépulcre, lui ont demandé d'accueillir et de poursuivre le climat de leur aventure intérieure. Des drames, des situations sont ainsi filtrés et mis à l'épreuve de sa clairvoyance tels des joyaux avivés dans leur nuit. Un ensemble de tableaux les annoncent et forment la pâte idéale d'une révélation.
Publié le : jeudi 1 mai 2003
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EAN13 : 9782296320765
Nombre de pages : 79
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Soisik LillER T

DE FER ET DE SABLE suivi de L'ETOUFFOIR (hommage à Jean Genet)

Poésie
L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE L'Harmattan ltalia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

FRANCE

Collection Poètes des Cinq Continents dirigée par Geneviève Clancy, Emmanuelle Moysan et Mithridad Pourmir
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Poèmes 1913-1917, tome 1. MAÏAKOYSKI, Poèmes 1918-1921, tome 2. MAÏAKOYSKI, Poèmes 1922-1923, tome 3. MAÏAKOYSKI, Poèmes 1924-1926, tome 4. MAÏAKOYSKI, Poèmes 1927-1930, tome 5. Régis ROUX, Noces de l'abandon. Raphaël CONCEJO, Transparences. Pedro LYRA, Vision de l'être. Robert GRAYES, Poèmes. Aurélien SEYRIN, Rumeurs malignes. Sobhi HABCHI, Dans la demeure de ['Absent. Mithridad POURMIR, Automne dans le miroir.
Salah Al HAMDANI, Au large de Douleur.

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John CROWDEN, Art de terre et sang. Bernard JAKOBIAC, Lumière et ténèbres. Shams NADIR, L'Athanor. William SOUNY, Sahan, suivi de Postface aux ruines. Jacques TAURAND, La cendre des heures.

Préface de Hugo Marsan

Hugo Marsan, préfacier de Soisik Libert, est critique littéraire au lvionde des Livres. Il a publié une quinzaine d'ouvrages, dont Le désir fantôme (1999), Place du Bonheur (2001) et La gare des faux départs (2002) au Mercure de France.

L'indéchiffrable étreinte avec la mort. Le romancier -celui qui n'est que romancier: les plus grands écrivains ont toujours su faire la part des choses- est jaloux du pouvoir des poètes. Ceci est vérifié aujourd'hui. Les poètes sont relégués aux oubliettes (parfois à une gloire obscure, quasi invisible). Les romanciers veillent et manigancent l'exclusion de ceux qu'ils craignent: le poète sait le don divinatoire des mots, le romancier peine à le suggérer. Je trahis donc ma caste, moi qui ne suis que romancier, et qui n'ai jamais pu écrire un vers. Je triche pourtant. Je l'avoue: je me nourris de poésie. Je puise à cette source que j'appelle «le réservoir de mon émerveillement ». Je m'abreuve de ces mots vertigineux qui n'ont pas besoin de faire un détour par le cerveau, qui clament sans répit la rupture passionnelle entre l'être humain et la planète où un dieu méchant l'a placé sans mode d'emploi. Le poème est réconciliation, éphémère certes, tentative de subversion aussi, abandon maîtrisé à l'ordre de la magie. Soisik Libert est de ces élus qui, face à la désespérance amoureuse, à l'illusion du désir assouvi, cautérisent les plaies des humains lucides avec des mots étirés jusqu'au point de non-retour. Il faut le don, bien sûr, mais aussi le courage: « .~.être nu et défait, se savoir vivant sans espoir de le montrer au moment où on le reconnaît» Ouï, Je romancier est jaloux. Une phrase, quatre vers, dixhuit mots, tout est dit d'Anna Karénine et d'Emma Bovary, de leur mort par mâle interposé. Quatre vers pour tout

Tolstoï, Flaubert ou Balzac (qui à ma connaissance n'ont jamais écrit de poèmes!). Soisik Libert paie cher ce don de double vue. Le poète se ferme au monde inutile, se crée le sien qui l'isole de ses Dissemblables. Car, « survivre à ce qui se dérobe» est un sacrifice. Poésie, où est ta victoire? Si ce n'est d'avoir osé le cri: «réponds-moi», réponds-moi, toi que je veux aimer, réponds-moi, monde hostile cisaillé de guerres. Réponds-moi, solitude plus grande que mon ombre le soir sur ce paysage dévasté des renoncements. Et d'avoir accepté la réponse. Deux recueils se suivent et se complètent dans la dernière parution de Soisik Libert. De Fer et de Sable, un ensemble de poèmes qui chantent l'effort de vivre. De Fer, l'audace de vaincre, par les mots d'une langue domptée, les abîmes que les yeux du poète perçoivent sous la couche uniforme du quotidien. De Sable, cette vie qui file entre les doigts, heure aprè~ heure, qu'il faudrait retenir, contenir, SOS lancé aux marins perdus dans l'océan des rêves. L'Etouffoir, un hommage à Jean Genet, des poèmes qui décryptent bien mieux que de longues biographies ce qui a auréolé la vie du vagabond, détenu certes par les monstres qui hantent l'enfance et la jeunesse des orphelins, tnais vainqueur, sans doute, parce que libre dans son errance. « Dans sa prison son corps s'ajuste à un rêve provisoire un rêve qui le fera tenir quelques heures encore 7

où il voit des millions d'arbres plantés dans son regard et des millions d'étoiles qui frétillent autour» De Soisik Libert, il faudrait dire ]a précision frémissante des mots, l'ampleur de J'écho qui multiplie chacun d'eux. Raconter cela, c'est faire injure au poète qu'elle est, vigjlante et assidue, tendue comme un arc qui craint de tuer la colombe, violente et humble, gardienne des lnot8 justes, aux portes de la transgression. Son poème sur Genet: « Onanisme », en est la somptueuse démonstration. Dél11onstration? Non: le poète ne démontre pas. Le poète ne montre pas. Le poète nous met en relation directe avec notre destin. Le destin que nous fuyons, yeux fermés. Le destin que Soisik Libert, yeux fertj]es, selon Cocteau - qui découvrit Genet -, ose affronter, dans ce recueil double,elle et son jumeau, fel11me-homme qu'ilnporte, puisqu'au bout du chemin n'ouvre qu'une porte, quand « le plaisir se découd », que les jeux sont faits, « étreinte minuscule», Inais qu'au fond du « puits de vérité », résiste la poésie: « ... car la vague en se retirant découvre ses fruits mûrs. »

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DE FER ET DE SABLE

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