Déambulations

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Tranches d'errances à la lame, entre passé fantasmé et avenir brumeux, dans l'instant, toujours. "Pour moi, comme pour d'autres, ISK fait partie de la nouvelle génération des auteurs qui a appris à voir la beauté dans ce qui est aujourd'hui, et aujourd'hui, ce qui est, c'est ce qui reste." Jacques Serena
Publié le : jeudi 17 septembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342041934
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342041934
Nombre de pages : 70
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Ingrid S. Kim DÉAMBULATIONS
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120601.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
À Jacques Serena, pour la voix et la voie Andorfée, pour la foi, toujours CNX, pour la perturbation – le filet d’encre dans la veine…
DÉAMBULATIONS
ERRANCES MAIS MOI je baise votre main, votre main encore chaude avec mon museau encore humide, et sans demander pardon je leur dirai à tous que je suis comme vous et ne me souviens que de mots, toujours, pas de choses, de mots, d’odeurs à la rigueur, et de rares, trop rares sensations, qui était-ce, déjà, qui parlait de gouffres, tout le temps, redites-moi, de gouffres et d’infini, c’était cela, et il avait raison, justifier, encore, avant même peut-être d’y être contraint, justifier l’infini, qui tend vers quoi, infiniment bon ou infiniment stupide, les deux sans doute, en parallèle, qu’on n’admettra jamais, balançant toujours entre l’ivresse d’un regret avorté, les délices du faux pas qu’on a enfin commis, et l’asphyxie des remords malhonnêtes qu’on étalera pour faire bien, pour dire qu’on est humain, un peu quand même, dont on parviendra même à se persuader, sûrement, mais pas tout de suite, là c’était ça, qu’est-ce qu’il disait encore déjà, l’autre, plonger au fond du gouffre enfer ou ciel qu’importe, et il avait raison, qu’importe vos murmures vos crachats votre opprobre quand j’ai encore ce goût de sueur dans la bouche, quand cette odeur de cuir colle encore à ma peau, que m’importe en vérité ce que vous en pensez quand chaque atome de mon corps hurle encore à ce gouffre, à cet éclair d’infini suspendu, demain, je pleurerai, si vous y tenez tant, demain vous me consolerez ou m’achèverez, suivant que vous saurez ou non pourquoi je pleure, parce qu’il fau-dra bien, demain vaincue, retourner dans le rang, m’aligner, ramper, cesser de respirer, hypocrite retrouver mon petit gouffre familier de froid d’ennui de rien, qui dissipera la fièvre, la saveur de la fièvre, qui chassera l’odeur de soufre de la fièvre, me laissant le vague souvenir d’avoir vécu, un peu, la fièvre en moins, l’amertume en plus, faible, épuisée, à bout de forces et d’arguments mais là, au fond de l’infini pour trouver du nouveau c’était ça la suite, les gouffres, l’infini, et puis la nouveau-té qui vous mord le ventre, comment ne pas piétiner tous vos principes alors, battre le rappel des vieux démons, comment ne pas retenir à genoux par les cheveux, par la peau, à ne plus s’entendre hurler, ce moment défendu, cettemauvaise idée, comment, alors c’est en riant que je monterai au gibet, en riant que je vous laisse-rai me clouer au pilori, demain, me déchirer publiquement, en riant à pleines dents
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que je regarderai monter vos pauvres flammes imbéciles, les narines et la bouche encore pleines de péché, de l’odeur chaude et du goût salé du péché, car j’aurai déjà brûlé corps et âme d’une autre chaleur, moi, plus vivante que vous l’espace d’un instant, instant inouï d’absolu et de fièvre, instant de gouffre et d’infini valant bien à lui seul tous vos tièdes instants.
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Bonheur Ce bonheur superstitieux qui vous avale tout entier dans son angoisse de l’éphémère Ce bonheur comme une bulle de savon Dans la gorge Comme un sanglot suspendu Ce bonheur plein de chair et de sueur et de shampoing et de fumée dans la poussière dorée d’un rayon de soleil sur un meuble Ce bonheur animal ce bonheur de bête ancestrale forte des millions de bonheurs qu’il aura fallu Pour qu’existe celui-là Et qui vous mange à l’intérieur Ce bonheur imbécile À se croire le seul bonheur au monde le premier le dernier bonheur au monde L’éternel Ce bonheur inquiet égoïste ombrageux Ce bonheur jaloux qui vous cloître dans la chambre aux rideaux tirés qui vous cloue là sur ce lit en bataille À suffoquer À fondre À crever de faim sans bouger Pour le garder encore un peu Ce bonheur de plomb sur le ventre Comme une tête pleine d’absence pleine d’ailleurs pleine de sommeil et de demain que c’est lourd sur un ventre Une tête Qui respire si fort Ce bonheur assourdissant et muet parce qu’il a trop à dire Et que ça s’entend même si le silence est préférable parce que trop
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Ça n’a plus de sens Ce bonheur qui se tait Plutôt que de balbutier une quelconque sottise en un moment pareil Plutôt que de se gâcher lui-même Pour une fois Ce bonheur qui était là Il y a encore Un instant
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