Des vieux et des fleurs

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Le poète, ici, pointe du doigt "des vieux" pour ne pas dire les gouvernants croulant sous le poids de l'âge, "des vieux" qu'il accuse d'être la cause du mal-être de la jeunesse camerounaise et même africaine. Ce recueil fait aussi le procès de l'Occident qui, par son action néocolonialiste, sape tout espoir de véritable développement pour l'Afrique. Il pense que seul un retour vers les valeurs africaines sauverait les sociétés africaines.
Publié le : lundi 4 janvier 2016
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EAN13 : 9782336401478
Nombre de pages : 92
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Des vieux et des fleurs Les fils du vent
Des vieux et des fleurs
Pour finir,Des vieux et des fleurs
, poète d’origine camerounaise, est par ailleurs Ingénieur des Travaux du Génie Rural. Il est auteur d’une abondante littérature inédite, mais compte déjà à son actif trois recueils de poésie :Les fils du venten 2012 aux Éditions paru L’Harmattan, paru en 2013 aux Éditions Edilivre (en collaboration avec Stéphane de Mégashi), paru en 2015 aux Éditions Lupeppo International.
LUCY
Des vieux et des fleurs Poèmes
Des vieux etdes fleurs
Emergences Africaines Dirigée par Magloire KEDE ONANA La collection « ÉMERGENCES AFRICAINES » se propose de renverser des certitudes faciles. Nous sommes convaincus que l’Afrique, longtemps considérée comme en retrait, s’ouvre au monde, et est plus que jamais au cœur des enjeux. Son Histoire ne doit plus s’écrire ailleurs, par des continents eux-mêmes en crise de modèles à proposer/imposer. Une nouvelle génération très entreprenante d’Africains et d’Africanistes existe aujourd’hui, qui problématise et réécrit l’Histoire du continent dans toutes ses facettes, et par une approche multidisciplinaire. Il s’agit de dévoiler une Afrique des « Bonnes Nouvelles » : celle qui, parce que plus ouverte au monde, présente tous ses atouts d’émergence. Dernière arrivée dans la compétition mondiale, l’Afrique est capable d’apporter un élan différent à la mondialisation grâce à son devenir, qui est subordonné à son être. Déjà parus Aristide Aymar TEME,La mise en place du Sénat au Cameroun, 2015. Séverin Djiazet Mbou Mbogning,L’accès à la justice au Cameroun, Étude de sociologie juridique,2015. Séverin Djiazet Mbou Mbogning,sur lescanoniques » Réflexions « droits de l’Homme au Cameroun et en Afrique,2015. Jules M. Mambi Magnack,Le peuple dans la littérature africaine contemporaine, 2015. Frank Ebogo,La géopolitique de l’eau au Cameroun, 2014. Gérard-Marie Messina et Augustin Emmanuel Ebongue (dir.), Médias et construction idéologique du monde par l’occident, 2014. André-Marie Manga,Didáctica de lenguas extranjeras. Orientaciones teóricas en español, 2014. Marcellin Nnomo Zanga et Gérard-Marie Messina,Pour une critique du texte négro-africain,2014. Alphonse Zozime Tamekamta et Jean Koufan Menkéné (dir.), L’urgence d’une révolution agricole au Cameroun, 2013. Alphonse Zozime Tamekamta (dir.),L’illusion démographique, 2013. Alphonse Zozime Tamekamta (dir.),Propos sur l’Afrique, 2013.
Lucy Des vieux etdes fleurs
© L'HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07830-4 EAN : 9782343078304
Préface Des vieux etdes fleursde Lucy Sous le prisme de la ville aux sept collines jaillit, cette fois par la plume fidèle de Lucy, l’éclair d’une poésie sonore qui se constitue dans l’ossature du clair-obscur, au bazar d’un horizon pourtant empreint de juvénile vitalité. Voici une poésie qui tente, comme le souhaite tout esthète, de s’autocontempler pour donner à lire, par effraction du langage, des vers aptes à valoriser à la fois les formes et les contenus, la beauté de l’art et les laideurs de l’existence. Le tout dans une gymnastique intellectuelle où l’exergue est très souvent mis sur la jakobsienne fonction poétique des énoncés, par où se déroule finalement le tapis noir de la misère, l’inconfort des gagnepetits, l’inconformitédes conflits générationnels. Voici, disais-je, une poésie qui cherche mais non à tous points, à s’établir dans le délicat espace des calembours et des allitérations, des peu fortuites rimes internes et de la paronomase. Une poésie prise au siège de l’équilibre, à la fertile et difficile limite du réel et du non réel. C’est dire que cette recherche d’harmonie, qui peut être un piège sans fin, s’améliorera avec le temps puisque le jeune poète, s’il ne veut pas que la poésie frise quelques fois la cacophonie, doit soumettre certaines formes au crible de la mesure musicale tout en donnant plus de cadence à certains textes à la fonction hautement référentielle. A la fin du livre par exemple, dans « Les chaumières », alors que la musique inaugurale (celle des premiers poèmes) semblait avoir perdu quelque peu son tempo, la prosodie réussit à résoudre autrement l’équation de la laideur, l’ecchymose des roses et de toutes choses décrites, du sans gêne de tous ceux qui tournent le dos aux vergers et à l’horizon. Le lecteur, aficionado du beau, savoure l’instant où il se perd dans les secrets murmures du crépuscule, là où le soleil, nommé métaphoriquement, abandonne les lieux qui, pour l’instant, existent plus dans l’imaginaire du poète que dans la réalité recréée : Les chaumières chagrines chuchotent dans la chute 5
Crépusculaire du luminaire stellaire De la vaste toison des cloisons qui foisonnent De toutes parts dans les parcs épars Ailleurs, sans arrière-goût de cacophonie, on peut lire bellement : Mais aujourd’hui d’habiles archers venus du NilTranspercent d’ébènes ces infâmes ailes de haine Pour la succulence des destinées futures Dans le pays de la vie. Toutefois, bien avant l’explicit, le florilège prend ancrage dans l’aigre et doux paradoxe d’une époque où sepose avec acuité l’opportune et primordiale question de l’apport de la gérontocratie à la survie et à l’avenir du pays, notamment face à la solitude d’une jeunesse dont la métaphore florale préfigure la subordination et l’abâtardissement, comme si, loin desollicitude, les toute vieillards, à la primauté syntaxiquement avouée dans le paratexte titrologique, participaient ou tentaient d’anticiper, consciemment ou inconsciemment, la fanaison des roses « aux corolles ensanglantées », « la fanure des fleurs » aux rayures mitigées. Formuler de tels postulats poétiques ne reviendrait-il pas à reconnaître que l’énoncéDes vieux etdes fleurstraîne, au plan herméneutique, l’opposition entre la fragilité de la fleur (métaphore de la jouvence) et la violence des « vieux» qui sont, de l’avis du poète, l’incarnation d’un système qui ne promeut pas visiblement l’émergence, qui avilit son propre avenir, qui freine la croissance d’une jeunesse orpheline en quête de paternité? Certains patriarches seraient-ils devenus, au plan symbolique, «anthropophages» ou quelque peu «juvénocide», si l’on admet l’usage suspicieux de ce néologisme peu réconfortant? Se seraient-ils transmués, au fil absurde du temps, en éternels bourreaux du fer de lance de la patrie ? La poésie, fillede l’angoisse et des sibyllines interrogations, résout ici, à sa manière, la difficulté d’exister dans un univers devenu « étranger, inhabituel » (NjohMouellè). Cette douloureuse descente lyrique vers les monstrueuses flatuosités de la ville voile et dévoile une autre turbulence, une autre dysphorie : celle de l’homme intérieur qui a perdu le sens de la patrie et de l’impartiale fratrie, la dichotomie entre l’opulence d’une
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sénescente poignée face à l’abject effondrement de l’être tout court; oui, de l’homme qui est pris dans l’étau du pis aller et de la débrouillardise sans bornes, aux mornes confins de la cité capitale, par delà maints symboles toponymiques textuellement nommés: Ekounou, Pakita, Mokolo, Mfoundi, AtanganaMballa…Voilà pourquoi tant qu’ily aura en ville des femmes paysannes, tant que perdurera non leur agonie mais l’apostasie de ceux qui se considèrent comme les damnés de la fertile Afrique, victimes de leurs vieilles et monotones turpitudes, tant que durera l’attente d’une entente nouvelle, d’une idoine et sereine cohabitation, l’éternel aîné prendra de l’avance sur tout, s’arrogera tout et s’en vantera partout. Tant que durera le scandale, il ne laissera au refroidi fer de lance qu’un funèbre festin arrosé de tourments, un sombre destin parsemé de tempêtes où, aux côtés des sempiternels «fils du vent», auront toujours droit de cité : la prostituée qui se pare de vanités pour assouvir les fantasmes des vieux sous l’aile desquels la ville est engloutie; d’innombrables rites infanticides que dissimule le silence; de dégoutants « coins d’ordures d’odeur d’égoutshumaines qui,fleurettes » Des « » ; quand tinte « le mélancolique air des destins tronqués », « cisaillent leur sommeil/ hanté de cauchemars faméliques ». Aux coulisses de ce capharnaüm urbain qui au poète donne du cafard, aux hublots de cet Armageddon esthétiquement décrit, mieux encore dans ses premières stations, l’on peut croire, de prime abord, que le crépuscule aura toujours raison de l’aurore, que la nuit subtilement recréée nous meublera toujours de son maigre manteau d’épreuves. Que non! C’est ici que la poésie, parce que source de vie et fragrance de l’espérance, reprend, sous la dictée de ses propres jérémiades, le pouls de l’émerveillement. Ainsi, loin de la périphérie où sédimente plus le froment de la pauvreté, une porte à demi ensoleillée s’ouvre sur la ville, telle l’infime surrection des boutures de l’équilibre perdue. L’on est au moins tenté de se remettre à l’Absolu, de faire siennes ces recommandations de Sainte Thérèse de Jésus : « Rien ne te trouble/ Rien ne t’épouvante/ Tout passe/ La patience obtient tout/ Dieu seul suffit ». Cet équilibre à venir est une offrande qui viendra non de l’insurrection, mais de la persévérance, de la foi en la providence, bien que pour l’instant,
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Les rivières transportent les rugissements Des fleurs aux corolles ensanglantées Par des crocs de vieillards cannibales Vers les senteurs de l’arrière-natal « Arrière-natal» qui assiste, sans défense, à l’hypocrisie des « panthères pusillanimes», au délabrement des mœurs, aux homicides volontaires, voire au « génocide floral ». Arrière pays « natal » ou « mental », a-t-il sciemment omis de dire, pour ne pas s’inscrire dans la plagiaire monotonie, pour tenter, malgré lui, d’assumer une originalité littéraire qui s’annule au sein même de ses lectures décisives, de son indirecte filiation à la chapelle de d’Almeida et aux diverses poétisations de la ville tel qu’il apparait chez plusieurs plumes camerounaises de l’heure. Idéologiquement parlant, l’ombre deLa Ronde des Poètessur cette autre plane radiographie de Yaoundé, laquelle rappelle, de par les nombreuses invocations et intertextes y relatifs, quelques passages structurants deVilledéogramme de Jean Claude Awono, recueil qui, tout commeMétéorites, allie aussi bien esthétique poétique et vision anthropocentrique de la littérature. Pour l’instant, au-delà de l’artifice poétique,le tableau que peint le poète n’est pas loin de déplaire aux âmes sensibles. La personnification des fleurs aux « rugissements » emportés (par les effluves du fleuve) et aux corolles sanguinolentes renvoie toujours à leur condition de victimes violentées et non résignées. Ce hurlement floral est la preuve par le cri que la jeunesse tente de résister à la brutalité animale de ses assaillants dont la prosopographie et l’étopée ratifient, au plan rhétorique, leur froideur cannibale. C’est la preuve que lorsqu’on tape sur un enfant il pleure. Encore faut-il que le cri qu’il pousse émeuve le parent « correcteur » qui parfois frappe sans raison, par habitude ou par manque de responsabilité, par ignorance ou par pure méchanceté. Mais ne désespérons pas. Par delà les blessures de l’aujourd’hui, il n’est pas improbable que d’autres types de senteurs pourront un jour jaillir des ruines pestilentielles de « ma ville », de la ville actuelle du poète. Si les fleurs scarifiées et écrasées par les vieux ne meurent, tout comme le grain de blé, si elles n’acceptent pas de s’épanouir de cette saumâtre manière, si elles ne transcendent pas leur souffrance, c’est-à-dire la génétique prophétie de leur chute, comment pourront-elles vieillir et
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