Deux choses lune

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Deux choses lune est un recueil de textes choisis d'abord pour un public adolescent. Mais il est aussi un livre sur les âges de la vie, le sentiment de flottement, d'incertitude, cette essence de soi interrompue, irrésolue, dont on perd parfois la maîtrise et qui somme toute nous fait revivre parfois d'une autre façon.

Initialement, ces textes ont été exposés, accompagnés d'aquarelles et d'acryliques dans des lieux publics (brasseries, bars de cinéma, bibliothèques...). Certaines ont été présentés à des concours d'écriture de textes poétiques, contes et nouvelles.


L'auteur a publié en 2011 Intelligence crasse, recueil de textes écrits à partir de collages du peintre Tart.

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782960126013
Nombre de pages : non-communiqué
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Il y a
Il y a une maison avec des grandes fenêtres Il y a des oiseaux qui sifflent des airs inconnus Il y a des arbres avec des fleurs qui ne meurent jamais Il y a de la musique qui fait résonner les parterres [de béton Il y a des garçons qui se soucient de savoir ce qu’aiment [les filles Il y a des professeurs qui inventent des mots d’amour Il y a des enfants avec des boucles blondes Il y a des écoles et des tableaux bordeaux Il y a des grands-mères préférant le bon vin [aux bonbons trop sucrés
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Il n’y a pas
Il n’y a pas de maison avec des grandes fenêtres Il n’y a pas d’oiseaux qui sifflent des airs inconnus Il n’y a pas d’arbres avec des fleurs qui ne meurent pas Il n’y a pas de musique qui fait résonner les parterres [de béton Il n’y a pas de garçons qui se soucient de savoir [ce qu’aiment les filles Il n’y a pas de professeurs qui inventent des mots [d’amour Il n’y a pas d’enfants avec des boucles blondes Il n’y a pas d’écoles avec des tableaux bordeaux Il n’y a pas de grands-mères préférant le bon vin [aux bonbons trop sucrés
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*
Du crachin sur ma tempe Ton regard de cette trempe ! À la base d’une rime D’une chanson dont le geste ne se perd Je m’attache à tes propos Je partage Mes billets d’humeur On a des mots Je rattrape une benne, je me corrige Bravant une solitude forcée Avec comme appui : Des bouches malades, des regards laissés Des failles mais qui font le sort Si nos écarts Se retournent sur une toile… Nos joues contre jours De sens à la violence
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Tous les chiens de ma ville
Coca, Bandit… Tous les chiens de ma ville Jack, Téquila, Freddy Bobby Sortent leur maître La première et la dernière heure du jour En pyjama pour l’éternité, le visage attaqué par le temps Ramasse les excréments Ma grande ville et ses chiens Fidèles, Médor et César Ont faim de fines préparations Le lundi, du poulet Le mardi, du lapin, etc. Tom À la place d’une femme ou bien d’un homme Tous les chiens de ma ville Reniflent Près des usines désaffectées À côté d’un garage, à côté d’un trafique Et s’ils finissent par nous manger Rageusement nous dévorer C’est parce qu’ils ne cessent jamais de nous aimer
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La solitude
Cette nuit Ou plutôt vers minuit Deux petits fantômes Impolis Ont écrit mille fois le mot « lost » Sur mes murs Ce jour Je me suis mis à crier mille fois le mot « elaune » Puis j’ai couru mille kilomètres Sur les chemins àrefer Fatigué Je suis rentré Me reposer Dans la pièce la plus confortable de ma maison Je sortais ces mots : Jours sang Vie à dos d’âme au court-brouillon Atterré, j’ai constaté : « Mais je suis fou ! » Je me suis relevé Pour aller regarder Dans le miroir de ma salle de bains
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Couvert de buée : MON ARBRE BRONCHIQUE Je me suis rassuré « Il est toujours là » « Il est toujours entier »
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Il naît
Il est  avec la tristesse Déposée solidement dans le creux de son cœur Froide comme le fer Éternelle comme l’enfer Il a Il naît Cherche Les mots pour elle La découvre Il naît  trouve Douleur Il balbutie Quelques mots d’elle au plus assassin des hommes À une femme À un enfant Sa mémoire et son corps En vue au vent vacillent Les mots s’essayent Ils pleurent avec elle Sur la plus fragile écorce La font craquer Elle est
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S’en allant suivre Avec elle Leur folie la plus rude Cherche à soulever et à poser Elle naît arme Il est
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