Dialogue des gentianes

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Comment les mots qui surgissent peuvent-ils dépasser la pensée et enseigner au poète à se dépasser ? Pourquoi, un jour, tomber en arrêt devant une gentiane, jaune, et s'y arrimer ?
Publié le : mercredi 4 février 2015
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EAN13 : 9782336368528
Nombre de pages : 86
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Jacqueline ASSAlDialogue des gentianes
Au premier soir, la vision d’une gentiane s’impose sur le Plateau,
un peu comme une extase furtive où la conscience et le bonheur Dialogue des gentianes
d’exister s’éprouveraient dans des sensations d’herbe sous le vent.
Cette gentiane est-elle un signe, l’indication d’une présence tuté- Poésielaire qui se dresse à l’orée d’une semaine où s’égrène l’attente ?
l ’air suggère les traits d’un visage. Quand il se manifeste enfn,
après l’essoufement des courses d’une traite dans l’orbe des vol -
cans, là où le velours des puys tapisse le poitrail mordoré de
la terre autrefois prolifque de feu, il est bien tard. Au-delà des
mesures du silence s’ouvre le lest étrange des libertés.
Restent une silhouette d’homme, nimbée d’indistinction, qui
s’agite dans l’ombre bleue d’une gentiane, et un jour pour se
reconnaître et imaginer la douceur.
Jacqueline Assaël est helléniste, spécialiste du théâtre
d’Euripide, mais ses lectures et ses études sont multiples,
des Écritures bibliques à l’œuvre tout à fait
contemporaine de Frédéric Jacques Temple. Elle est l’auteur
d’une dizaine de recueils de poésie, parmi lesquels notamment Janus et la
méduse (prix d’Estieugues), De l’âpreté des drailles, Voilier-Sirène (prix
de la Ville de Montpellier), Catalyse, l es orpailleurs de Dieu.
11,50 €
ISBN : 978-2-343-05418-6
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Dialogue des gentianes Jacqueline ASSA l











Dialogue des gentianes







Jacqueline Assaël














Dialogue des gentianes
Poésie
























































































Du même auteur

Les orpailleurs de Dieu, Éd. Clapàs, Millau, 2012.
Gospel pour un peintre, Éd. Clapàs, Millau, 2009.
Catalyse, Éd. Souffles, Montpellier, 2008.
Janus et la méduse, Éd. La licorne, Bourg de Thizy, 2004.
Dionysiaques, Éd. Encres Vives, Colomiers, 2002.
Circé des amours libertaires, Éd. Encres Vives,
Colomiers, 2002.
Le faune du vieil étang ermite, Éd. La Porte, Laon, 2002.
Voilier - Sirène, Éd. Encres Vives, Colomiers, 2001.
Place de l’Horloge et contrepoint, Éd. Encres Vives,
Colomiers, 2001.
De l’âpreté des drailles, Éd. Encres Vives, Colomiers,
2000.







































































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05418-6
EAN : 9782343054186
Avant-propos

« Les mots qui vont surgir savent de nous ce
1que nous ignorons d’eux » .
Les mots, oui, qui nous surprennent et qui se
surprennent eux-mêmes à dire notre vérité dans des
contre-emplois qui subitement leur conviennent et qui
enrichissent, dans une occurrence d’exception, la panoplie
de leurs significations.
Un sens qui ne se fixe pas, d’ailleurs, mais qui se
cristallise, dans les remous sans vagues et les abîmes des
pensées, comme Délos, l’île sans amarres, qui fleurit et
qui flotte, inaccessible pour qui n’est pas un nageur
aguerri des langages, c’est-à-dire un poète.
Un sens détaché de toutes les habitudes, les codes, les
conventions, les sagesses, et de tous les lexiques et
certitudes. Un sens qui surgit au carrefour des rencontres
entre une situation et une sensation. Et dans ce carrefour,
autrement, il n’y aurait pas de mot.
Un mot qui vient s’installer dans les interstices du
vide, comme une saxifrage, et qui s’y épanouit, inventant
l’humus infime et la plénitude des arrière-plans et des
tiroirs sans fond où la conscience peuple le vide.
Les mots, oui, qui vont surgir… Mais aussi les images.

Les images qui ne viennent pas de nous, qui viennent
de l’autre bord, qui traversent l’espace entre la réalité qui
nous est extérieure et les tréfonds de la conscience.
Car la poésie ne se déclenche pas dans le simple
mystère mécanique des mots, mais dans l’aventure de la
chair, ou de l’esprit, qui se découvrent dans le monde, et
qui le disent. Dans cette aimantation, les mots s’affolent,
comme une boussole qui entrerait dans une quatrième
dimension où il faut prophétiser la part d’inconnu
sensible tissant notre vie.
Un jour, donc, surgit une gentiane. Peut-être,
d’ailleurs, était-ce une autre fleur. Il me restera le secret
des formes. Mais, dans l’expérience poétique, ce nom

1 René Char, Sept saisis par l’hiver, dans Chants de la
Balandrane, Gallimard, 1977, p. 16.
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