Disgrâce

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Voyagez en lisant le poème "Disgrâce" écrit par Pontus de TYARD. Ce poète de France est né en 1521, mort en 1605. "Disgrâce" de de TYARD est un poème classique extrait du recueil Premier livre des erreurs amoureuses. Vous avez besoin de ce poème pour vos cours ou alors pour votre propre plaisir ? Alors découvrez-le sur cette page. Le téléchargement de ce poème est gratuit et vous pourrez aussi l’imprimer.
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Publié le : lundi 30 juin 2014
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Disgrâce

La haute Idée à mon univers mère,
Si hautement de nul jamais comprise,
M'est à présent ténébreuse Chimère.

Le tout, d'où fut toute ma forme prise,
Plus de mon tout, de mon tout exemplaire,
M'est simplement une vaine feintise.

Ce qui soulait mon imparfait parfaire
Par son parfait, sa force a retirée,
Pour mon parfait en imparfait refaire.

Le Ciel, qui fut mon haut Ciel Empyrée,
Fixe moteur de ma force première,
Pour m'affaiblir rend sa force empirée.

La grand clarté, à luire coutumière
En mon obscur, me semble être éclipsée
Pour me priver du jour de sa lumière.

La Sphère en rond, de circuit lassée
Pour ma faveur, malgré sa symétrie
En nouveau cours contre moi s'est poussée.

La harmonie, aux doux consens nourrie
Des sept accords, contre l'ordre sphérique
Horriblement entour mon ouïr crie.

Le clair Soleil, par la ligne écliptique
De son devoir mes yeux plus n'illumine,
Mais, puis que pis ne peut, se fait oblique.

La déité, qui de moi détermine,
De ne prévoir que mon malheur m'assure,
Et au passer du temps mon bien termine.

L'âme, qui fit longtemps en moi demeure,
Iniquement d'autre corps s'associe.
Et s'éloignant de moi, veut que je meure
Pour s'exercer en palingénésie.

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