Double et douce ellipse

De
Publié par

Longtemps j'ai marché dans le désert à la recherche de l'amour, l'amour de l'autre et l'amour de soi à la lumière de ma lanterne magique. Chaussée de mes lunettes surréalistes et symbolistes, j'ai couché sur le papier le récit poétique de mes amours tourmentés. J'ai sublimé mes frustrations et ennobli mes conquêtes les rendant immortelles pour celui qui veut s'en délecter. C'est un voyage que je propose en terres « laurenciennes » aux confins d'un autre univers tantôt grave, tantôt bohème, tantôt métaphysique. Voici les textes éroticos, romanticos, rococos de Laurence Lignères.


Publié le : lundi 8 février 2016
Lecture(s) : 1
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332990136
Nombre de pages : 176
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Convertnre
Copyright
Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-99011-2
© Edilivre, 2016
I
Le Temps des soupirs :
*Donble et donce ellipse*
Ne riez pas des hommages enflammés que je dépose à vos pieds. Chaque visage aimé est une perle que je caresse dans les replis de ma mémoire. La ronde de mes amours platoniques est un chapelet que j’égraine les jours et les nuits où ma solitude me pèse. Pas un de ces portraits ne se défait de ma chevelure que je noue et que je dénoue avec jouissance et fierté et chagrin.
Lorsque j’aime, je me sens transcendée, exaltée, emportée loin des fièvres d’ici-bas. Je traverse les couloirs éthérés de l’Aube, je baigne mes mains dans les fontaines d’ivoire et de nacre. Et lorsque je promène un peigne dans mes cheveux, c’est toutes les romances de la Terre qui se pressent sous mes doigts qui ondulent sous mes larmes comme des pétales que le vent fait s’envoler de ma main.
Je songe aux mystères de Vénus, à ses voiles opalescents à liserés dorés ; à la pureté de ses lignes, à ces mots qui parcourent à petits pas les boudoirs où Cupidon s’assoupit tendrement. Je rêve de ces charmants jardins où l’on se perd pour mieux se retrouver et de la grâce exquise et évanescente des attitudes, des ports de têtes et de bras qui font la trame de cette lointaine nonchalance cavalière. On se penche et à demi-mot l’on rit doucement de ces langueurs pâles mais si érotiques, du temps arrêté dans un battement de cils. Tant de mort, tant d’amour, tant de vie concentrés en un seul instant, dans un silence à peine murmuré entre deux cœurs enlacés qui déjà, deviennent étrangers et transparents aux yeux du monde.
De la dentelle à peine fripée s’échappe de mes manches. Je tiens mon cœur dans mes mains ainsi qu’un médaillon de jadis. Car… Il est de superbes portraits qui procurent des émotions à nulles autres pareilles tant leurs traits sont sublimes. Des visages et des gestes entourés d’une aura, d’une magie suprême qui fait trembler d’extase. Une magnificence qui pétrifie et qui absorbe tout ce qui est dans la contemplation de cet Autre inattendu.
A cette heure de la nuit, je suis saisie par les accords mélancoliques et graves et tendres d’une chaconne. Conquis dans un éblouissement, j’éprouve l’espoir poignant qu’un jour cet inconnu me dise enfin de sa belle voix basse :
– « Je suis venu ce soir, t’apporter tout ce que tu as chéri en mon absence et je sécherai tes larmes et je cicatriserai tes plaies et jamais plus il n’y aura de lever et de coucher du soleil sans toi à mon côté, ma Bien Aimée… Et nous irons deux par deux de par le monde… »
*A
dante cantabile*
Vous, dont je ne connais pas le nom. Vous, dont je ne sais rien. Il a suffi de quelques minutes pour que mon cœur s’embrase devant la magnificence des traits de votre visage.
Toute remplie de cette amoureuse flamme, j’ai senti mes mains trembler et mon cœur battre plus fort lorsque mes pas me rapprochaient de votre présence. Quel bonheur cela doit être de soupirer entre vos bras et de sentir vos lèvres cueillir sur les miennes ce baiser désiré dans un long silence ému.
Allongés dans une prairie en fleur, j’aimerais reposer contre vous. Je laisserai vos mains m’effeuiller telle une marguerite, me dévêtir lentement pour découvrir chaque partie de mon corps comme des trésors cachés. Et que ma joie sera grande lorsque libéré de vos atours, je pourrais à mon tour parcourir de caresses votre corps entier ; lorsque je pourrais savourer par tous les pores de ma peau l’enivrante tiédeur de nos corps enchevêtrés.
Mais point de hâte ne s’en faut. Bel ami, le désir m’égare. Nos chemins se croiseront ils à nouveau ? Ou bien connaîtrai-je l’infortune de ne plus vous revoir ? Me faudra-t-il alors de nouveau abandonner l’idée de cette union, même éphémère, déjà devenu chère à mon cœur ? Ce n’est point un grand Amour mais… que d’agréables transports ! Monsieur, si vous acceptiez de me faire l’amour, je serais assurément la plus heureuse et la plus comblée des femmes.
*Lemiroir de lumière*
Clair de lune aux allées du Roi, viendrait à moi, Si la Diane de Raray n’écartait déjà, Le flambeau de cette promesse ineffable. Sur ma peau dorée, une licorne est gravée, Et je porte à mon front son doux croissant lunaire, Resplendissante odalisque des nuits bleutées. Violettes et perles blanches des matins d’hiver Au manteau de pourpre des cieux impalpables ; J’aimerais vous épouser, chère licorne, Vierge, sous ma couronne de belladone, Telle une reine sous le dais immaculé, Je m’enfuis dans le temps, par vos yeux mon aimé.
*La révélation du dard*
Mon épiderme de nacre se distille dans l’écume de ton sillage. Sous des tentures explosives aux milles couleurs changeantes et chatoyantes, des flûtes de cristal, de quartz me racontent la vie à sa source.
Vaille que vaille du bout de mes doigts, j’entonne à nouveau le serment de la rose. Qu’elle écorche avec ses épines ou qu’elle enivre avec son parfum, elle peuple mes nuits esseulées de rêves inachevés. Ame blessée vagabonde dans les transes.
Un seul soupir la comble et la sublime dans ses larmes. Agenouillée, perdue dans les plis de sa robe, elle s’émeut lorsqu’on en effleure les pans. Car pour qui l’on brûle, on frissonne d’aise opportune. Maintenez-moi entre vos bras sur les pentes du hasard pour que cet instant perdure…
Yvan, le hardi, le son de ta voix si basse, si grave me berce et lorsque tu murmures à mes oreilles, mon âme et mon corps ravis vibrent d’un plaisir inédit. Lorsque tu apparais dans la salle avec ta chevelure nouée et ta haute stature, mon cœur chavire devant tant de noblesse, de beauté et de simplicité. A ce moment précis, tu sembles couronné d’une sorte de mandorle aérienne, délicate et lointaine qui ne semble jamais se poser tout à fait. Cette enveloppe précieuse, semblable à une bulle transparente, irisée des couleurs de l’arc-en-ciel, continue son voyage dans ma mémoire matricielle.
Bel Yvan, j’aimerais enfreindre tes lois et te retenir à la fois. Etre belle sous tes doigts, être sublime sur ton cœur. Mais d’un autre cœur bat l’extase, d’un autre cœur part la sentinelle. Et toi, cavalier espiègle, tu balayes le crépuscule funambule de part et d’autre du méridien caché de son absence. Ci-gît entre tes doigts comme un coquillage échoué sur la grève.
*Redez-vous au jardin du Luxembourg*
Petit prince, je voudrais te saisir du bout des lèvres, du bout des doigts et t’emporter dans mes délires fugaces mais ton humeur taquine me désarme et me remplit de perplexité.
Que retiendrai-je de cette rencontre ? Un café près du Luxembourg. Une promenade galante ; gracieuse et lente. Légère comme si le temps s’était arrêté, volubile et troublante. Nos têtes s’engourdissent voluptueusement, irrésistiblement. Qu’il y a-t-il au bout de nos phrases ? Qu’il y a-t-il derrière les mots ?
Baissons les masques. Loin, loin des rives des mondes étrangers, nos âmes parlent la même langue de feu. Aux amoureux avides d’horizons lointains et inconnus, partez ! Partons comme ce vol d’oiseau à tire d’aile dans le grand soleil rougeoyant.
Si tu suis ces lignes peut-être arriveras-tu à me retrouver et à me comprendre. Comprendre la géométrie de mon amour et de mon esprit. Viens ! Viens me rejoindre. Il suffit de passer à travers cette feuille. Je t’attends. Je suis présente et passée de l’autre côté. Ce n’est pas difficile, il suffit de retourner les choses de les mettre à l’envers. Les mots ne sont qu’un chemin de mes lèvres à tes lèvres ; de tes lèvres à mes lèvres.
Les cloches noires sonnent le retour du crépuscule. Un brouillard blanc opaque couvre les étendues du lac et pénètre de son humidité la peau de nos visages. Petit Prince, je veux t’inscrire dans ma destinée et devenir tienne dans la terre ; au milieu des tombes et des arbres ; des oiseaux et du calme ; Amour et paix ad eternam.
*Toile de mirage*
D’un déhanchement de lune, je te regarde projetant la blancheur de ta peau sur l’écran bleu nuit de mes rêves. Je me balance portée par la caresse des vents, le fil du compas pointé vers l’horizon glabre, palabre ; vers le pointe de fuite inatteignable. Blanche, blanche lune, couleur de sang, couleur écarlate.
Ami, connais-tu la poudre de ces mots sacrés ? Le poison qui tue à petits feux ? Bouffée, ravagée, rompue ; j’ai l’envie de tout plaquer. Partir pour rejoindre la plénitude, une totalité. Je pourrais jouer la dérision et l’amertume sur les planches. Rire, pleurer ; oublier et tout recommencer. Tu restes une simple vision que je ne posséderai jamais ; une image magnifique bordée de soleils radieux et d’océans paisibles. Calme d’outre-tombe qui me rappelle à l’étrangeté de ma vie moribonde.
Le désir égare mon regard dans l’antichambre de l’amour. Ma lune découpe ton soleil sous ses moindres tâches et rêve de lui donner un long sanglot velouté au retour du couché. J’ose rêver pouvoir recueillir cet écho entre tes mains et la rosée saphir le long de mes voiles. Poussée à demi-morte, je songerai là que c’était la plus belle emphase, le plus beau repos que d’être à ton côté.
Que l’on puisse être humble ou roi, quel écueil de prendre ces mots avec orgueil. Ceux sont les mots d’une longue détresse. Détresse qui s’apaise un moment lorsque le feu de nos iris s’interpénètrent et tressaillent de leur rencontre. Mais ce n’est rien par rapport à la matière que je tisse, à la fusion envisagée de nos abysses.
Délacez-moi ! Délassez-moi ! Aurait été la seule prière si je n’avais pas perçu la probabilité d’une étincelle sous le vent troublé de mon émotion. Mais peut-être ai-je tort de vous désirer si fort. Je fonds devant la plasticité de vos formes mais j’ignore le fond de votre âme.
Et puis le cœur me manquerait de vous voir vous soustraire à ma requête et je n’ai pas le courage de jouer la comédie de l’amitié amoureuse. Alors Bel Astre, alors seulement vous pourrez vous dire que je vous ai contemplé avec délice et désir et que j’ai frémi sur votre bouche.
*Offrandes à Zeus*
Lumière ! Lumière ! Viens éclairer ce qui est obscur ! Viens retirer les fossés qui me séparent de toi. Fais fondre ma peur de l’infini et de l’illimité ! Elève mon esprit et mon cœur afin que je vibre de tous mes corps et que j’approche le saint des saints ! Amour !
Pyramide ! Tu es en haut, je suis en bas ! Je te regarde et je t’écoute avec un plaisir indicible. J’aimerais que ces moments ne s’achèvent jamais. J’emporte avec moi ces bulles de souvenirs que je consulte sans retenue dans la chambre noire de mon repos.
Je ris et je cours ; mon corps parle et tressaille de ce que mon cœur murmure et fait briller dans mes yeux. Je suis une !
Naissance ! Naissance ! Je me dénude dépassant mes tabous, souhaitant aller jusqu’au bout de mon rêve fou. J’aimerais caresser ton visage, me baigner dans tes yeux, embrasser tes lèvres ; toi que mon cœur a choisi… Entre tes bras, je serai si petite, si légère, telle une brindille, sur ton chemin de pierre…
Vieux chêne vert, même ton âge m’indiffère… et je ris ! Je ris même de cette audace et m’en étonne. Comment aurais-je pu le croire ? Toi ici tel que tu es, hiératique et puissant tel un pharaon sur un trône de granit noir, inaccessible roi de ce sublime espoir. Je cherche les mots que je ne peux prononcer car j’ai peur de ne pas être écouté ; tant d’émois en si peu d’espace… Je frémis chaque fois, ravie de mon trouble positivement indécent devant ton être irrésistible. Même dans le silence, je me délecte de ta présence, observant passionnément le fil de tes émotions et de ta vie. J’aime ton altruisme, ta générosité, ta sagesse… Je rêve que tu me soulèves et m’emportes dans un lit de fleurs ; que tu m’enveloppes et me pénètres de ton automne joyeux ; éveillant mes premiers jours d’été, m’exhortant à devenir femme ! J’ai vu, ébahie, apparaître sur tes lèvres, de fines pâquerettes et je t’ai épousé, secrètement, dans le silence bohème de ces jours bénis. Une écharpe de soie glisse sur ta peau… Les bras levaient au ciel, j’invoque pour toi la sublime magie d’Hécate.
Comme les vagues s’abîment sur les rochers, mes écrits subversifs défient ton mariage, ultime rempart que seul Pégase me fait survoler. Chimère immorale, la flèche de Bellérophon te tue ! Alors tant pis !
Puisque cet écrit est tout ce qui me reste de ce vertige indigo, de cette fièvre écarlate ! Mes talons cognent les flancs de Pégase et je repars heureuse d’avoir osé aimer, mon regard d’onyx et d’opale si clair, te suivant au loin…
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Les 12 portes du Kaama

de editions-edilivre

Le Prix des choses

de editions-edilivre

Le Chant de Marie

de editions-edilivre

suivant