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Echappée

De
136 pages
Ces poèmes ont été égrainés entre Inde et Turquie. Jetés çà et là, crachés au vent irrésolu de l'ailleurs, semés sur les sentiers cahoteux d'un continent enfoui, ils sont l'épine dorsale d'un voyage au long cours, le tuteur et le lien, les témoins d'une errance aimée. Juste avant que les hommes ne transforment ces sentiers en autoroutes à péages. Avant demain...
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ÉCHAPPÉE
(Poèmes nomades)

@

L'HARMATTAN,

2007

5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
L'HARMATTAN, ITALlA s.r.1. Via Degli Artisti 15 ; 10124 Torino L'HARMATTAN HONGRIE Konyvesbolt ; Kossuth L. u. 14-16; 1053 Budapest L'HARMATTAN BURKINA FASO 1200 logements vi1la 96 ; 12B2260 ; Ouagadougou 12 Esp ACE L'HARMATTAN KlNSHASA Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives BP243, KIN XI ; Université de Kinshasa - RDC

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1!{iJ,wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-02426-7 EAN : 9782296024267

Didier THURIOS

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,

ECHAPPEE
(Poèmes nomades)

L'Harmattan

Poètes des Cinq Continents En hommage à Geneviève Clancy qui l'a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan
La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d'ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an.

Déjà parus 435 434 433 432 431430 429

Miguel PADEIRO, Le dérèglement des plages, 2007. Patrick NA VAÏ, L'Écho des dits, 2006. Philippe GUÉNIN, Temps, 2006. Philippe TANCELIN, Sur le front du jour, 2006. Caroline BARBIER-BELTZ, Poèmes et slam, 2006. Yves UNTEL-PASTEL, L'humeur des cannes, 2006.
CASTELLON, Mentor de l'esprit, 2006.

_ Blanca

428 - Patrick BERTA FORGAS, L'ordre des métamorphoses, 2006. 427 - SA YA T -NOVA, Odes arméniennes, édition bilingue, Traductions et notes Elisabeth Mouradian et Serge Venturini, 2006. 426 - Frantz MYNARD, Fantasia, 2006. 425 - Youssef HADDAD, Au deçà de là, 2006. 424 - Paul Henri LERSEN, Maât. L'oeil noir des mots, 2006. 423 - Hafid GAFAITI, La gorge tranchée du soleil/the slit throat of the sun, 2006. 422 - William SOUNY, Sèt Po, 2006. 421 - Anne de COMMINES, Le dé chiffré suivi de Nos arabesques d'argile, 2006. 420 - Jean-Dominique PENEL, Kya, 2006. 419 - Marcel MIGOZZI, Des traces dispersées, 2006. 418 - Jean-François ROGER, Neige Carcérale, 2006. 417 - Rabah SOUKEHAL, Poèmes pour ne plus rêver, 2006. 416 - Philippe TANCELIN, Lesfonds d'éveil, 2006.

À mon père. À ma mère, qui m'a OUl'ert la porte des mots...

Mon enfant adoré

à Mael'G

Tu dors sur mon épaule mon enfant adoré ton souffle régulier qui se mélange au mien nos peaux qui sont soudées à l'amorce de l'aube et le jour insidieux fracturant les persiennes et le jour insidieux qui tâtonne et se glisse ce soleil de janvier s'étirant sur ta tempe serein et alangui comme une journée encore à Pondichéry la pulpe de tes lèvres l'horizon de ton front tu dors sur mon épaule mon enfant adoré cette goutte de rosée tombée sur ma joue tombée d'on ne sait où il n'y a que le bonheur qui me fasse pleurer il n 'y a que le bonheur mais je sèche mes yeux tu vas te réveiller.

POl/dichéry, II/de, jal/vier 2004

Matin du monde

De vagues oiseaux gris qui zèbrent l'azur dans la gelée brumeuse aux confins des palmiers le souffle de Shiva sur la nuque des pierres parfumé et brûlant déjà des chimères du jour... Des gopurams sans têtes aux theertams engourdis et déjà les beuglements avides de rickshaws enroués, ma chambre sur le toit et la vie qui s'étire au rythme du linge battu des terrasses, fumerolles sales au-dessus du volcan, femmes lourdes mais lestes penchées sur le foyer ma chambre sur le toit et dans le creux de ma main, tous les matins du monde.

Tiru/Jallamalaï, Illde, fé/Jrier 2004

8

Luxuriance

Luxuriance verte verticalité, ces silences pareils à la blancheur d'écume sur les lèvres molles d'un sablier, l'exubérance de formes ostentatoires et puis l'embrasement final, la quête distordue d'un été hivernal quand criardent les oiseaux m'as-tu-vu dans les canopées... Luxuriance, éléments immémoriaux, la nuit détend les ressorts intimes de nos mécanismes huilés; Quand froncent les ridules argentées rien ne s'imagine, tout est... Luxuriance blonde horizontalité de sillages fins, symétrie parfaite, ces pa]pitements intimes contemplatifs, le croissant de lune où pendent des moustiquaires rêveuses. je crois en la linéarité des origines. Ie vertica 1 inspir. l'oblique ubiquité humaine.

Halle/ack Is/al/d, AI/damal/, mars 2004

9

Excepté

Excepté la fixité des choses souverainement appesanties, la lumière posée sur la pliure des jours et d'obséquieux palétuviers à caresser la vague, sauf le miroir lunaire dans les yeux de la mer comme coulées de lave sur le corps des volcans, moins d'excentriques poissons irisés de corail et d'improbables orgies de l'œil dans le vert de la jungle, excepté l'exceptionnel il reste trois fois rien nos doigts enlacés à tout jamais, quelques gouttes de sang dans nos veines croisées, iJ reste nous, baignant dans le soleil.

Halle/ark Is/al/d, AI/damal/, mars 2004

10

Vert bleu blanc

Je n'attends rien de plus les bleus infinis les vel1s incandescents pounant irrésolus ecchymoses laissées sur la peau de la mer les mangroves lépreuses au bout de ces terres vierges me sont hospitalières les journées irradiées de blanc bonheur ne m'effraient plus je n'ai rien à demander plus de rêve à moudre de passé à recoudre j'écoute le ressac du temps s'éponger lentement avec la su ffisance des opulents,

Hapelack Islal/d, AI/damal/,

mars 2004

11

Brahim

Brahim mon ami mon frère africain les ans se suivent et se ressemblent tous la saveur de la terre au fond de la gorge casser des cailloux à Anfa ou Aïn Chok tuer avec Alouane le temps au café des loges. Chichaoua au mois d'août terre des ancêtres aux côtés de ton père et de Balka.., Seigneur berbère au chevet des vieux du village. ces pays merveilleux tu ne les verras pas ce sentier lumineux qui mène où bon lui semble et la griserie des frontières ces arbres démesurés gorgés de calaos et ces fleurs qui se courbent tu ne les sentiras pas je te les raconterai un jour lointain tu poseras sur moi ton regard clair et tu m'écouteras sans envie heureux de me savoir heureux et nous irons manger des soles et des sardines pour quelques dirhams à Derb Saad et nous partagerons chez un vague cousin un couscous à la viande rare que tu pousseras discrètement vers moi Brahim mon ami mon frère africain nous reviendrons avec Alouane sous l'aile protectrice d'Allah boire trop de cafés serrés chez Aziz Bouderbala,..

Hauelock Is/alld, Alldamall,

mars 2004

12

Nature

/Ji/Je

En haut des cimes où le vent tutoie le terrestre je me perds parfois en des silences inattendus, introduit malgré moi dans des trouées captives, muet et attentif aux frôlements lugubres. Fronton de l'abîme où s'écrase l'impression, frustration de I' œi1 devenu voyeur impuissant, c'est dénué de sens que l'esprit se pose et s'endort. Alors taire ses sens." Au confluent des ondes telluriques et cosmiques, je les dépose en offrande au pied pachydermique des arbres. Mesure de moi...

Neil Islal/d, AI/daman,

mars 2004

13