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Éclats de soleil nocturne

De
116 pages
Sous les éclats d'un soleil dont l'excentrique exploit est d'être nocturne, on s'engouffre en toute quiétude avec Christiane Okang Dyemma, la poétesse aux oxymores tonitruantes, dans un tunnel qui n'est autre que l'ondoyant tunnel de la vie, un éden où règne une splendide gent féminine. On en sort néanmoins subjugué sous la gracieuse et inédite onction des édifiantes productions terriennes du Cameroun et de la Guadeloupe natale de l'auteure.
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Christiane Okang Dyemma
Éclats de soleil nocturne Poèmes
Préface de Charly Gabriel Mbock Postface de JeanClaude Awono
Lettres camerounaises
Éclats de soleil nocturne
Lettres camerounaises Collection dirigée par Gérard-Marie MessinaLa collectionLettres camerounaisesl’avantage du présente positionnement international d’une parole autochtone camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en plus regardante. Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire propre, la collectionLettres camerounaises s’intéresse particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente la conception de la vision stratégique. Déjà parus Edmond OSSOKO,Symphonies, 2014. Merveiline TAPI,Éva. Tranche de vie, 2014. Madjirébaye Hervé,Le prix du pardon, 2014. Pierre BEDEL MBELLA,Le cordon ombilical, 2014. Djhamidi BOND,Amour et préjugés, 2014. Pierre BEDEL MBELLA,La veuve blanche, 2014. Ginette MINTOOGUE,Renaître. Regard vers le passé d’une adolescente, 2014. Patricia NOUMI,Aimer sans réserve, 2014. Marcelline Nnomo ZANGA,De la parole à l’écriture en Afrique, 2014. Josiane NGUIMFACK ZEUFACK,Lueur en flamme, 2014. Charles SOH,Ici, ce n’est pas comme là-bas,2014. Paul Emmanuel BASSAMA OUM,Un cheveu sur la soupe, 2014. Alain ABOUNA NOAH,Au-delà des tourments, 2013. Joseph SOP,Une parodie de justice, 2013.
Christiane Okang DyemmaÉclats de soleil nocturne Poèmes Préface de Charly Gabriel Mbock Postface de Jean-Claude Awono
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02697-8 EAN : 9782343026978
À toi feu ma douce et attentive mère, À toi qui n’as pas pu hélas te régaler Des heureux jours de foliation Des grains de tes semailles  Et En hommage aux femmes « pleine-lune » telles Solitude, Ya Assentewa, Gerty Archimède Qui ont fait mûrir ma conscience de femme afro-antillaise. À toutes les femmes de la planète-terre et en particulier Auxfemmes d’Afrique,éclatantes d’énergie constructive Mais privées d’une légitimereconnaissance planétaire.
Préface
Le troisième recueil de Christiane Okang Dyemma est dédié aux femmes, «A toutes les femmes de la planèteterre et en particulier Aux femmes d’Afrique, éclatantes d’énergie constructive Mais privées d’une légitime reconnaissance planétaire» Eclatantes,…mais privées de visibilité, donc frustrées de la lumière même qu’ellessecrètent! Drame paradoxal d’une inéquité séculaire. Par son titre contrasté aux effets d’oxymore, Christiane Okang Dyemma se confirme comme poétesse du paradoxe inclusif et de l’insolite créatif, cette disposition à frapper l’imagination par la mise en contact de valeurs et de réalités si habituellement éloignées que l’esprit non prévenu les aurait figées commeinconciliables, irréductiblement incompatibles. Ce titre résonne de révolte par sa volonté de dépaysement, une manière d’exhortation à déplacer nos bornes existentielles et à bouger nos lignes mentales. Car ce n’est point dans nos quotidiens de plate routine qu’il nous arrive jamais d’être éblouis par des éclats d’un soleil nocturne, l’astre en vedette n’étant pas plus nocturne qu’il n’y a de lune diurne.Eclats de soleil nocturne comportetrois séquences relativement disproportionnées de 10, 13 et 8 poèmes, la première séquence et la troisième servant de prétexte à la mise en valeur de la seconde. Le premier mouvement se définirait volontiers commeLe Temps de l’obscurité; moment de crise initiale qui va des Méandres du tunnelàBouche insonore. Il importe donc bien peu que le lecteur passe des «fâcheuses pluies de cactus» aux «splendides jets d’hibiscus»: l’on est résolument en plein tunnelaux « tumultueux méandres »,aux «arcanes épineux», «boursoufflés de grisaille quotidienne». Rien n’encourage à l’optimisme si l’on en croit ces «regards plongés / Dans les eaux furibondes / D’un océan fuyant son lit / En quête de répit»,
«On s’accrochetout de même », à «cette abstruse vie submergée de stupeurs», dans la parfaite conscience que le bonheur est encore loin, ou qu’il s’éloigne, «Splendeur éclatée/D’un distant éden de verdure». Dans cettePhase de crise et d’obscurité existentielle, la mort, «implacable prédatrice» joue de ses «» etgriffes insatiables « assassines », «Se nourrissant du désespoir des sursitaires/Et s’abreuvant des larmes acides». En pleine atmosphère quasi dépressive, la conscience douloureused’un futur sans avenir s’aggrave d’une poussée intimiste relative à une « indigeste absence» qu’on a en vain tenté de retrouver dans les aéroports, au Raizet de la Guadeloupe ou ailleurs. Ce «départ impromptu»d’un très proche parent qui justifiait tous les espoirs aura donc davantage obscurci le tunnel, incitant la poétesse ainsi sévèrement mutilée à s’exclure des mondanités par inappétence: «Plus tard, je suis restée à part /Pour t’imaginer quelque part. / N’étant point allé à la plage / Je n’ai pas dégusté la nage / J’ai refusé d’aller zouker et me leurrer / Je suis restée à te pleurer».C’est du creux de cette déprime que fusent des questions, toutes orientées vers un«Petit homme à la bouche insonore», dont le crime semble d’avoir offert sa «petite pierre de pérennité/ A l’impassible humanité/imbue d’une ronflante supériorité». «Me répondras-tu?... / Qu’as-tu donc fait ?.../ Que penses-tu donc? » Mais cette pétarade de questions aussi insistantes qu’impatientes est paradoxalement ce qui rallume les bougies en plein tunnel. Selon la poétesse, c’est la vocation même de toute femme,’’Splendide étoile au cœur d’or pur, / Illuminant la nuit et ses incertitudes / De son loyal éclat’’. Les accents du titre déjà, se trahissent comme autant d’indices de signification.Mais c’est le poèmeEnigmatiquequi semble livrer l’une des meilleures clés de l’énigmatique Christiane : au plus sombre de son tunnel existentiel, elle donne vie; elle donne la vie par un acte intime de création poétique ou de procréation humaine selon le registre. Certes l’entreprise s’engage toujours «sans garantie d’une vie
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en devenir» prévient-elle; mais en situation d’intime obscurité, tant pour la création que pour la procréation, il est peu de jeux qui, littéralement, en valent la chandelleautant que le jeu de la rencontre d’une inspiration créatrice avec un destin ou celui de la rencontre d’une semence masculine avec un ovule. De la même manière que le poète, depuis l’Albatros de Baudelaire, se distingue du commun des (oiseaux) humains, la poétesse se sera distinguée du commun des bipèdes pour (pro) créer, à l’image de ce germe fécondantqu’elle met en piste et dont elle nous fait suivre l’athlétique performance:«Se détachant d’une multitude perdanteAvec sa palme solitaire Au beau milieu d’une contrite masseDe tristes recalés(…)Agile, déterminé, l’air patelin,Et voilà le minus à la longue queue Jetant son dévolu sur l’esseulée microscopiqueEn quête d’un amour opulentEt les voilà passionnément indivisibles Dans l’exaltante ferveur d’une exclusive intimitéUnis pour le meilleur de l’aubeComme pour le pire du crépuscule» Sans doute l’intime obscurité d’un tunnel en vaut-elle bien une autre. Pour Christiane Okang Dyemma, l’important n’est déjà plus l’obscur ou le ténébreux nocturne d’un tunnel, mais le soleil de vie qu’on sait y faireéclater. Il n’est donc pas excessif d’estimer qu’Eclats de soleil nocturneun hymne à la vie dont la est femme est le symbole le plus représentatif. La poétesse s’en ouvre dèsMa chanson, le premier poème de la seconde séquence. «Au cœur de mon âme essoufflée / Palpite un cœur tenace (…) / Un cœur qui chante à cœur et gorge déployées / Pour toi femme aux entrailles fructueuses / Sans qui la terre s’abstiendrait d’être terre»La troisième séquence du recueilse présente en huit pièces comme unpatchworkfestival intercontinental où le socioculturel, divertissement et la détente côtoient la gravité de certaines
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