Ecume noire

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"Si nous attendons de la poésie qu'elle nous endorme de ses souples cadences, si nous attendons de la poésie qu'elle nous rassure et nous apaise et souffle dans nos lèvres comme un air de berceuse, mieux vaut passer notre chemin : ce recueil-là n'est pas pour nous (...) C'est un constat d'inespoir que fait l'auteur mais c'est aussi celui du combattant sur tous ces fronts qui s'ouvrent aujourd'hui devant nous. Il décide de prendre la poésie pour arme. (Ananda Devi)
Publié le : mardi 1 février 2011
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EAN13 : 9782296455498
Nombre de pages : 144
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ÉCUME NOIRE
Poètes des Cinq Continents En hommage à Geneviève Clancy qui l’a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan Série Espace expérimental  La collectionPoètes des Cinq Continentsnon seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d’ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an. Déjà parus 93 – Jamal KHAÏRI,Patrie-cide, Poèmes transférés de l’arabe marocain, 2010. 92 – Ludmilla PODKOSOVA,Les déserts de l’amour ou les nouveaux visages de Rimbaud, 2010. 91 – Chantal ENRIGHT,L'Orphelin, 2010. 90 – Hocéïn FARAJ,Brisé de toi, 2010, 89 – Vincent BOUTON,Envahis par nous-mêmes, 2010. 88 – Elsa SFARTMAN,Petites Offrandes Particulières, 2010. 87 – FACINET,Poèmes sans papiers ou opéra-slam, 2010. 86 – Adjmaël HALIDI,Oraisons vespérales, 2009. 85 – Emmanuel BERLAND,Dans la cabane du philosophe, 2009. 84 – Rachid Khaless,Dissidences, 2009. 83 – Kassim DEMBELE,Vents de Grâce, 2009. 82 – Jean FOUCAULT,Comme deux gouttes d’eausuivi deA l’orange, 2009. 81 – Stéphane KROVIN,Égale ou ailleurs, 2009. 80 – Anne-Marie BERNAD,Reviens à l’innocence, 2009. 79 – Dadié ATTEBI,Les derniers rayons de soleil, 2009.78 – Patrick BERTA FORGAS,La chambre des hommes, 2009. 77 – Laurence BOUVET,Traversée obligatoire, 2009. 76 – Hassan WAHBI,Ici, 2009. 75 – Lorraine POBEL,Ils oubliaient la vie, 2009.74 – Christophe BRUNSKI,La beauté de l’effondrement, 2009. 73 – Marc Williams DEBONO,L’Epissure des Mots, 2008. 72 – Bellarmin MOUTSINGA,Le Chant de l’aube, 2008.
Arnaud Delcorte
ÉCUME NOIRE Préface d’Ananda Devi
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54159-7 EAN : 9782296541597
À Mark, le révélateur
À Ophélie et Andréa
Préface Si nous attendons de la poésie qu’elle nous endorme de ses souples cadences, si nous attendons de la poésie qu’elle nous rassure et nous apaise et souffle dans nos lèvres comme un air de berceuse, mieux vaut passer notre chemin : ce recueil-là n’est pas pour nous. Si nous pensons que la poésie n’est pas faite pour ces temps de manque, qu’elle n’a plus de place ni de rôle en notre ère, que l’immédiat en a usurpé l’urgence, ce recueil n’est pas pour nous. Si nous pensons qu’il vaut mieux museler nos désirs que les offrir en partage avec un parfum de soufre et de vertige, qu’une cigarette rouge feu s’immisçant au détour d’un chemin d’ombre ne peut dire le trouble angoissant de l’attente, ce recueil n’est pas pour nous. Car, plus que jamais, la poésie semble sortir du ventre des mourants pour faire entendre leur voix, plus que jamais il nous la faut pour émerger du bruit des chars et des lance-roquettes, plus que jamais le bruit du monde nous annihile et nous assourdit et il nous faut alors cette voix d’outre-monde pour recommencer à entendre, à ressentir, à frémir, à dire le vrai et le silence. Il nous faut arpenter :
le territoire de la souffrance Pour exciser l’enfant Au cœur mortel de l’homme Peu importe dans quelle langue on le dit, le sang est le sang, qu’il soit des exilés, des déportés, des boat people, des enfants esclaves ou des homosexuels interdits d’existence, ici on voyage dans l’univers de tous les camps – de réfugiés, de rééducation ou de concentration –, et tous les camps et tous les murs voyagent sur le dos des hommes pliés. L’homme s’écrase sous ses propres pierres qui très proprement se transforment en dalles, en pierres tombales sans inscription autre que l’indifférence, sans écriture autre que le tatouage invisible d’un numéro perdant ou la croix formée par des noms décimés : Derrière les murs de pierre et de ciment Derrière les murs de vent les murs de mots Vous savez bien ceux qu’on se construit vite fait bien fait Lorsqu’on ne veut plus se parler se regarder lorsqu’on ne peut plus se piffer Ces murs ces murs Qui défigurent les peuples comme un chancre une lèpre Qui segmentent l’esprit et nous rendent tout simplement Schizophrènes
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