Élégies pour le temps de vivre

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Qu'il écrive court comme dans ses derniers recueils ou qu'il tente comme ici un vers plus ample et d'une texture plus dense, la tonalité de Richard Rognet est élégiaque et son champ d'application celui que lui fournit la nature. Mais comme elle, il ne cesse de renouveler son art par une observation quotidienne qu'enrichissent les souvenirs et une réflexion sur la vie, le temps qui passe, la mort. Son poème est discret, d'une sensibilité aiguë, toujours 'entre abandon et veille' comme le souffle qui le traverse.
Publié le : vendredi 13 avril 2012
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EAN13 : 9782072453960
Nombre de pages : 119
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é l é g i e s p o u r l e t e m p s d e v i v r e
R IC H A R D ROGN ET
É L É G I E S P O U R L E T E M P S D E V I V R E
G A L L I M A R D
Il a été tiré de l’édition originale de cet ouvrage vingt exemplaires sur vélin pur fil des papeteries Mamenayde numérotés de1à20
© Éditions Gallimard, 2012.
Pour Antoine Gallimard
J’allais dans le verger où les framboises au soleil chantent sous l’azur à cause des mouches à miel. C’est d’un âge très jeune que je vous parle. Près des montagnes je suis né, près des montagnes. Et je sens bien maintenant que dans mon âme il y a de la neige, des torrents couleur de givre et de grands pics cassés où il y a des oiseaux de proie qui planent dans un air qui rend ivre, dans un vent qui fouette les neiges et les eaux. FrancisJammes De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Je m’étais attablé à l’auberge des Trois Sapins, muet comme un marchand taiseux qui pense et fait ses comptes, puis je me levai et sortis pour retrouver la route, dans le serein, où le charme magique du soir m’accueillit par son obscurité. L’auberge est doucement ados sée à la colline boisée audessus de laquelle, à ce moment, brillait, superbe, la demilune. C’était indiciblement beau sur cette route de village. Le peu de clarté s’estompait, mais per sistait, étendant, suspendant çà et là un léger halo. Mais les étoiles apparaissaient déjà, entre de gros nuages tièdes, au ciel de plus en plus sombre. L’obscurité installait plus largement son règne. Les gens étaient si joliment indis tincts et, dans l’ombre, s’éloignaient d’un pas si joliment doux et ouaté. Quelqu’un me dit un amical bonsoir. C’était une jeune fille. RobertWalser Petits textes poétiques (Traduction de Nicole Taubes)
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