Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri

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Découvrez le poème "Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri" écrit par Victor Hugo (1802-1885) en 1881. "Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri" de Hugo est un poème classique faisant partie du recueil Les quatre vents de l'esprit. Vous pouvez le télécharger et l’imprimer au format PDF grâce à YouScribe.
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Publié le : samedi 1 janvier 1881
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Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri.

Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri.
C'était une grisette ou bien une houri.
Je ne sais si l'effet fut moral ou physique,
Mais son pas en marchant faisait une musique.
Quoi ! Ton pavé bruyant et fangeux, ô Paris,
A de ces visions ineffables ! Je pris
Ses yeux fixés sur moi pour deux étoiles bleues.
Fraîche et joyeuse enfant ! Moineaux et hochequeues
Ont moins de gaîté folle et de vivacité.
Elle avait une robe en taffetas d'été,
De petits brodequins couleur de scarabée,
L'air d'une ombre qui passe avant la nuit tombée,
Je ne sais quoi de fier qui permettait l'espoir.

Pendant que je songeais, croyant encor la voir
Même après qu'elle était enfuie et disparue,
Et que debout, pensif au milieu de la rue,
Contemplant, ébloui, cet être gracieux,
J'avais l'œil dans l'espace et l'âme dans les cieux,
Une vieille, moitié chatte et moitié harpie,
Au menton hérissé d'une barbe en charpie,
Vêtue affreusement d'un sinistre haillon,
Effroyable, et parlant comme avec un bâillon,
Me dit tout bas : — Monsieur veut-il de cette fille ?

Ô pauvre colibri que vend une chenille !



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