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Errance

De
179 pages
Le lecteur découvrira au fil des pages de la poésie de Marie-Aymée ROCHER (1898-1991), ses tranches de vie réparties entre son Auvergne natale et sa jeunesse heureuse au pied des Monts de la Margeride qu'elle voyait de sa maison, puis « son » Maroc où elle arriva en 1921 et où elle vécut trente-cinq ans, et enfin, après six années à Bordeaux, la Bretagne qu'elle découvrit avec émerveillement, et où elle passera quasiment les trente dernières années de sa vie. Ces trois contrées qui l'ont successivement marquée en profondeur, lui ont inspiré toute sa vie cette poésie sensible et délicate qui séduira par sa structure, inscrite dans son idéal de liberté, ainsi que par ses tournures originales et très modernes pour son époque.
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Marie-Aymée Rocher
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Poésie













Le Manuscrit
www.manuscrit.com



© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7333-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748173338 (livre numérique)
ISBN : 2-7481-7332-5 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748173321 (livre imprimé)

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AVANT-PROPOS


MARIE-AYMÉE

« – Ne t'étonne pas de mon nom de bataille. Toute
ma vie j'ai regretté de ne pas m'appeler de ce nom de
plusieurs de mes petites amies d'école. Alors tu vois, je
le prends sur le tard ! Encore une fois il faut bien
rêver… N'empêche que j'aime mieux signer Maman… »

MARIE-AYMÉE signait aussi ses poèmes « LA
FEE »…

Elle était née Germaine Aimée DUVERT, le 10
juillet 1898, dans une famille de couteliers de Thiers
(Puy-de-Dôme). L'un de ses oncles en fut maire, cité à
plusieurs reprises dans l'excellent ouvrage de Jean
Anglade sur la profession, « Les ventres jaunes ». Elle
était la benjamine de quatre enfants, dont son frère
Henri, tué à 21 ans en décembre 1914, à Tahure, son
premier grand chagrin à l'âge de 16 ans, dont elle ne se
remettra jamais totalement.


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Elle quitta son Auvergne natale en 1921 pour
rejoindre au Maroc son époux Paul ROCHER,
Auvergnat comme elle, ingénieur agricole issu de l'École
de Montpellier, et attiré par les pays neufs. Elle y eut le
11 novembre 1927 (après sa fille Andrée née à
Courpière en 1920) son second enfant, Georges
(Joujou), qui fit l'École des Beaux-Arts de Paris, puis
une carrière d'artiste-peintre.
Elle y vécut très heureuse au milieu d'un peuple
qu'elle avait appris à connaître, et pris en affection, entre
autre à Mogador (Essaouira), à Salé, à Petitjean (Sidi
Kacem) dans le Gharb, enfin à Casablanca jusqu'en mai
1957, deux mois après l'indépendance du pays.

Le couple s'installa alors à Bordeaux, où Paul, qui
l'appelait sa « Louve », décéda le 26 octobre 1961, son
second immense chagrin.

Dès lors, en étroite harmonie avec son fils Georges,
elle s'installa en Bretagne en 1963 tandis que le peintre
se partageait, principalement, entre son atelier parisien
et la Bretagne.
Elle apprit alors à connaître cette terre rude bordée elle
aussi par l'Océan, dont elle disait qu'elle lui rappelait le Maroc,
particulièrement à Lorient où elle aimait se rendre, ville
blanche et lumineuse, moderne, aux immeubles relativement
peu élevés. Elle aima passionnément ce pays de roches
granitiques, de paysages superbes et pleins de mystère, tant
marins que champêtres, et ce jusqu'à sa disparition sereine à
Quimperlé, le 5 juillet 1991, quelques jours avant ses 93 ans.
Elle avait eu le 5 mars 1984 son troisième grand chagrin, celui
de perdre prématurément son fils, le peintre Georges Rocher.

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Toute sa vie, elle lut beaucoup les écrivains, les
poètes et les philosophes, dont certains la marquèrent,
tels Georges Duhamel (« Mon cher Duhamel » comme
elle l'appelait), Saint-John Perse ou encore Teilhard (de
Chardin)… Elle fut également une mélomane avertie,
amoureuse d'abord de Mozart, mais aussi de Beethoven,
Schubert et ses « divines longueurs », Wagner, Berlioz,
Schumann, Brahms… Au Maroc, son époux Paul avait
fondé le « Groupe Mozart » où il tenait la voix de ténor.


Tout au long de sa vie, MARIE-AYMÉE écrivit de
ses « pattes de mouche » comme elle disait, des poèmes
empreints de l'amour tout court, de l'amour de sa
famille, de l'amour de la nature, de la peinture, de la
mer, de la musique, et des chats qu'elle adorait, telle sa
siamoise gris perle aux yeux bleus, Criquette, qu'elle eut
longtemps au Maroc…

Puisse ce recueil de poésies délicates et sensibles
perpétuer la mémoire d'un être travaillé par le destin et
le cosmos.

Bernard GUESDON
(son petit-fils)
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Nota : les mentions [entre crochets] représentent des
commentaires, des ajouts, ou des précisions de l’auteur de
l’avant-propos.
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VISIONS


Je ne marcherai plus
Sur les chemins de lave
Désert miroitant
Sans oiseaux et sans sillons…

Assise sur la pierre
J'attendrai
Hier demain
Que pousse la bruyère…

Le dernier soleil a lui
Et je n'ai su garder
En mes doigts de tendresse
La vision reconquise…

Que répète la voix oppressante ?
La même promesse
Gravée au creux
De la forêt d'enfance
Et ses fougères aux lueurs bleutées…

Cependant
Les murailles écroulées
Ont livré mon âme nue
Enfin voici l'espace offert

Ensemble
Nous irons respirer les rivages
Des îles sans passé…

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Un grand arbre va mûrir
Ah ! Fruits inconnus
De noces nouvelles
Sans réveil…
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UNE ROSE


Cernée d'épées
Au bord des larmes
A chaque aurore
Si court
L'espace de sa vie
Si longs ses matins purs
Royale
Et seule parmi ses sœurs
Elle est la plus candide
En son parfum antique…


Bleuissante
Sous les nuages
De l'automne
Les corolles mouvantes
Elle offre au vent triste du soir
Le mystère de son cœur…
En sa lumière dernière
Près de mourir ma rose
Plus belle encore…


(Bayeux, mai 1982)
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