Et je m'occuperai du feu

De
Publié par

J'aimerais être dans votre poche. Et sentir seulement le balancement de ce que vous êtes, vous faites : quelque chose de la vie qui passe. Sur la boîte d'allumettes que les hommes mettent dans leur poche, il y a une gitane.

Publié le : mardi 1 février 2011
Lecture(s) : 264
Tags :
EAN13 : 9782296802599
Nombre de pages : 121
Prix de location à la page : 0,0070€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
1
Françoise Neveu
Ouvrages du même auteur :
ET JE M’OC
- « La vie, inf iniment », Éditions de L’Harmattan, 2009 - « Philomène et Chrysalide », NLE Éditions, 2002 - « Des gens et des lettres », Éditions du Septentrion, 1997 - « De l’idée à l’objet », Éditions Hermès, 1994
Site de l’auteur :www.textes.net Atelier de travail de l’écriture Désir d’écrire ? Ateliers d’apprentissage créatif de l’écriture littéraire. 2
ET JE M’OCCUPERA FEU DU Flâneries
3
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54318-8 EAN : 9782296543188
À ma clairière, toujours.
« Si on ne me demande pas ce que c’est, je le sais, si on me le demande, je ne le sais pas. »
Saint Augustin, Confessions,XI, 14
LE DÉHANCDE LA LUNE
I
Tandis que je parlais, la lune par la fenêtre m’est apparue, Ronde, sur ce ciel bleu de matin si tôt, si connu ce bleu Tant j’y viens souvent, là, et d’avant aussi, Lune de jour vivante et vivace, lumineuse, installée - comme moi peut-être, installée -Dans l’angle juste du croisement d’une cheminée et de la crête du toit.
DÉHANC
II
Mes paroles se déroulaient, f luides ou accroches, soutenues, En matière syncopée peut-être, du matin ou de fenêtre, ou d’ailleurs ; J’étais sûre d’être devant une de ces car tes postales, Par fois sur des présentoirs, presque trop par faites, Qui montrent en exagéré un paysage qu’on a vu la veille Le regard alors normalement brouillé de soubresauts.
Ce qu’on a vu la veille était un peu f lou, ou tremblant, ou fugitif, Agité de légers sursauts et tremblements et vibrations tactiles, Si bien que l’on aurait dit volontiers, ou pensé, Que seule la poésie dans l’instant pourrait l’arrêter ; Non la durée de l’instant, mais son bloc d’émerveillement, Le sourdre, l’instiller, le mettre dans la vie vraie.
7
III
Mes paroles déroulaient devant la car te postale.
Mais voilà que maintenant elle avait bougé ; La lune n’était plus ronde. Elle descendait à vue d’œil dans l’angle de la cheminée et du toit. Elle diminuait. À vrai dire elle était en train de disparaître.
Comme je pensais à ce moment à la disparition de mes parents, J’ai préféré dire : on dirait un coucher de lune. J’y voulais un appel, inclus, à une cer titude qu’elle revienne. D’un demain.
Elle ne fut plus là.
Mes paroles vibraient, parlant d’autre chose, aff leurant la per te ; Parlant de gens qui, s’ils le voulaient, pourraient par tager Ou transmettre, mais préféraient garder pour eux. Sans doute venaient-elles aussi combler cette par t Où manque vibrait ; J’insistais.
– Quoi, leur excellence ? Un instant de paysage !
8
IV
Lorsque soudain la lune est revenue…
De l’autre côté, à droite, le long de l’autre côté de la cheminée. Réapparaissant, Déjà-demain, de plus en plus ronde, Blanche, si blanche, me laissant dans le miracle
Du continu…
Et Je m’en souviens maintenant, mon père m’avait appris Ce mouvement déhanché de la lune Cet instant,
Déjà-demain de jour, de nuit, ça avance, tout le temps ;  en décalé ; Syncopé de l’instant, rien ne l’arrête, elle arrive, elle repar t, Jamais à la même heure, jamais au même endroit, Ça se tisse avec l’heure, le soleil, les étoiles, les planètes, Sa cadence, son battement, balançant d’un côté, de l’autre, Revenant sur terre de ce fait à tout instant et nous aussi avec.
9
S MPLEM
Un homme assis dans un couloir.
Un homme, assis dans un couloir, sur une chaise qui aurait besoin d’un bon rempaillage.
Le couloir est rectangulaire. Sur la longueur, quatre por tes d’un côté, quatre fenêtres de l’autre. L’homme est assis à l’extrémité gauche du couloir, de biais, du côté des fenêtres, tourné vers les por tes. En face de lui, dans l’ombre, dans le contre-jour de l’autre extrémité, un mur aveugle.
On a posé devant lui une écuelle. À ses pieds.
On la renouvelle tous les jours, même s’il n’y a pas touché. La personne, pour ce faire, passe par la por te dans son dos, à l’extrémité gauche du couloir.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.