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mathieu

blond

exode

L'Harmattan 5-7, nIe de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 I0214 Torino ITALIE

(Ç) L' Harmattan, 2002 ISBN: 2-7475-2785-9

à florence bresson, & à karim abdelaziz.

I. exode

exode

plus rien le cheval colère la couleur de l'est - n'est
plus rien, chose à même les dents plantées là du cheval

- sec, la couleur

- la veine des ronces

l'haleine - le matin accroché au dessus du lac immobile, et sous le ciel, les restes des murs - le cheval colère en crue jusqu'aux champs ravages des champs

de la maison il ne reste que le ciel, que le ciel refleté par le lac - les habits jetés en chiffons dans les ronces - pas un cri sous l'eau le cheval du ciel les silhouettes des maisons

quelques pierres, là le feu, là la porte - des champs où monte le lac, comme le ciel en crue - il passait là des femmes, des couleurs noires -les figuiers pliés sous le feu
d'ombre

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dans la faille le mur le ciel bord à bord - les pierres une à une repliées un poing sur la pierre - dans le fond du lac la ligne des murs n'est qu'une ligne - c'est l' heure et le ciel, il faut partir

le pain sur la table -le vent sous la porte -la sueur et le drap lourd de la pluie sur la terre en sueur - sur la peau les lignes des ronces, bleues

ne rien dire - le vent le dit et les routes - en lisière elles marchent encore et dessinent la silhouette du champ - les ronces

et la rivière le cheval rageur de la rivière est monté dans le champ

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feu

à la main ce que la main a écarté / le feu derrière le visage / ombres rouges de son corps sur les murs de son corps / ombres humides de salpètre moisissures d'ombres / ce que le vin a emporté / les miettes sur la table il se taÎt ne regarde / que le feu derrière son visage sur les murs de salpêtre le vent au-dehors / il est seul autour des choses le feu derrière le visage / et parfois la route emporte sa voix qui raconte la route / il est seul le feu autour du noir des choses / le long des maisons vides s'écoulent les ruines / du vent s'écoulent les ruines du vent / des cyprès dans le vent / seul seul le vent / dans le village autour / ce que le vent a écarté / des routes des routes / les femmes froides de la route le long des routes / racontant les putes et la sueur froide des ruines / qui s'enroule autour du village c'est ce feu autour du noir / c'est le noir du vin noir / c'est le vent sous la porte une bûche qui craque / en silence en son coeur / emplit les murs / et la chair la main de sueur la main pleine deux corps au milieu des ombres rouges des corps sur les murs au milieu / qui ne disent rien / que ce Il

qu'à la main la main a écarté / comme la main arrachait en silence à la main le murmure d'un billet / la route s'ouvrait encore et la nuit pour venir finir en rond noirs autours d'un village / le silence

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matka

1
s'efface et laisse passer, il - dans des endroits disparus me disait elle disait encore qu'elle avait avec marché des pays que dormeurs et l'envers les espaces et les routes me disait: comme si pour les routes aussi comme du temps le rêve suspendait - des pays du dehors 2 se disait vide la main de la main matka s'inventer il suffit et rien à peine l'envers les espaces comme absente depuis peu un parfum dans la chambre le papier peint le châle à terre le rouge un mégot l'envers à l'envers d'elle vient de sortir marchant - tout le pays de dehors 3 et muette elle l'histoire la prière demain à force de prière une à une avançant à reculons et comme dans la ruine y vivre encore avant le ciel noir à travers les murs

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