EXODE

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On dit pas grand-chose, on se passe la cigarette, on gratte du pied dans le sable. Attendant que les autres, ou que quelqu’un arrive. Sachant seulement qu’après nous, après la cabane de chantier, les rues seraient vides. Vidées – à quoi cela se voit, quand tous les hommes sont partis ? – même derrière la fenêtre du wagon, cela se voit. C’est cela qu’elle raconte, village après village, comme les villages étaient vides, et les choses que les gens en partant avaient laissées – des maisons vides, des voitures vides, des photographies – vides.
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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EAN13 : 9782296294226
Nombre de pages : 118
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mathieu

blond

exode

L'Harmattan 5-7, nIe de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 I0214 Torino ITALIE

(Ç) L' Harmattan, 2002 ISBN: 2-7475-2785-9

à florence bresson, & à karim abdelaziz.

I. exode

exode

plus rien le cheval colère la couleur de l'est - n'est
plus rien, chose à même les dents plantées là du cheval

- sec, la couleur

- la veine des ronces

l'haleine - le matin accroché au dessus du lac immobile, et sous le ciel, les restes des murs - le cheval colère en crue jusqu'aux champs ravages des champs

de la maison il ne reste que le ciel, que le ciel refleté par le lac - les habits jetés en chiffons dans les ronces - pas un cri sous l'eau le cheval du ciel les silhouettes des maisons

quelques pierres, là le feu, là la porte - des champs où monte le lac, comme le ciel en crue - il passait là des femmes, des couleurs noires -les figuiers pliés sous le feu
d'ombre

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dans la faille le mur le ciel bord à bord - les pierres une à une repliées un poing sur la pierre - dans le fond du lac la ligne des murs n'est qu'une ligne - c'est l' heure et le ciel, il faut partir

le pain sur la table -le vent sous la porte -la sueur et le drap lourd de la pluie sur la terre en sueur - sur la peau les lignes des ronces, bleues

ne rien dire - le vent le dit et les routes - en lisière elles marchent encore et dessinent la silhouette du champ - les ronces

et la rivière le cheval rageur de la rivière est monté dans le champ

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feu

à la main ce que la main a écarté / le feu derrière le visage / ombres rouges de son corps sur les murs de son corps / ombres humides de salpètre moisissures d'ombres / ce que le vin a emporté / les miettes sur la table il se taÎt ne regarde / que le feu derrière son visage sur les murs de salpêtre le vent au-dehors / il est seul autour des choses le feu derrière le visage / et parfois la route emporte sa voix qui raconte la route / il est seul le feu autour du noir des choses / le long des maisons vides s'écoulent les ruines / du vent s'écoulent les ruines du vent / des cyprès dans le vent / seul seul le vent / dans le village autour / ce que le vent a écarté / des routes des routes / les femmes froides de la route le long des routes / racontant les putes et la sueur froide des ruines / qui s'enroule autour du village c'est ce feu autour du noir / c'est le noir du vin noir / c'est le vent sous la porte une bûche qui craque / en silence en son coeur / emplit les murs / et la chair la main de sueur la main pleine deux corps au milieu des ombres rouges des corps sur les murs au milieu / qui ne disent rien / que ce Il

qu'à la main la main a écarté / comme la main arrachait en silence à la main le murmure d'un billet / la route s'ouvrait encore et la nuit pour venir finir en rond noirs autours d'un village / le silence

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matka

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s'efface et laisse passer, il - dans des endroits disparus me disait elle disait encore qu'elle avait avec marché des pays que dormeurs et l'envers les espaces et les routes me disait: comme si pour les routes aussi comme du temps le rêve suspendait - des pays du dehors 2 se disait vide la main de la main matka s'inventer il suffit et rien à peine l'envers les espaces comme absente depuis peu un parfum dans la chambre le papier peint le châle à terre le rouge un mégot l'envers à l'envers d'elle vient de sortir marchant - tout le pays de dehors 3 et muette elle l'histoire la prière demain à force de prière une à une avançant à reculons et comme dans la ruine y vivre encore avant le ciel noir à travers les murs

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