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Flagrance

De
40 pages

Flagrance, c'est ce qui est visible, réel, incontestable.


Les textes de ce recueil racontent des petites histoires s'appuyant sur des vérités que l'on fuit souvent.


Parce que la vérité, n'est pas toujours bonne à dire, mais surtout pas bonne à regarder. Elle fait mal, elle fait souffrir, mais elle grandit l'humain, si il a le courage de regarder, d'entendre les souffrances des autres humains.




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Flagrance

 

 

 

 

 

Illustration : DILEGDidier Le Gouestre

 

 

 

 

Publié dans la Collection Electrons Libres,

Dirigée par Poppy

 

 

Image

 

 

© Evidence Editions 2016

 

 

 

Remerciement

 

 

 

 

Merci à DILEGDidier Le Gouestre de m'avoir autorisé d'utiliser l'image de son pastel ‘Femme à la mantille' comme couverture de Flagrance.

Vous pouvez retrouver son travail sur son blog :

http://lespeinturesdedileg.eklablog.com

Préface

Chacun des textes suivants décrit comme nous sommes, imparfaits dans nos convictions.

           C’est une évidence criante que nos imperfections provoquent le déclin de ce monde, pas celui qu’on voit, mais celui que les autres vivent.

           Chaque geste, chaque mot, presque chaque intention de l’humain ont une influence sur la vie des siens, des autres proches et même de bien d’autres inconnus.

           Ceci devrait nous rendre plus modestes, plus réfléchis, plus humbles, moins présomptueux, moins orgueilleux.

           La force de l’être n’est pas celle de paraître, la lumière du ciel appartient à chacun, le noir de la nuit aussi.

           Allez ! Soulevons un petit coin du rideau pour regarder par la fenêtre, pour regarder de l’autre côté de sa vie où vivent d’autres personnes aussi.

Où pars-tu ?

 

 

Où pars-tu ma Lili ? Tu te perds mon enfant,

Tu t'égares, tu fuis encore vers ce néant

Bien trop loin et trop proche du gouffre sans fond,

On ne revient pas d'un inconscient si profond.

Ton regard s'échappe de tes yeux dépeuplés,

Il fixe un plafond pour ne rien regarder,

Un plafond sans doute trop blanc, ou au-delà,

Derrière des murs translucides d'un trépas.

Ton visage apathique blême se défait

Sans une émotion, sans même une vérité.

Où pars-tu ma Lili ? Tu te perds mon enfant,

Tu t'égares, tu fuis encore vers ce néant !

Ma chère Lili, tu as à peine dix ans,

Déjà, ils te sucent le cerveau, ces puissants.

Nous savons qu'une presque fin est à venir,

Mais putain, pourquoi se presser à en finir,

Nous voulons caresser ton si joli sourire,

Nous ne sommes pas encore prêts à languir.

De te voir sans une lueur, dans ce regard absent,

Un demain il sera temps... mais pas maintenant.

 

Où pars-tu ma Lili ? Tu te perds mon enfant,

Tu t'égares, tu fuis encore vers ce néant

La crainte que tu ne reviennes de ce vide,

M'angoisse, je crains beaucoup trop ce temps avide.

Ma fille, mais où es-tu partie ? Bien trop loin

Vers une triste mélodie sans un refrain.

L'espoir se liquéfie, je t'en supplie reviens

Encore un peu voyager dans notre demain !

Les ordures qui te grignotent tes neurones

N'ont pas pitié du mal qu'ils causent aux personnes.

 

Ah ma Lili ! Une lueur dans ce regard éteint !

Ma petite chérie avec nous tu reviens !

Tes joues récupèrent quelques couleurs enfin

Et de nouveau un espoir renait sans demain.

Nous savons qu'une presque fin est à venir,

Mais putain, pourquoi se presser à en finir !

Il restera l'éternité pour te choyer

Quand tu auras près d'ici ton âme égarée.

À languir, nous ne sommes pas encore prêts

De te voir sans une lueur, dans ce regard abstrait.

Tu me fais tourner la tête.

 

 

Tu es toujours là, en fait,

Ton image ne s’efface pas.

Tu trottines dans ma tête
Depuis que tu n’es plus là.

Un jour, tu m’as mis au monde,

Un autre, partie loin de moi.

La terre n'est pas assez ronde 

Pour te retrouver là-bas.

 

Ah ce que nous étions heureux !

Quand tu nous couvais de tes yeux.

Quelle vie a-t-on tous les deux ?

Se regarder au fond des cieux.

On pouvait changer de planète,
Tant tu n’étais jamais bien loin.

J’entends tes mots dans ma tête,

Et la nuit n’y est pour rien.

 

Ah oui ! Parlons-en de la nuit,
Tu habites toutes mes nuits ! 
Il n’y a plus que toi la nuit !
Elle te fait si belle la nuit ! 

Pour toi, ce n’est pas un problème,

La nuit, les mamans nous aiment.

Si tu nous as quittés sans bruit,

Je pense à toi toutes mes nuits.

 

Tu es toujours là, en fait,

Ton image ne s’efface pas.

Tu trottines dans ma tête,
Depuis que tu n’es plus là.

Un jour, tu m’as mis au monde,

Un autre, partie loin de moi.

La terre n'est pas assez ronde

Pour te retrouver là-bas.

 

Ah ce que nous étions heureux !

Quand tu nous couvais de tes yeux.

Quelle vie a-t-on tous les deux ?

Se regarder au fond des cieux.

Pour toi, ce n’est pas un problème,

La nuit, les mamans nous aiment.

Si tu nous as quittés sans bruit,

Je pense à toi toutes mes nuits.

Amélie Lebeau.

 

 

— Ah bonjour voisine !

— Bonjour Monsieur Larue ! Alors, bien installé ?

— Cela va, on prend ses marques. Dites ! Je voulais vous demander ?

— Mais faites donc, faites donc !

— Cette vieille dame voutée qui vient de passer, qui est-ce ? Elle est bizarre, vêtue comme une musulmane, bâchée de noir jusqu’au visage caché par de grosses lunettes sombres. Elle n’a pas l’air bien ! Certain jour elle titube presque. Ne boit-elle pas un peu de trop ?

— Vous parlez d’Amélie ! Amélie Lebeau…chaque matin, elle va au cimetière, elle y reste bien une heure et quel que soit le temps, été comme hiver, chaleur pluie ou neige. Vous savez, elle n’est pas si vieille que cela, mais les abus détruisent...

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