Flair de louve

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Venue du Maroc et venue de la langue arabe, voici une oeuvre étonnante composée de "poèmes choisis" qui donnent justement au lecteur le choix, soit d'y lire une sorte d'"autobiographie", soit d'atteindre à un "chant général" célébré jadis par Pablo Neruda et teinté ici du malheur qui aspire fiévreusement à se métamorphoser en bonheur. Daniel Leuwers
Publié le : vendredi 1 février 2013
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EAN13 : 9782296530263
Nombre de pages : 182
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Flair de louve
Traduction dAbdellatif Laâbi et Larbi Herzallah
Préface de Daniel Leuwers
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Aïcha Bassry
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Accent tonique  Poésie Collection dirigée par Nicole Barrière
Maquette de la couverture Nicole Barrière  
 
Illustration de couverture : Tableau d Abdellah Al hariri
 
Aïcha Bassry           
Flair de louve  Poèmes choisis   Traduction dAbdellatif Laâbi et Larbi Herzallah  
Préface de Daniel Leuwers  
 
                                          
 
                                                                                          
 
© LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00235-4 EAN : 9782343002354
Préface  Flair de Louve
 Venue du Maroc et venue de la langue arabe, voici une uvre étonnante composée de « poèmes choisis » qui donnent justement au lecteur le choix soit d'y lire une sorte d'«autobiographie» (un des poèmes porte d'ailleurs ce titre), soit d'atteindre à un « chant général » célébré jadis par Pablo Neruda et teinté ici du malheur qui aspire fiévreusement à se métamorphoser en bonheur. Aïcha Bassry pose cette question centrale : « Quel est le secret de la vie ? » Et elle décline sa réponse en longs poèmes portés par les vagues de l'optimisme ou en poèmes courts aux couleurs cruelles de l'échec. Les poèmes longs et les poèmes courts obéissent à un jeu d'alternance pour atténuer le cri de la souffrance féminine et la longue traversée du désert de la solitude. Au cur de ce recueil déchirant et déchiré, se joue une lutte tout intérieure pour contrecarrer l'inexorable érosion des sentiments. Beaucoup de poèmes parlent d'amour, mais pour explorer surtout les méandres du mal amour. Dans le cas d'Aïcha Bassry, le drame d'amour n'est pas inspiré par les dégâts toujours redoutés d'une passion éphémère ou mortifère. Le drame d'amour se situe au sein même d'un lien « sacré » qui est justement censé protéger l'amour et le faire perdurer. Mais ce lien fort a aussi l'art de mettre en lumière la solitude qui émane paradoxalement du vivre ensemble. Dans ce registre, Aïcha Bassry semble s'apparenter à la Britannique et émouvante Sylvia Plath dont les poèmes expriment le mal être conjugal avec le poète Ted Hughes. Et l'on pense aussi à la Russe Marina Tsvetaieva et à sa
 
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poignante « Tentative de jalousie » pour un homme qui ne l'aime plus. C'est que la femme poète croit pouvoir tout attendre d'un mari qui est lui-même poète. Or c'est précisément la coexistence sous un même toit de deux univers créateurs qui peut parfois faire étincelle. La jalousie s'y tapit, tout autant que le narcissisme ravageur. Dans le recueil d'Aïcha Bassry, il n'est jamais question d'accuser l'être aimé, mais plutôt de tenter de prendre en compte les ruses infinies de l'intelligence créatrice fondée sur des fantasmes aux aiguillons très pervers. Le chant d'Aïcha Bassry tient de la plainte, certes, mais il se teinte parfois d'humour, et toujours d'une distanciation bénéfique. Aïcha Bassry récuse le sentimentalisme niais et va d'emblée au cur d'un questionnement sur les rapports du poème avec le vide dont il naît vide existentiel mais aussi évidement de la pulsion aimante, comme si l'amour n'était beau qu'à ses débuts. On sait que certains écrivains ont estimé que « l'amour dure trois ans » et qu'un poète comme Louis Aragon a ponctué un de ses plus beaux textes de ce regret : « Il n'y a pas d'amour heureux ». Aïcha Bassry, pour sa part, prendrait plutôt le parti de Paul Éluard qui a parlé, à propos du poème et de l'amour, du « dur désir de durer » qui les meut. Ami d'Éluard, le poète René Char lui a donné ce prolongement volontariste « L'éclair me dure »... Oui, Aïcha Bassry voudrait que l'éclair de l'amour lui dure, et elle le dit dans des poèmes durs, sans concession, qui sont comme une mise à nu du sentiment. Au fond, l'amour n'est peut-être qu'anecdote, et la question majeure reste celle du poème, cet objet si fragile qui s'apparente cependant à la lame destinée à trancher le vrai du faux. Et on pourrait finalement se demander si Aïcha Bassry ne chante pas la perte d'amour pour qu'elle enrichisse les margelles de son poème fasciné par le manque ? La cause
 
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à laquelle Aïcha Bassry s'identifie finirait donc presque par la pousser à s'immoler sur le brasier du poème. La force d'un tel recueil vient certes du chant d'une femme qui se dit mal aimée, mais elle rejoint surtout la dialectique que sous-tend cette assertion de Charles Baudelaire : « Je ne conçois guère un type de Beauté où il n'y ait du malheur »... On doit à Baudelaire l'écriture d'un poème A une passante  considéré comme le chef-duvre de la modernité. Baudelaire voit une femme passer ; si elle le fait rêver, il s'abstient cependant de la héler et la laisse à toute sa liberté. On échappe au schéma traditionnel des romans du XIX e  siècle, où la femme est l'objet d'une captation sur le mode du : « Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants » ! Le singulier réside ici dans le titre qu'Aïcha Bassry a longtemps hésité à donner à son recueil et qui était La Passante. La passante n'est pas une passante fantasmée, mais elle est la  passante, celle qui nous livre une vie qui aurait été vouée à l'anonymat si l'écriture n'avait pas été là pour la singulariser. La passante ne veut plus être le jouet fantasmatique de l'homme, l'objet de son seul désir ; elle veut s'assumer par des mots bien à elle, sans censure, qui sont aussi ses mots les plus intimes. Aussi y a-t-il chez Aïcha Bassry un perpétuel balancement entre la plainte feutrée et l'orgueil créateur. Chemin étroit et risqué. L'image du sable est très présente dans le recueil, envahissante même. Métaphoriquement, on peut penser au « sablier de la vie » ou aux « sables mouvants » de la perdition. L'inéluctabilité de l'échec est patente. Mais les dunes aperçues semblent recouvrir un temps que le vent à le pouvoir d'effacer, de gommer. Le désir est désert ; le désert est désir. La vie est ainsi prise en étau. Et la solitude némane pas seulement du malaise qui peut s'installer dans un couple. Elle s'impose dès notre entrée sur le théâtre du
 
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monde. Le magnifique poème Autobiographie le dit avec toute l'évidence de la concision : « La goutte d'eau Qui m'a mouillée dans l'utérus de ma mère Était une semence pour les autres, Non pour moi. Comme ça, Je vécus irriguant la sécheresse En mourant de soif » Le poète est celui qui offre aux autres les secrets d'un manque initial. Et sa semence profite au lecteur dès lors que le poète a l'intelligence d'en faire la caisse de résonance de son ineffable solitude. Il tend, de la sorte, au lecteur une corde de rappel qui lui montre le risque de la chute initiale tout en la lui évitant. « De l'inconvénient d'être né », a ironiquement écrit Cioran. Oui, la naissance est à elle seule une tragédie puisqu'elle débouche inéluctablement sur la mort. Aïcha Bassry songe, dans « un hôtel entre deux fleuves », aux femmes qui se sont sans doute « suicidées / Sur ce lit misérable » symbole parfait de la naissance, de l'amour et de la mort    et la voilà qui aperçoit vraiment « dans la chambre voisine » « une femme assassinée / Marquée par les empreintes d'un poète ». Le décor est planté, macabre, qui ne va pas quitter les divers « carnets » au fil desquels progresse le recueil, carnets qui oscillent entre l'automne fané et la vie recommencée, entre la mort annoncée et les rêves insistants, résistants de vraie vie. Dans le registre négatif, on est frappé par les titres de certains poèmes comme Néant, Mort, Décès. Le cri est intense à l'adresse du bien-aimé, sourd à l'appel pressant quand le lecteur y est, lui, très attentif, savante dialectique salvatrice : « Ce qui me révolte en toi,
 
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C'est quand tu me retires toute cette lumière, En échange d'une petite vie » L'amour, c'était la promesse de la vie grande, voire de la grande vie  et voici qu'il mène à la crypte d'une « Mort anonyme »  mort refusée avec force par la femme soucieuse de revenir à la source première de son amour. Un peu de chaleur pourrait certainement suffire à ranimer cet amour, quelques mots de celui qui, comme elle, est poète : « Ton métier est la langue, Mon Amour, Pourtant les mots chaleureux te manquent !! ». Il y a des accents dignes des Lettres portugaises  de Marianna Alcaforado chez Aïcha Bassry : « Sois un gentleman Et laisse-moi triompher, Rien qu'une fois » Cette supplique a cependant un amer « goût de départ », comme cette tasse de café bue à l'aéroport « pour les obsèques d'un adieu ». Le malheur s'assortit parfois de divers relais, tel le sentiment d'une jalousie diffuse : « Je sais Je n'étais pas la belle de tes belles, Seulement j'étais le début de toutes les autres femmes » ou l'abrupt constat dun échec : « Je le sais désormais Tu es aveugle, Et moi je suis sans perspicacité » Comment a-t-il été possible de cohabiter sans vraiment se rencontrer ? Le chant d'Aïcha Bassry martèle le sourd écho d'un vide qui évide...
 
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