Fragments du désamour

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A travers ces fragments, l'auteur raconte l'histoire d'un amour. Si toute histoire suppose le mot "fin" avant même d'avoir commencé, elle suppose aussi qu'en deçà et au-delà de son accomplissement, elle reste merveilleusement ouverte à toutes les virtualités. C'est pourquoi il a choisi cette forme fragmentaire, tentant désespérément de retrouver les échos du silence dans la parole, de la parole dans le silence. Quelle que soit la parole: philosophie, poésie, mots d'amour, cris de haine; pourvu qu'elle se dépouille de ses prétentions.
Publié le : dimanche 1 février 2004
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EAN13 : 9782296352483
Nombre de pages : 64
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Fragn1el1ts du désamour

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@ L'Harmattan, 2004 ISBN: 2-7475-6021-X EAN : 9782747560214

Pierre GARRIGUES

Fragn1ents du désamour

L'HARMATTAN

Ouvrages du même auteur Essais
Lumières d'exil, Editions de La Fontaine, à paraître, Valence. Les grammairiens romains, à paraître, Paris, L'Hannattan. Poésie et métaphysique solaire, Editions de La Fontaine, Valence,2002. Chutes et perfection, L'Harmattan, Paris, 1998. Eloge de l'Imparfait, L'Hannattan, Paris, 1997. Poétiques du fragment, Klincksieck, Paris, 1995. Recueils Fragments des pauvres merveilles, Friches, Prix Troubadours. Sonnets des vivants et des morts, Ecbolade. Paris /ignes, Encres Vives. Méditerranée Lumière d'exil Encres Vives. Méditerranée Frères humains Encres Vives. Sonnets solaires Encres Vives. Prolégomènes à toute métaphysique solaire, Souffles, Prix Roger du Teil Le prix du jour L'Arrière-Pays. Vingt sonnets de présence et d'exil, Comme ça et autrement. Sonnets de la Route X, Encres Vives. Triptyque d'une insignifiance heureuse, à paraître, Editions de La Fontaine.

Notre ombre avait chu, comme une pierre, dans la lumière. Lacérée dans les buissons de mots dont la mémoire consumait nos visages, emplissant ton nom d'une essence incandescente de cades et de résine. Lapidée par le bleu du ciel oublieux. .. Jaune. Jaune était le jaune de la terre, des herbes brûlées, des oliviers qui dévalaient la colline, effeuillant l'ombre et le chant des cigales, froissement de lumières dont l'éclat confondait notre souffle, notre regard, dans l'étreinte du vide: cet instant solaire où nous avions ouvert les yeux à la perte du jour et de notre innocence. Comme des aiguilles de pin, les mots de notre amour craquaient à la chaleur du soleil: l'exil suffisait à nous rendre le monde, alors que nos corps désiraient s'atteindre aux limites de la lumière, sans lumière, sans corps, sans possession. ..

Chant d'un oiseau, parfum des buis, saisis dans midi comme l'ombre d'un rapace. Ferments solaires dont notre âme accroissait l'écho dans le profond silence. .. Cyclamens, asphodèles, tremblant au creux des pierres, éveillaient les ombres, les voix, qui empliraient la lumière de leur attente. Les mots brûlant de franchir le rempart des dents, ton visage demeurant au seuil du visage. Agrippés à la lumière, les oliviers. Lumière noire, martelée comme un miroir par le regard et les mots. Lumière où contempler la lumière du temps qui dénudait, ravinait, arasait... Fossilisée, sédimentée, l'absence de ton corps vibrait dans l'air, comme un chaos de pierres dans la foudre. Ô la bleue libellule disparaissant dans le bleu du soir... Brisant la gangue de silence. Fragments de pierres, de ciels, déracinés: nos âmes, que la mémoire endormait d'un profond sommeil, dans les lauriers. Souffles secs s'exhalant de I 'humide... les mots du torrent, disséqués, polis dans tes entrailles et ton larynx, s'oubliaient sur tes lèvres comme un chant sur la branche.

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