Gardiens légendaires des trésors du Sud-Ouest

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A la découverte de la richesse de l’Histoire et des légendes populaires du sud-ouest de la France Un hommage à la littérature orale et aux grands folkloristes du XIXe siècle Ce recueil de contes et de légendes se fait hommage aux grands folkloristes du XIXe siècle : Félix Arnaudin pour les Landes, Jean Barbier et Jean-François Cerquand pour le Pays Basque, Jean-François Bladé pour la Gascogne et Eugène Cordier pour les Hautes-Pyrénées. Ces hommes écoutèrent et retranscrirent les fabuleux récits populaires où se côtoient des créatures merveilleuses et effroyablement dangereuses. En tournant les pages, on peut approcher ces fameux gardiens de trésors que sont le diable, les géants, les lutins, les fées et tant d'autres créatures extraordinaires.
Publié le : lundi 20 juin 2011
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EAN13 : 9782748197181
Nombre de pages : 123
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2 Titre

Gardiens légendaires
des trésors du Sud-Ouest

3Titre
Gilles Kerlorc’h
Gardiens légendaires
des trésors du Sud-Ouest
Anthologie de contes
Contes
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9718-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748197181 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9719-4 (livre numérique)
ISBN98 (livre numérique)

6 . 8 Avant-propos

AVANT-PROPOS
J’aime les trésors… Du moins, les belles
histoires de trésors. Celles qui font rêver, celles
qui offrent la possibilité de s’évader, loin, très
loin… Vers d’autres latitudes, sous les mers ou
encore dans des lieux inconnus et inaccessibles.
Celles qui parlent d’aventures humaines,
souvent teintées d’échecs et d’espoirs… Mais
j’aime également les histoires de trésors
imaginaires, peuplées de héros ou de créatures
terrifiantes, ces histoires racontées il n’y a pas si
longtemps que ça, lors des veillées. Ces contes
et légendes qui nous entraînent dans le sillage
de ces fabuleux gardiens de trésors. Et le grand
Sud-Ouest peut s’enorgueillir d’en posséder de
beaux spécimens… Sujets de ce recueil de
textes.
Ce recueil est également un hommage. Un
hommage à des hommes qui ont permis que ces
contes existent encore aujourd’hui. C’est dans la
eseconde moitié du XIX siècle, qu’un
mouvement prend toute son ampleur, le Folk-
Lore (connaissance du peuple) qui, sous la
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houlette d’une poignée d’érudits, a su préserver
ces bijoux de la littérature orale. Les légendes
disparaissaient le plus souvent à la mort du
conteur et l’oubli progressif des veillées n’aidait
en rien leur travail. Cependant, cette mémoire
du peuple fut écoutée et patiemment
retranscrite tout d’abord par le biais des revues
puis dans les pages de recueils. Dans le sud-
ouest, ce sont des prêtres, des instituteurs, des
lettrés qui prirent leur bâton de pèlerin et
accomplirent cette formidable collecte. Félix
Arnaudin et Vincent Foix dans les Landes.
Jean-François Bladé, Léopold Dardy pour la
Gascogne. Eugène Cordier dans les Hautes-
Pyrénées, Wentworth Webster, Jean Barbier et
Jean-François Cerquand pour le Pays Basque.
François-Georges Audierne ou encore
l’Instituteur Public, Racine en Dordogne…
Alfred des Essarts, voyageur, traversant
l’Aquitaine. Ces hommes sont les voix de tous
ces passeurs de mémoire tombés dans l’oubli,
de cette multitude de conteurs populaires.
Ces contes sont aussi le reflet d’une époque,
vestiges de croyances, superstitions, désirs,
peurs, échos lointains d’hommes et de lieux.
Tout ce qui restait inexpliqué devait avoir une
interprétation logique et concrète, même si elle
approchait l’imaginaire.
Les populations rurales étaient pauvres et
tout ce qui touchait à la notion de richesses à
conquérir, de trésors cachés, faisait rêver. Rêve
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d’un changement de vie, fantasme d’une vie
meilleure à laquelle on pouvait avoir accès en
poussant certaines portes. Ces trésors si
proches étaient cependant incessibles, gardés
par des créatures terrifiantes ou enchanteresses
qui éloignaient les riverains ou les curieux de
certains lieux. Cette peur de l’inconnu,
notamment franchir les portes ténébreuses
d’une grotte – activité de loisirs de nos jours –
était considérée comme une folie. On évitait
ainsi les gouffres, cavernes et autres ouvertures
vers le coeur de la terre, demeure du Malin par
excellence… On craignait ou vénérait les
sources, pierres remarquables, arbres
centenaires, lieux magiques, demeures des
créatures féeriques et païennes, que l’Eglise
n’aura de cesse de combattre en
« Christianisant » à tour de bras. Ces portes
ouvertes vers le rêve seront ainsi celées par des
saints chrétiens.
Ces lieux magiques, craints ou vénérés seront
aussi utilisés par des hommes plus malins, tirant
parti de ces croyances. Nombres de grottes
servirent de refuge aux brigands ou aux faux-
monnayeurs. Une lumière entraperçue à la
tombée du jour ou un bruit suspect entendu à
l’orée d’une faille éloignait bien vite les curieux.
D’ailleurs, les découvertes de dépôts monétaires
en ces lieux souterrains sont très régulières. Un
dépôt monétaire de quatorze Sesterces fut mis
au jour par deux archéologues en 1965 lors du
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sondage de la petite grotte d’Urio-Beherea, sur le
territoire de Sare au Pays-Basque. Ces monnaies
qui gardent sur leur flanc la trace d’une
circulation continue, auraient été enfouies
autour de 240 après Jésus-Christ. Ce petit trésor
est visible au musée des grottes de Sare. Les
deux archéologues découvrirent dans cette
même cavité, les restes d’un atelier de faux
monnayeurs. Une centaine de disques de cuivre
rouges, des débris de creuset et deux coins
monétaires qui servirent à frapper des billons de
Philippe V, roi des Espagnes et des Indes
(1700-1746). La frontière ibérique est à
quelques pas de ces cavités, refuge naturel pour
les faussaires de ce siècle.
Découvertes toujours… un chêne centenaire
déraciné par une tempête laisse parfois
apparaître dans ses racines des flots de rondelles
dorées. Une source ou un lac vidé et curé
déverse des monceaux de pièces et objets
précieux. Des fouilles effectuées à la base ou
sous certaines pierres levées révèlent parfois des
objets de culte très anciens…
Oui, j’aime me promener dans ces lieux et
tenter d’appréhender toutes ces histoires qui en
sont nées, sentir craintes ou égards profonds
qui imprègnent ces étendues magiques.
Et puis il n’est pas interdit de rêver, quand la
légende touche parfois à la réalité d’un lieu,
même avec des fils tenus et diaphanes. José
Miguel de Barandiaran évoquait dans son livre
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