Habitation avec les îles

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Ce recueil constitue la première anthologie poétique du poète espagnol Manuel Moya (Fuenteheridos,1960). Dans ces textes l'on apprécie l'évolution littéraire sur l'homme, dans une réflexion qui oscille entre l'espérance et une vision critique de l'existence, avec un langage qui recherche la transparence et la clarté. On y décèle une certaine influence de Machado dans ses vers, avec le souci constant d'une clarté formelle et d'un arrière-plan résolument humain.
Publié le : jeudi 1 novembre 2007
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EAN13 : 9782296184763
Nombre de pages : 94
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HABITATION AVEC LES ILES
(Anthologie, 1984-1998)

A

Poètes des Cinq Continents En hommage à Geneviève Clancy qui l'a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan
La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d'ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an.

Déjà parus 448 - Catherine BOUDET, Résîliences,2007. 447 - Imad SALEH, Prières de lumière, 2007. 446 - Miron BIALOSZEWSKl, De la Révolution des choses et autres poèmes, 2007. 445 - Hafid GAFAITI, Le retour des damnés/the return of the damned, 2007. 444 - Kamal BEN HAMEDA, Plis de lumières, 2007.

443

-

Patrick Raveau, Chemins naissants, Préface de Daniel

Leduc,2007. 442 - Serge VENTURINI, Eclats d'une poétique du devenir posthumain -livre 11- (2000-2007),2007. 441 - Dan VIMARD, Les voyages enveloppés d'orages, 2007. 440 - Hoda ADIB, Zingobi, 2007. 439 - Widad AMRA, Regards d'errance. Drive poétique, 2007. 438 - Carla GA VIOLl, Feu Air Terre Eau (poésie bilingue), 2007. 437 - Sophie KHAN, Les Voix de la baleine, 2007. 436 - Didier THURIOS, Échappée (poèmes nomades), 2007. 435 - Miguel PADEIRO, Le dérèglement des plages, 2007. 434 - Patrick NA V AÏ, L'Écho des dits, 2006. 433 - Philippe GUÉNIN, Temps, 2006. 432 - Philippe TANCELIN, Sur le front du jour, 2006. 431- Caroline BARBIER-BELTZ, Poèmes et siam, 2006. 430 - Yves UNTEL-PASTEL, L 'humeur des cannes, 2006. 429 _ Blanca CASTELL6N, Mentor de l'esprit, 2006.

Manuel MOY A

HABITATION AVEC LES ÎLES
(Anthologie, 1984-1998)

Bilingue

espagnol-français

Traduit et préfacé par François Luis-Blanc

L'Harmattan

2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris

@ L'Harmattan,

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-04358-9 EAN : 9782296043589

PRÉFACE
Comme un Diogène des temps modernes, Manuel Moya affirme dans son mode d'existence et son apparence son évasion du temps présent: il est d'ailleurs, il est un pèlerin, un errant en pays de poésie. Son être est diffus, éclaté, sans frontières. Ses racines il les cherche dans les monts d'Aracena, en terre andalouse, où vécurent ses parents et ancêtres. Là vit aujourd'hui sa famille, sa femme, ses enfants, son ancrage dans l'océan réel. Là se trouvent ses jardins secrets entre les cortiços de châtaigniers où les laboureurs, les artisans ont depuis toujours fait couler leur sueur dans leurs métiers essentiels. Ces travailleurs humbles qu'il honore constamment dans ses vers. Manuel Moya peut-être a-t-il pris exemple sur son illustre prédécesseur Arias Montano qui se réfugia dans un ermitage sur ces mêmes hauteurs après une vie chargée au service du roi Philippe II, au Siglo de Oro: « La Pena de Aracena, climat tempéré, habitations saines, abondance des eaux, vastitude du ciel, un endroit digne d'appartenir à un roi... » Son écriture se nourrit du voyage, non en terres distantes, mais en Europe, au Portugal, en Espagne, à Paris où l'attendaient certains de ses poètes favoris: Villon, Baudelaire, MaIIarmé, Rimbaud; il traverse aussi le Sud de la France, l'Italie où il a longtemps bourlingué, s'inspirant de paysages, de visites archéologiques, de rencontres humaines pour certains poèmes de cette anthologie. Autant d'îles semées dans la mer des espaces géologiques. De ces pérégrinations ressort une obsession, un fantasme: le poète se voit constamment interpeIIé par la police d'un village provençal, affublé d'un toponyme « mont sacré ». II y subit dans un commissariat une forme d'inquisition moderne, est condamné sans appel pour son étrangeté, y rencontre son destin final. Peut-être à cause du scandale provoqué un jour par son livre Para Nada sous un pseudonyme féminin Violeta Rangel pour décrire en vers les affres d'une prostituée de Barcelone. Au grand dam des féministes espagnoles quand eIIes découvrirent qu'il s'agissait d'une histoire écrite par un homme. Peut-être tout simplement pour son agnosticisme, sa rébellion contre tous les dogmes et conformismes du monde. Sa poésie aIIie des vers fulgurants, une rencontre explosive des mots qui, comme des métaux unis par la fusion, se transforment en vermeil, en bronze, en airain. Les carrefours sémantiques télescopés, le sens détourné réveillent des échos harmoniques, des réverbérations dans nos circuits

mnémoniques mentaux; les « nœuds lexicaux» jouent sur la corde sensible des mémoires enfouies en chacun des lecteurs par la grâce d'images saisissantes, d'une beauté dépouillée:
Conozco a quienes viven sin la vida aceptando el canon amputado de las sombras

(J'en connais certains qui vivent sans la vie acceptant le canon amputé des ombres) On reconnaît dans sa poésie des accents de Garcia Lorca, de Saint Jean de la Croix, des impressionnistes ou surréalistes français. Disciple de Mallarmé, il cherche à faire de la musique «... celle de l'au-delà magiquement produit par certaines dispositions de la parole... à l'état de moyen de communication matérielle avec le lecteur comme les touches de piano... entre les lignes et au-dessus du regard cela se passe en toute pureté... » Sa poésie tranche dans le panorama littéraire espagnol actuel, fuyant toute mode ou école; pas de « concrétisme inséminateur» de Ezra Pound, pas de « désautomatisation de la langue et déshabitudes linguistiques» de Elliot, pas de perspectivisme avant-gardiste ni de « sprung rhythm» de Hopkins mais le cristal de l'instant pétrifié, le jaillissement de sources personnelles canalisées par l'art de maîtriser le pouvoir des mots. Manuel Moya exprime sa vérité intérieure, sa perception de l'univers, sa rencontre des hommes authentiques. Il se veut honnête, sincère, sans artifice. Le seul effet dont il abuse, avoue-t-il, est le recours à sa dispersion mentale chronique qu'il érige en méthode de création poétique. Dans d'autres ouvrages, et par sa profession de critique et éditeur, Manuel Moya s'est attaché à rendre leur voix à des auteurs espagnols qui ont souffert les persécutions du régime franquiste, l'emprisonnement ou l'exil. Il réédite par exemple Luis F. Pérez Infante, qui en 1936, en pleine guerre civile, participa avec Juan Ramon Jimenez et Antonio Machado à l'aventure littéraire du Mono Azul, puis au Congrès des écrivains fascistes en 1937 à Valencia, aux côtés d'une illustre pléiade de collègues: Machado, Malraux, Neruda, Guillén, Gil-Albert, Carpentier, Tzara, Otavio Paz, Alberti, Cesar Vallejo... Des événements qui ont eu une profonde répercussion en France et dans toute l'Europe. Manuel Moya est aussi un spécialiste du langage dialectal de sa région limitrophe avec le Portugal. L'histoire de cette frontière est émaillée de razzias, de contrebandes, d'enlèvements de femmes, de migrations au gré des famines ou des conflits politiques entre l'Alentejo portugais et la sierra de Aracena espagnole. C'est aussi l'histoire de la famille de Manuel Moya. Il a répertorié dans sa région de l'Andévalo plus de trois mille six 8

cents expressions inspirées du portugais, connaissance qui l'a incité à traduire en espagnol de grands auteurs de la langue lusitanienne comme Fernando Pessoa. Autant de résonances, de ressources qui font de l'œuvre de cet auteur original une découverte fulcrale, essentielle pour le public français, au carrefour des poésies modernes où l'on ressent, outre l'influence des grands poètes français de l'époque romantique, symboliste, surréaliste, celle des poètes contemporains de Lorca et de la guerre civile espagnole. François Luis-Blanc, Monte do Serro, Tavira, juin 2006

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