Héliotropes

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Ce livre propose une structure inspirée de la forme poétique de la muwashshah pratiquée dans l’Andalousie arabe du Moyen Âge, et notamment de sa kharja, «sortie» du poème résolue par l’insertion de la voix d’un autre, d’une voix autre, pour aborder dans le même geste la question de la «fin du poème». Comment sortir d’un poème? Comment un poème peut-il parvenir à sa fin? Le thème du jardin déploie une réflexion sur les noms scientifiques des plantes. Les noms savants des plantes, leurs noms latins, ne sont qu’exceptionnellement prononcés, comme s’ils prenaient leurs distances avec les langues parlées pour demeurer dans une altérité irréductible. En convoquant les noms propres qui n’ont jamais été appelés, il s’agit de rendre leur place aux rangs de la nature, de les décrire sans réduire la part d’incompréhensible qu’ils recèlent afin d’en préserver la distance. «Je passe la parole à l’Autre» ; cette formule caractéristique de muwashshah serait un bon modèle pour réunir les questionnements proposés ici.
Publié le : vendredi 26 octobre 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782818005170
Nombre de pages : 150
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Héliotropes
CALQUES, P.O.L, 2001
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Ryoko Sekiguchi
Héliotropes
P.O.L e 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6
Ouvrage publié avec le concours du Centre national du Livre
© P.O.L éditeur, 2005 ISBN : 2-84682-104-6 www.pol-editeur.fr
Il est un corps continuel de prononciations étayé par divers noms savants de plantes et de ce contre quoi ils s’adossent. Une certaine longueur que laisse passer la structure gau-chère et le phénomène qui risque d’être dit par distraction « ce qu’elle contient » ; cette obliquité infime, il fallait qu’elle coule le plus clair possible sans la charger d’un poids supplémentaire. La distinction des voix pas-sive et active a été d’abord interdite, et à peine le regard jeté vers la troisième, la lettre favait déjà fait son apparition ; nous l’avons prononcée, la même chose nous est advenue.
Il s’agissait d’une mesure prise dans le but d’apaiser si peu que ce fût ce qui allait déborder et se déverser, et cepen-dant, tout le monde savait que rien ne pourrait empêcher ce déferlement. À une saison qui ne néglige pas de quartiers qui tour à tour se teignent en vert, était distribué à chacun le morceau de papier jaune clair sur lequel se détachaient les motsJardim botânicoouJardim tropical, les oiseaux ne lisent pas, sa porte de derrière ouverte rejoignait directement un autre jardin botanique.
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