Huit poètes écossais contemporains

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Cette anthologie réunit huit poètes de l'Ecosse contemporaine, Gavin Bowd, Angus Calder, Colin Donati, George Gunn, W.N. Herbert, SB Kelly, Angela mc Seveney et Gael Turnbull. Ici se côtoient l'ancien, le nouveau et le franchement supranational. Cette anthologie recueille des voix poétiques d'une nation qui se cherche.
Publié le : samedi 1 janvier 2005
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EAN13 : 9782296387683
Nombre de pages : 96
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HUIT POÈTES ÉCOSSAIS CONTEMPORAINS

@ L'Harmattan,

2005

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Italia s.r.1. Via Degli Artisti 15 10124 Torino Harmattan Konyvesbolt 1053 Budapest, Kossuth L.u. 14-16 Hongrie ISBN: 2-7475-7843-7 EAN : 9782747578431

Gavin Bawd, Angus Calder, Colin Donati, George Gunn, W. N. Herbert, SB Kelly, Angela McSeveney, Gael Turnbull

HUIT POÈTES ÉCOSSAIS CONTEMPORAINS

Traduits de l'anglais par Gavin Bawd, Gérard Augustin et Alain Suied

L'Harmattan

Levée d'ancre Collection dirigée par Michel Cassir et Gérard Augustin
Levée d'ancre est une nouvelle collection privilégiant l'écriture poétique. Elle se propose d'abord de publier, au-delà de la division des genres, la poésie sous toutes ses formes; de la précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le « noyau de prose» par lequel l' œuvre exprime ce qu'il y a de plus actuel, dans sa construction d'un sens de la poésie. Ensuite, multiplier les accès à cette poésie, tant par les anthologies critiques, les ouvrages collectifs, que par les échanges entre écrivains et lecteurs, les rencontres entre la poésie, les différents arts et la vie.

Déjà parus
15- R. BADDOURA, R. HIWA, D. SILVESTRE, J. TOURRET, R. FAYE, F. POUCHOL, Scènes de l'obscure étincelle, 2004. 14- Gérard AUGUSTIN, Le voyage de Lao-tseu à Constantinople, 2004. 13- Myrta SESSAREGO, Frôlement d'ombres, Roce de sombras, (Anthologie personnelle bilingue), 2004. 12- Fernando BELTRAN, L 'homme de la rue, 2003. 11- Sebastian REICHMANN, La cage centrifuge, 2003. 9- Michel CAS SIR, L'infini rapproché par les cornes, 2003. 8- Yannis YFANTIS, Le temple du monde, 2003. 7- Constantin ABALUTA, Les chambres les parois, 2002. 6- Anthologie, Méditerranée ombrageuse voyance, 2002. 5- Gérard AUGUSTIN, Le retour du temps, 2002. 4- Enrique FONSECA GONZALEZ (trad. de l'espagnol par Michel Cassir), Ixchel, 2002. 3- Hoda ADIB, L'intempérie des mots aux sources anonymes, 2002. 2- Ayyappa PANIKER (trad. de l'anglais par Gérard Augustin), La migration des tribus, 2001. 1- Nanos V ALAORITIS (trad. du grec et de l'anglais par Gérard Augustin), Mon certificat d'éternité, 2001.

~ Copyright pour la traduction: Gavin Bowd, Gérard Augustin, Alain Suied

Angus Calder J'ai publié dans des revues d'étudiants à Cambridge, et à 25 ans, j'ai obtenu le prix Gregory pour un recueil non publié. Ted était un des membres du jury, et sa redoutable sœur, Olwen, m'offrit spontanément ses services comme agent littéraire. (Avec suffisance, je déclinai son offre, sous prétexte que j'avais déjà un agent, pour ma prose. Rétrospectivement, je suis soulagé à l'idée d'avoir échappé à l'embrouillamini de la saga de Ted et Sylvia). Ainsi devais-je apparaître comme un poète prometteur. Mais par la suite, je partis enseigner la littérature à l'université de Nairobi, pendant trois ans. Les nouveaux écrivains noirs - Soyinka,

Okigbo, Césaire, Brathwaite - ont exercé une influence extraordinaire sur ma façon d'écrire. J'en publiai l'aboutissement en Afrique de l'Est, mais il n'y eut personne en Grande Bretagne pour reprendre mes textes, et durant les années 70, quand je m'attelais à des recherches sur I'histoire de l'empire britannique, je tombais, découragé, au rang de poète tout à fait occasionnel. Un retour à l'enseignement à plein temps, pour l'Open University en Ecosse, de 1979 à 1993, ne m'aida pas. Discuter avec les étudiants des œuvres choisies de maîtres anciens ou modernes ne gêne pas certains poètes: honnêtement, je ne pouvais imaginer mon propre travail comme beaucoup plus que des champignons sous les grands arbres et les buissons brillants. Je pris une retraite anticipée en 1993, essentiellement pour écrire un autre gros livre d'histoire (toujours en chantier). Cependant, la crise finale de mon second mariage suivit de peu. Je rompis les amarres. Je me redécouvris dans les traditions lyriques de la poésie anglaise et écossaise, et commençai d'écrire d'abondance, en m'adressant directement aux émotions du lecteur. Comme ma nouvelle occupation commençait à trouver un exutoire dans la publication, le poète gaélique Derick Thomson me suggéra de proposer un recueil, et vers la même époque, Sally Evans, qui créait les éditions Diehard dans une librairie de livres d' occasion, au coin de ma rue, me demanda un mince volume. Mais c'est un court voyage en Nouvelle Zélande dans le but de travailler avec Alan Riach à une imposante édition des écrits de

MacDiarmid, qui me donna ironiquement le titre de mon premier recueil, publié trente ans après mon prix Gregory... En participant à de nouveaux recueils collectifs, j'ai trouvé avec plaisir que, sauf pour les poèmes écrits à Nairobi, la plupart de mes anciens travaux allaient bien avec les nouveaux, comme si les poèmes avaient attendu vingt, trente ou même quarante ans pour trouver leur place. Les influences constantes sont celles que j'ai subies très tôt - Hopkins et Eliot, Yeats et MacNeice, MacDiarmid, Lowell, Ted Hughes, et, d'une façon différente, Carlos Williams -, sans compter Pablo Neruda. Mais j'ai trouvé de nouvelles façons d'exprimer mon intérêt vieux de vingt-cinq ans pour les poèmes syllabiques japonais, et mon interminable fascination pour les poèmes de quatorze vers, tout ce que l'on peut appeler sonnet, puisqu'il n'y a pas d'autre définition pour les poèmes admis comme sonnets que «poèmes de quatorze vers ». Je suis de plus en plus conscient de la façon dont « l'oreille» de Thomas Hardy a créé d'inoubliables effets. La chose positive dans l'enseignement destiné aux étudiants de l'Open University, je m'en rends compte maintenant, c'est d'apprendre quantité d'effets par cœur. Je travaille en me guidant à l'oreille, non sur le nombre. Je dispose de sacs d'astuces qui conviennent assez bien à différents sujets. Sally Evans a écrit une fois qu'il y avait trois sujets en poésie, l'amour, la mort et la poésie. Pour ma part, je préfère dire « art » plutôt que « poésie ». Différentes sortes de musique me touchent avec force. Habituellement, je n'aime pas les poèmes descriptifs, ou qui cherchent à se servir de la peinture ou de la sculpture, mais j'invoque librement la musique. La politique a aussi beaucoup d'importance pour moi. (Je suis membre du parti social iste écossais.) Mais je pense qu'écrire des poèmes dans un but immédiatement politique est une règle idiote. Les pamphlets et les lettres aux journaux ont de bien meilleures chances dans ce domaine. La politique intervient dans mes poèmes parce qu'elle fait partie du monde que je perçois et auquel je réagis, non pas parce que je pense que des poèmes initialement lus par un petit nombre de personnes puissent avoir dans l'immédiat le moindre effet politique. 8

Eroica Toi, sur ce rochertu voulais plus que ça. Tempêtes de neige, grands vents, plus sauvages que la brise au large de North Berwick. Plus sauvages que moi? On va voir. Ô mon amour, mon amour, je sens en toi Ie dés ir de quitter la caserne, je flaire l'odeur d'hommes formés pour la tuerie.
Je suis pacifiste, hantée par cette photo d'un soldat allemand plongeant dans un village du Caucase en 1942. Ses yeux me fixent comme l'air.

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