Idylles bucoliques

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Cette oeuvre de Théocrite est à l'origine de tout un mouvement littéraire et artistique, prenant les formes les plus diverses, dans l'Antiquité comme encore de nos jours. Cependant, un certain mystère n'a cessé de planer sur sa nature même. Elle offre en effet l'image d'un désordre radical, impossible à comprendre sinon par une mort surprenant le poète en plein travail. Les travaux récents de plusieurs savants ont permis de retrouver la structure cachée de ce recueil permettant ici une nouvelle lecture de l'oeuvre. Le texte lui-même a pu être amélioré par une fidélité plus grande à la traduction manuscrite.
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
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EAN13 : 9782296265271
Nombre de pages : 173
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Idylles bucoliques

I(;JL'Harmattan, 2010 5-7, rue de l'École-polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.ft harmattan1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-12801-9 EAN : 9782296128019

Théocrite

Icfylles bucoliques

Texte établi et traduit avec une postface par Alain Blanchard

L'

ifCmattan

AVERTISSEMENT
Pour chai'Une des dix icfylles éditées et traduites id, une double numérotation ej! donnée, la première, en dJi.ffres arabes, indiquant l'ordre qui est suivi dans l'édition et justifié dans la posifate, la sei'Onde, entre parenthèses et en chiffres romains, rappelant l'ordre suivi par l'une des trois traditions manuscrites et dont le seul hasard a fait l'ordre traditionnel depuis la &naissance, alors qu'il est, sans aucun doute, le plus éloigné de l'origine, l'icfylle II, dans cette tradition, n'étant même pas bucolique. Chaque jôis deux titres sont donnés aux poèmes, le premier soulignant les parallélismes que l'on peut observer dans le recueil et pour lesquels on voudra bien, de nouveau, se reporter à la posiface, le sei'Ond, entre parenthèses, conseroant à chaque icfylle une plus grande individualité.

1 (III) Le Mal -Aimé (Sérénade de chevrier)

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xal1tat"l 5 'tcXVxpavav aYE, Ti'tuPE, xal 'tov Èvôpxav, q>uÀaOOEo 1L~'tu xOPU<VY/.

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10

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10

Je m'en vais donner la sérénade à Amaryllis. Mes chèvres

paissent sur la montagne et Tityre les m. . .ène*.

* ou« monte"

5

- Tityre, mon bon ami, fais paître mes chèvres; à la source conduis-les, Tityre ; et, le bouc de Libye au pelage fauve, prends garde à ses coups de come.
eChangement de dÛ'01'

- Gracieuse Amaryllis, pourquoi ne te vois-je plus, au seuil de cet antre, te pencher et m'appeler, moi qui suis ton petit amour? Estce donc que tu me hais? Ai-je donc pour toi le nez camus, à y regarder de près, jeune fille, et la barbe d'un bouc? C'est à me pendre que tu vas me pousser. 10 Tiens, voilà dix pommes que je t'apporte. L'endroit où je les ai cueillies est celui où tu m'as dit de les cueillir. Demain, il y en aura d'autres que je te porterai. Jecœur déchiré par ma peine. Puissé-je devenir Regarde.J'ai cette bourdonnante abeille et dans ton antre pénétrer, par le lierre m'insinuant et par la fougère dont tu t'enveloppes. 15 Maintenant je sais ce qu'est Amour; redoutable est ce dieu; elle est d'une lionne la mamelle qu'il a sucée et c'est dans la forêt qu'il a été nourri par sa mère, lui qui me brûle et jusqu'à l'os me blesse. Ô toi au beau regard, tout entière polie comme la pierre, toi aux noirs sourcils, jeune fille, serre-moi dans tes bras, moi, ton chevrier, que je te donne un baiser.

11

IDYlLE
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1 (III)

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'tov 'tm È:.ywv, :AtLapuÀÀt È:.tLTtÀÉ~aç xaÀuxEO'Ot xat

cpiÀa, XLO'O'OtOcpuÀaO'O'w, EÙOOtLmOt O'EÀivmç.

"0tLOL È:.ywv, 'ti Tta6w, 'ti ô ~uO'O'ooç; OÔX lmaxOuetç. 25 Tàv (3ahav r.XTtO~Ùç È:.çxutLa'ta O'xomaSE'taL 't'l]vw lxÀeütLaL,

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EITte xIXt :Aypmw 'tr.XÀa6Éa XOO'xLvotLaV'tLç, Ix TtpaV TtmoÀoyeüO'a Ttapat(3a'ttç, oüvex' èyw tLÉv Ttmfj.

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cpuÀaO'O'w,

35 'tav (.le xat lx MÉptLvwvOç È:.pL6axtç lx (.leÀavOxPwç IXhet. xat oWO'w ot, È:.Ttei'tu tLm È:.vota6puTt'tfj. <A.ÀÀe'taL6cp6aÀtLoç (.leu 6 oe~Loç' &pa y' to'l]O'w aù'tav; ~m::ütLaL Tto'tt 'tàv Tthuv wo' r.XTtoxÀw6eiç,

xai xÉ (.l' tO'wç Tto'tLOm, È:.Ttetoùx r.Xoa(.lav'tiva È:.O''tLV. 40 <ITtTtotLÉv'l]ç, xa 01] 'tàv Ttap6Évov Yj6eÀe yatLaL, o tLaÀ' èv xe:palv ÉÀWvorOtLOVlivuE:V.1x0' :A'taÀâV'ta

12

LE MAL-AIMÉ 20 Il y a, même en de vains baisers, une douce jouissance. Cette couronne sera mise en pièces par moi, sur le champ, hachée menu, à cause de toi; pour toi, Amaryllis chérie, avec son lierre, je la gardais, y ayant entrelacé des boutons de rose et de l'odorant persil. Hélas! Quel sort est le mien? Quel malheureux je suis? Tu ne m'écoutes pas. 25
Mon vêtement de peau, je vais le dépouiller et dans 1esflots sauter du haut de cette falaise d'où les thons sont observés par Olpis, le pêcheur.
Même si je ne meU11)pas, assurément ce qui t'est doux aura été téa1isé.

J'ai compris l'autre jour: je me demandais si tu avais de l'amour pour moi; que nenni: 1'«amour de loin» n'a pas émis le moindre claquement quand j'ai pressé son pétale, 30 mais, sans plus, il tomba du plat de mon bras après s'être ratatiné. Les paroles aussi d'Agraiô sont vraies : cette devineresse au crible qui, l'autre jour, ramassait des herbes en marchant à mes côtés m'a dit que moi, à toi tout entier je suis, tandis que toi, de moi tu ne fais aucun cas. Cependant, pour toi, c'est la blanche mère de deux chevreaux que je garde; 35 cette bête, il y a également de Mermon la servante noiraude qui me la demande, et je la lui donnerai puisque toi, avec moi, tu fais la coquette. J'ai senti tressaillir mon œil droit: vais-je donc la voir en personne? Je chanterai sous ce pin, ici, à l'écart et peut-être me regardera-t-elle puisqu'elle n'est pas de fer. (II ,vante.) 40 Hippoménès, quand de la vierge il fut leprétendant,
des pommes à la main, courut,. et Atalante

13

IDYLLE 1 (III)
wç 'iOEV, Wç ètlâvYj, wç èç fja6ùv aÀa't' è:pw'ta. TOOlà.y£Aa.v )(w tlOOrnç à:rc' "06puoç &ye MENXv-1touç
èç IIuÀov' 45 tlâ'tYjp lx. oè: Biav'toç èv àyxoLVaL<:nv ÈXÀLVOYj,

lx. )(apLEOOa

1tEPLq>pOVOÇ :\Àq>EOtf3oLaç.

TCxv oè: xaÀCxv KuOÉpEtaV Èv WpEOt tlYjÀa V0tlEUWV OÙ)( oü'twç "OOWVtC;È1tt 1tÀÉov ayaye Àuooaç,

wo't' oùoè: q>6itlEVOVVtV lX'tep tla~OtO 't£eYj'tt;

ZaÀw'toç tlÈ\l ètltv 6 tov a'tpo1tov Ü1tVOV tauwv 50 'EVOUtlLWV' ~aÀ(;}oÉ, q>LÀa yuvat, 'Iaotwva,
ôc; 'tooowv ÈxupYjoev, 00' où 1tEUOEtoOE, f3Éf3aÀOt.

:\ÀyÉw 'tCxv xEq>aÀâv, 'ttv 0' où tlÉÀEt. OùxÉ't'àEiow, XEtOEUtlat oè: 1tEOWV,xat 'tot ÀUXOt woÉ tl' è:oov'taL. TIc; tlÉÀt 'tOt yÀuxù 'tou'to xa'tCx f3p6)(60to yÉVOt'to.

~

14

LE MAL-AIMÉ
à leur vue, quelle fut

sa folie,

dans quel abîme

elle plongea,

avet' son

amour.
Le troupeau - autre histoire - et le devin, l'un, depuis Orthrys, mené par l'autre, Mélampous, 45 jusqu'à Pylos: .,'est alors que Bias put tenir embrassée sur sa t'omhe la mère gradeuse de la très sage Alphésibée. Belle Çythérée ! N 'est-t'epas dans la montagne un pâtre, Adonis, qui à un tel extis t'a t'onduite defrénésie que, même mort, de ton sein tu ne peux l'é.ïlrter ? Avet' envie, je vois l'éternel sommeil où se trouve plongé

50 Encfymion. J'envie, thèreflmme, Jasion
et toutes les faveurs qu'il obtint et que vous ne saurei; profanes.

J'ai mal à la tête, et toi, tu n'en as cure, Je ne veux plus chanter. Je resterai gisant là ou je vais m'écrouler, et les loups, sur place, me mangeront. Du miel qu'elle ait pour toi la douceur, cette mort, du miel coulant dans le gosier: tel est mon souhait. ~

15

2 (I) Le Mal-Aimant (Les souffrances de Daphnis)

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